...

ALTERS ECHOS est le journal de l’Alternative en Midi Pyrénées.

Il existe depuis février 2006.

 

Le journal ouvre ses colonnes aux adhérents de l’Alternative, mais pas seulement. Ainsi, le journal se trouve au carrefour d’une grande diversité d’opinions qui ne font pas nécessairement l’unanimité. Ces débats existent tant à l’AMP que dans les colonnes du journal.

 

Le journal  fait 12 pages ! A chaque numéro un dossier: Culture, LGV, Paysans, violence/non violence... Ci-dessous, d’autres textes. Ils émanent des adhérents et n’engagent donc que leurs auteurs.

 

n°28: redéfinir le progrès

  AE28

Comme mise en bouche, l'édito:

Le progrès : des luddites à la créativité ?

 

Dans l’Angleterre du début du 19ème siècle, quand les ouvriers du  mouvement des Luddites (Piguet / Lade, p 2) détruisent leur nouvel outil de travail, ils comprennent qu’ils ne sont plus que de simples exécutants, devenus eux-mêmes machines. « Tenant à leur savoir-faire, ils refusent de produire un travail de moindre qualité. Ainsi, ils détruisent non pas leur machine par refus catégorique de la technique mais pour contrer les conséquences qu'elle entraîne. En fait, ils posent la question de la corrélation entre progrès et bien être ou bien vivre ».

A la question: qu'est-ce que le progrès ? Christian Laval explique que celui-ci « se définit en étroite correspondance avec le monde utilitariste dans lequel nous vivons. Dans ce contexte, le progrès signifie accumulation d'objets, de confort, de signes monétaires. Dans le passé, le progrès était plus perçu comme le développement de son être, de ses connaissances, de la qualité de ses raisonnements, de ses valeurs morales. »

Aujourd’hui, cette accumulation, cette course éperdue vers la croissance sans fin dans un monde limité fait des ravages (la campagne électorale ne nous exonère guère de la notion de croissance…)

G. Azam, p 4, le rappelle : « Quand le progrès devient une norme historique, la compréhension de ce qui arrive est fermée : être dans le sens ascendant, dans le club des «gagnants», suffit. La fin justifie les moyens et «on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs». Rousseau remarquait déjà dans son Discours sur les sciences et les arts « Il n’y a point de vrai progrès de raison parce que tout ce qu’on gagne d’un coté on le perd de l’autre ». La plus belle illustration de cette fuite en avant est l’obsolescence programmée des objets ; les industriels s’entendant pour raccourcir la durée de vie des biens de consommation dans le but de les remplacer. Ceci sur le dos de la planète, avec comme leurre le progrès.

Mais des frémissements se font sentir. Les indicateurs qui permettent de mesurer le bien être, le bien vivre, le bonheur sont revisités (G Marlier, p 3). Le Bhoutan, lui, mesure déjà le bonheur plutôt que le Produit National Brut directement lié à la croissance (C Rabier p8).  Le sociologue Michel Maffesoli explique que certains patrons « savent bien qu'on n'arrive plus à mobiliser les énergies sur la valeur travail, et qu'il vaut mieux mettre en avant l'idée de créativité. » Google, (par ailleurs peu exemplaire), veut imposer à ses salariés 15 % du temps professionnel à faire autre chose que du travail proprement dit.  Ce n’est certes pas encore la révolution. Mais si le progrès était mesurable par l’utilité sociale qu’il engendre tout en ne spoliant pas les ressources naturelles (contre exemple des OGM…), ce ne serait certes pas toute la société qui serait repensée, mais déjà… un progrès.

 

Alters Echos

Lieux de diffusion du journal

 31 Haute Garonne:

Toulouse: Le Recantou, l'"Autre épicerie" 42 ue des 7 troubadours ; Cinéma Utopia 24, rue Montardy ; Librairie Presse St Etienne 64, rue de Metz; Librairie Floury 36, rue de la Colombette ;  Tabac Presse 11 Place Patte d'Oie ;  Bar Le bijou 123 avenue de Muret ; Restaurant Chez Ferdinand 14 rue de l'Etoile ; Brin d'herbe 24 Place Dupuy ; Association Bleue comme une Orange 36 rue Bernard Mulé ; Association Escambiar 35 place des Tiercerettes; Médiathèque José Cabanis 1 allée Jacques Chaban-Delmas ; Bibliothèque de la Côte Pavée 125 avenue Jean Rieux; Association espace culturel Terres de rencontres 47 route de Blagnac; " Epicerie- librairie" Le Parapluie Ambulant 3 rue des Pénitents Gris, Clic Cool Café 5 rue de la Digue; Le Cherche Ardeur 40 rue des Couteliers; Le Caméléon 19 rue du pont Saint-Pierre; Théâtre de la Digue 3 rue de la Digue; TO7 4 bis Cheminement Cambert

 

Auterive:  Librairie "la Litote" 2 rue du Général de Gaulle

 

Balma:  Librairie Presse Tabac "la Marqueille" 15 avenue Antoine Parmentier


Tournefeuille: Cinéma Utopia impasse Sports


Merville: Tabac-presse-alimentation François Gauthier 82 rue Emile


Salies du Salat: Maison de la presse

 

12 Aveyron:

Laguiole: Nou 4, Hôtel/Retso/Salon de thé/Boutique 4 rue Bardière


32 Gers:

Sarrant : Librairie Tartinerie

Barcelone : Tabac / Presse place de la Garlande

Nogaro : Presse Joëlle et Arnaud 24 rue nationale; Tabac / Presse Wlorowski 50 rue nationale


81 Tarn :

Mazamet : Café associatif Le Pot Ethique 34 rue St Jacques


82 Tarn et Garonne:

Montauban: Ferme des Pibouls 1440 route de St Antonin


33 Gironde:

Bordeaux : Librairie La Machine à Lire 8 place du Parlement ; Cinéma Utopia 5 place Camille Jullian

 

 

 

 


Vendredi 10 juin 2011 5 10 /06 /Juin /2011 08:26

LES PREMIERES RENCONTRES

DES « AMIS D’AVERROES » - TOULOUSE

 

 

Vendredi 10 juin à 19h 00

A la Bourse du travail

 (Place Saint Sernin – Métro Jeanne d’Arc)

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Les intellectuels arabes face aux changements démocratiques

 


Table ronde présentée et animée par Jean-François Soulet, Professeur émérite d’histoire immédiate de l’université de Toulouse II avec la participation de plusieurs figures de la littérature, des arts et des médias du monde arabe :


Mohamed Benchicou, Journaliste et essayiste algérien. Directeur du journal de l’opposition démocratique ‘Le Matin.dz’

Arfaoui Amina, Universitaire, militante de la société civile tunisienne. De retour de Tunis

Arezki Metref, Journaliste et écrivain algérien

Saïd Sayagh, Ecrivain et historien marocain

Asma Kouki, Historienne, militante de la mouvance démocrate tunisienne

Youcef Tounsi, Universitaire et écrivain algérien. De retour d’Alger

Abdelmadjid Kaouah, Journaliste et écrivain algérien 

Othmane Bensaci, Militant amazigh libyen, artiste peintre. De retour de Benghazi

Samir Arabi, Universitaire syrien


Vous pouvez rencontrer les intellectuels arabes dès 14h30 à la Bourse du travail autour d’un thé pour des échanges, des lectures et des dédicaces de leurs derniers ouvrages :

Mohamed Benchicou, ‘’Le mensonge de Dieu’’, Michalon

Arezki Metref, ‘’Roman de Kabylie’’, Sefraber

Said Sayagh,  L’autre Juive, Ibis

Youcef Tounsi, ‘’Impasse de la Régence ‘’, Casbah

Abdelmadjid Kaouah, ‘’Arabes de et en France, Loubatières

 ﻩLa table ronde est prévue de 19h 00 à 21h 00

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Jeudi 16 septembre 2010 4 16 /09 /Sep /2010 10:55

du 20 au 30 Septembre 2010


ASSOCIATIONS ET PARTENAIRES
LES AMI-E-S D’AVERROES,
TO7
L’AMP
LA GARGOUILLE
PARTAGE FAOURETTE
ESMA
RÉGIE DE QUARTIER REYNERIE
REGIE DE QUARTIER DE
BELLEFONTAINE
ENTRE MAINS ET TERRE
ANTENNES 31
LA GLANERIE
LA MAISON DU VÉLO
MAIRIE DE TOULOUSE
 CONSEIL REGIONAL
 

 

I N V I T É S
JEAN PAUL PLA,
ÉLU MAIRIE
 

 

F I L M S
« GREEN GUERRILLA »
« NOS ENFANTS NOUS ACCUSERONT »

 

DEBATS

 

SANTÉ ET ALIMENTATION
EXPERIENCES DE JARDINS
LES RÉSEAUX D’ÉCHANGES
L’ECONOMIE SOCIALE
SOLIDAIRE / EMPLOIS VERT
FORMATION
MOBILITÉ


Mirail Reynerie
Bellefontaine Faourette
Santé et Alimentation, expériences de jardins, Forum de l’Emploi et de la Formation,
Mobilités et Transports…
Ateliers, débats, projections de films…


Si le monde est en crise, les quartiers populaires le sont d’autant plus!
Nous assistons depuis un certain nombre de mois à l’addition de crises toutes intriquées les unes avec les autres. Crise financière, crise politique et morale, crise économique, crise sociale, crise urbaine et l’on pourrait aisément dire crise démocratique ; avec le lot de discriminations qu’elles engendrent.
Nous sommes plus que jamais confrontés aux limites dangereuses et destructrices d’un système qui n’a cessé de créer des inégalités, de détruire des solidarités, des cultures et qui a mis à mal les hommes et la planète.
Un système fondé sur la consommation outrancière et l’illusion de l’abondance des ressources naturelles et des biens de consommation.
Illusion, car on s’aperçoit en réalité que les ressources naturelles et la planète s’épuisent à mesure qu’augmente la production massive aux coûts de plus en plus bas, de biens de consommation de moindre qualité à destination des « masses » : Habitat à moindre coût et à forte consommation d’énergie, repoussé par quartiers vers les périphéries des grandes villes à proximité de foyers industriels polluants. Même si ces derniers temps des initiatives qui vont dans le bon sens sont mises en oeuvre, elles restent à l’état d’épiphénomènes.
Création de grandes surfaces, puis d’hypersurfaces, et du hard-discount à l’attention de populations appauvries par la compression croissante des salaires et la mise en concurrence…les délocalisations ; Alimentation de moindre qualité dont on ne mesure pas encore l’étendue des retombées sur la santé publique, ni les conséquences de l’utilisation massive des produits chimiques dans l’agriculture intensive et encore moins sur les élevages des poissons …
Autant d’aspects – pour ne citer que ceux-là - qui prouvent que la crise sociale et la crise environnementale sont indissociablement liées par le fait même du système capitaliste mondialisé. Il s’agit aujourd’hui de mettre en exergue les liens, les porosités, les effets d’accumulation entre les inégalités sociales et les inégalités environnementales qui sont à l’oeuvre dans les quartiers populaires en général et en particulier de ceux à proximités des zones industrielles.
Comme l’Écologie en tant que concept peut paraitre de prime abord très lointaine des préoccupations premières de la plupart des habitants des quartiers populaires, un nécessaire travail de sensibilisation et d’information est à réaliser pour mettre en évidence les porosités entre conditions de vie, de santé et l’environnement économique, industriel dans lequel on vit. Et il n’y a pas de hasard !!

 

  Contacts:      

*06 17 06 50 60  

*lesamisdaverroes@yahoo.fr
*altersechos@yahoo.fr

Par ALTERS ECHOS, le journal - Publié dans : Semaine d'Ecologie Populaire
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Samedi 29 mai 2010 6 29 /05 /Mai /2010 11:50

 

Les élections régionales viennent de s’achever. La droite a de nouveau été largement désavouée. Le PS, parti le plus organisé et le plus structuré, en a tiré le plus grand bénéfice, à la tête de vingt et une régions dans le cadre de coalitions de gauche réunissant Front de Gauche et Europe-Ecologie. L’attitude classique,  « prendre le plus gros bâton pour taper » sur la politique gouvernementale, a encore fonctionnée. Cela impose de se garder de tout triomphalisme, ce d’autant plus que le taux d’abstention va en s’aggravant, en particulier dans les quartiers populaires.

 Mais 2010 n’est pas 2004, ni nationalement, ni régionalement. L’élection de Nicolas Sarkozy, sa politique de destruction systématique, l’émergence de façon globalisée de l’ensemble des crises écologique, énergétique, sociale, économique et financière, ont changées la donne.

C’est à ces défis qu’Europe Ecologie tente de répondre par une démarche politique originale et, quitte à en dérouter certain-e-s, originelle. Le système est en train de s’épuiser, toujours plus injuste, ici et ailleurs, dans une course désespérée exploitant toujours plus les humains, épuisant toujours plus la planète. Au-delà d’une nécessaire redistribution plus égalitaire des « richesses », c’est à un autre système, juste écologiquement et socialement qu’il faut nous atteler. La sortie du système productif capitaliste, privé ou d’état, est indispensable pour construire un monde respectueux de la planète et de l’ensemble des humains. Nous sommes aux antipodes des « travailler plus pour gagner plus » ou « relancer la croissance pour résoudre la crise ».  Europe-Ecologie, ferme et ambitieuse sur ses objectifs, accepte cependant la nécessité en démocratie de passer par des phases transitoires. L’immensité du défi n’empêche pas la lucidité et de se méfier des grands soirs.

Mais Europe-Ecologie, c’est aussi la volonté de construire un mouvement politique qui se dégage des structures traditionnelles des partis. Aujourd’hui, l’engagement politique est multiforme, défense et conquête de certains droits, protection de sans-droits, lutte pour la planète, contre les pollutions, pour une alimentation saine, contre l’emprise automobile ou le nucléaire, protection des salariés, partage des richesses, respect des peuples du Sud, etc. Tous ces combats se retrouvent dans le paradigme écologique. Il nous faut construire un mouvement qui permette à toutes ses luttes de se regrouper, tout en laissant à chaque individu la définition de son champ de militantisme. La partie organisationnelle, réponse aux règles démocratiques et institutionnelles, est bien évidemment partie prenante de ce regroupement politique coopératif.

C’est ce double engagement qui fait d’Europe-Ecologie l’un des moteurs politiques du changement, celui qui lutte pour « un autre monde », celui qui se bat pour « faire de la politique autrement ».

C’est aussi notre défi en Midi-Pyrénées. Ayant pu imposer le respect de la proportionnelle grâce au 13,4% obtenus, quinze élu-e-s écologistes ont été élus, représentant de nombreuses facettes de l’écologie : paysans, militants de l’économie sociale et solidaire, environnementalistes, régionalistes, altermondialistes, membres des Verts.

 Affaires internationales et coopération décentralisée pour l’altermondialisme, Développement durable pour l’écologie, Economie sociale et solidaire pour une autre vision de l’économie, Solidarités pour la justice sociale, leurs fonctions aux vice-présidences sont en cohérence avec le projet écologiste.

Mais rien ne se fera si le lien entre terrain et élu-e-s n’est pas conservé, enrichi. Des rendez-vous sont déjà donnés, des assises nationales pour l’emploi, la mise en place de débats pour la structuration d’Europe Ecologie devant aboutir à « un congrès fondateur » pour la fin 2010. Des débats s’engagent. Vous pouvez y participer en allant sur le site d’Europe Ecologie.

C’est ensemble que nous construirons l’avenir écologique et social.

                                            

                                                                                                   François Simon

Par ALTERS ECHOS, le journal - Publié dans : Elections régionales
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Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /Mai /2010 07:55

Suite des analyses post-régionales...

 

C’est une toute nouvelle configuration qui s’est imposée en France avec les élections régionales. La droite et Nicolas Sarkozy ont essuyé une défaite sans appel. Ils ne disposent
plus de la moindre légitimité pour poursuivre
leur politique de destruction sociale et environnementale. Mais, quoi qu’ayant bénéficié d’une poussée sans précédent à des élections de ce type, la gauche et les écologistes ne sauraient négliger l’immensité
de la souffrance sociale et de la désespérance
politique révélée par l’abstention populaire. D’évidence, une crise sociale et politique majeure s’est ouverte. Prétendant y apporter une réponse, l’extrême droite s’est remise en embuscade. La question de l’alternative à gauche s’en trouve reposée en de nouveaux termes.


Alors que le gouvernement se prépare à relancer ses attaques destructrices, contre le droit à la retraite à 60 ans par exemple, alors que les marchés financiers en folie orchestrent une nouvelle offensive spéculative
contre la zone euro, des confrontations essentielles se dessinent pour les prochains mois. Bien avant le rendez-vous de 2012, leur issue déterminera le rapport des forces en France. Par conséquent, pour rouvrir le chemin
de l’espoir à celles et ceux que démobilise
un terrible sentiment d’impuissance face aux ravages d’un capitalisme plus prédateur que jamais, il convient de répondre aux attentes
qui montent de la société.


Pour dire les choses autrement, à gauc
he, l’urgence est de s’atteler à la redistribution
des richesses, de reprendre la main sur l’économie en n’ayant plus peur du mot « nationalisations » et en constituant notamment un grand pôle public bancaire, d’élargir de nouveau le champ des services publics, de s’atteler à la construction d’une Europe émancipée du dogme de la « concurrence libre et non faussée ». L’urgence est de rompre
avec les logiques d’accommodement avec un libéralisme en faillite, ces logiques qui nous ont menés à toutes les défaites des quinze dernières années. L’urgence est de se tourner vers les classes populaires et la jeunesse, ce qui se révèle incompatible avec les tentatives de recomposition au centre du jeu politique, que s’obstinent à porter, en dépit de l’effondrement du Modem, nombre des dirigeants du Parti socialiste ou encore Daniel Cohn-Bendit. L’urgence est de ne plus confondre la prise en compte de l’exigence écologique avec l’accompagnement d’un « capitalisme vert » qui en est la négation même. L’urgence est de défendre la solution politique à même de favoriser, non une énième alternance molle à la tête du pays, mais un changement radical de la politique : un Front populaire de combat, adapté aux conditions de ce XXIe siècle.

Depuis un an, le Front de gauche a commencé de dessiner cette nouvelle voie pour la gauche. Aux dernières régionales, sans élargir suffisamment son espace électoral, il s’est néanmoins enraciné, jusqu’à devenir la troisième composante incontournable de la gauche. C’est ainsi qu’en Midi-Pyrénées, il a, à peu de choses près, retrouvé le nombre des suffrages obtenus au scrutin des européennes. Au demeurant, l’intérêt que lui vaut le rassemblement inédit dont il porte les couleurs - entre ces trois traditions historiques qu’incarnent le Parti communiste, le Parti de gauche et la Gauche unitaire - lui ont permis de réaliser une première jonction avec divers secteurs du monde syndical et associatif.


Il lui appartient désormais, fort de cet acquis, de poursuivre son action et de participer
au débat au sein de la gauche, afin d’y faire bouger les lignes, d’y changer le rapport des forces, d’y faire triompher une orientation de transformation sociale et écologique
conséquente. Loin de se contenter d’une posture de témoignage, il est en effet
animé d’une ambition majoritaire. C’est pour lui faire franchir une nouvelle étape que j’ai proposé, à mes camarades du Parti communiste et du Parti de gauche, la tenue d’Assises du Front de gauche avant la fin de l’année 2010.



                                                                        Christian Picquet
                                                                        Porte-parole de Gauche unitaire
                                                                        Tête de liste du Front de gauche en Midi-Pyrénées

Par ALTERS ECHOS, le journal - Publié dans : Elections régionales
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Mercredi 19 mai 2010 3 19 /05 /Mai /2010 08:59

Les régionales sont passées...

Premières analyses... Aujourd'hui, Jean Falco

 

 

Le fait marquant des régionales 2010 est la désespérance sociale : l’abstention record, plus de 53 % au premier tour et la recrudescence du vote FN en sont les symptômes majeurs. Records battus dans les catégories populaires et jeunes : 69 % chez les ouvriers, 72 % chez les 18-34 ans, 10 % d’inscrits qui votent dans certaines villes de banlieue (TNS Sofres)…Ce qui n’empêchait pas la droite, au soir du premier tour, de s’appuyer sur cette abstention massive pour nier son propre échec et ôter toute signification politique à ce scrutin, jusqu’au ridicule. Comme si on pouvait déconnecter l’arithmétique de la sociologie politique.

 

La gauche de (la) gauche, elle non plus, n’est pas épargnée par la défiance concernant capacité du politique à changer les choses (« transformer le monde » de Marx ou « changer la vie » de Rimbaud). Elle ne profite ni de l’accentuation de la crise multiforme du capitalisme ni de la crise de la Social-Démocratie Européenne. Plus encore, c’est le PS qui en profite : celui-ci est jugé plus utile pour s’opposer frontalement à la politique de Sarkozy. A son corps défendant, la gauche radicale se retrouve en quelque sorte victime de l’ordre néo-libéral mondialisé qui a généré une crise anthropologique au point d’affecter profondément les individus dans leur comportement, plus soucieux de leurs intérêts particuliers que du bien commun. Ils déplorent les effets de la mondialisation capitaliste mais ils ont intégré les valeurs de cet ordre (homo oeconomicus, concurrence entre individus rivaux). Cependant cette évolution de la société n’enlève rien à la responsabilité des partis composant cette gauche-là. Après les échecs répétés de la présidentielle de 2007 et des européennes 2009, on aurait pu espérer que ceux-ci auraient fait le choix de l’unité. Nous avions nourri quelques espoirs. Les négociations en Midi-Pyrénées auxquelles les Alternatifs ont participé pendant plusieurs mois ont échoué. D’un côté, un NPA arc-bouté sur le refus par principe de toute participation à l’exécutif régional pour lui et ses partenaires, même avec l’exigence de garanties politiques fixant les conditions de présence à l’exécutif… comme si c’était la question centrale du débat public. Il y a exactement un an le NPA était donné à 9 % et le Front de Gauche à 4 % : quel chemin parcouru ! De l’autre, un PCF plus enclin à vouloir rallier autour de lui, à commencer par le FDG, qu’à participer à la construction d’un rassemblement -ouvert à des citoyens impliqués dans les mouvements sociaux et non membres de partis- avec des partenaires traités sur un pied d’égalité. C’est cette attitude hégémonique du PCF et sa conception d’un rassemblement étriqué qui a provoqué le départ des Alternatifs des négociations fin janvier 2010. Nous avons décliné l’invitation d’être de simples figurants le temps d’une campagne électorale. La plupart de ses dirigeants, assumant mal le choix des militants en faveur d’une stratégie autonome vis à vis du PS, portaient leur priorité politique sur la conservation des 9 sièges des conseillers régionaux sortants. En dehors du Languedoc-Roussillon et du Limousin -où l’union du PCF au NPA, celle que nous souhaitions, s’est faite- globalement il s’agit d’un échec prévisible qui paradoxalement favorise l’émergence d’une alliance PS-VertsEE-Modem, pourtant rejetée par la gauche radicale. L’échec du Modem, imputable à l’exercice solitaire de son chef, s’il écarte momentanément la recomposition au centre ne fait pas disparaître pour autant toute orientation centriste dans la perspective de 2012.

 

 Le succès d’Europe Ecologie (EE) aux européennes et sa confirmation aux régionales, même avec un score moindre, peut lui permettre en devenant le « pivot de la vie politique » d’incarner ce centrisme politique. En se forgeant une image bâtie sur le rassemblement des écologistes, EE s’est retrouvée en phase à la fois avec des milieux qui sont sensibles à la crise écologique et critiques envers la pratique politicienne des partis. En évitant toute référence à la nature du système (le terme « capitalisme » n’est jamais évoqué) et aux antagonismes gauche-droite, EE rallie les classes aisées et moyennes. Le pragmatisme si souvent évoqué par E.E comme principe de l’action politique trouve ses limites quand les questions posées relèvent des choix de société. D’accord pour décarboner l’économie, l’ambition d’EE se limite-t-elle à écologiser le marché, c'est-à-dire à faire du greenwashing pour perpétuer le système existant. Non, la gestion de la nature ne peut pas être marchande. Si la véritable ambition est d’écologiser la société, je serai plus enclin à suivre la recommandation d’Herve KEMPF (journaliste au Monde et auteur de « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme »).

Croit-on sérieusement que l’on règlera la crise climatique avec le marché (spéculatif) des droits à polluer ? De même que le vote d’EE en novembre 2009 (à l’exception de J.Bové)   n’est pas pour nous rassurer, cela revient à s’en remettre à l’énergie nucléaire pour « une économie à faible intensité de carbone ».

Comment faire croire qu’il est possible de développer des Services Publics Européens lorsqu’on adhère au traité de Lisbonne qui en est la négation même. Ce même traité n’interdit-il pas de facto toute solidarité envers les états –même membres de l’U.E, comme c’est le cas de la Grèce- en ne considérant pas la monnaie comme un bien public (article 101), les obligeant à emprunter auprès des marchés financiers à des taux plus élevés.

Et enfin, à ne jamais poser la question de la propriété des moyens de production, EE pense-t-elle démocratiser la société en laissant tout le pouvoir –au nom du droit de propriété privée- entre les mains des actionnaires. Du côté des promoteurs de l’ultralibéralisme la réponse a le mérite d’être claire et sans appel. Milton FRIEDMAN il y a quelques années dans le Monde tranchait : « la question cruciale n’est pas de savoir si l’on fera jouer le marché ou pas. Toutes les sociétés se servent du marché. La distinction cruciale est celle de la propriété privée ». On n’est pas dans la demi-mesure. On ne peut pas en dire autant de Pascal CANFIN, député européen d’EE, économiste et auteur du manifeste d’EE aux européennes « Contrat écologique pour l’Europe », qui se contente de rappeler « qu’une économie purement capitaliste n’existe pas et n’a jamais existé ». C’est vrai littéralement mais la logique économique dominante n’est-elle pas celle d’un capitalisme financier qui écrase les hommes et la nature ? Autre citation du même auteur : « Ainsi, nos économies sont des économies avec marché, et non uniquement « de » marché ». On n’est pas loin de Lionel JOSPIN : « Oui à une économie de marché, non à une société de marché ». On fait comme si, comme si le mode production capitaliste qui étend la sphère de la marchandise à la terre entière n’était pas en passe d’y soumettre toutes les activités humaines. 

 

D’accord aussi, pour des « solutions écologiques, sociales et démocratiques » comme l’annonce EE, mais celles-ci seront d’autant plus crédibles et vraisemblables qu’elles s’inscriront dans la perspective d’un écosocialisme autogestionnaire.

 

                                                                                             Jean Falco

 

(1) Appel de personnalités de gauche se réclamant de la gauche de transformation sociale et écologique paru dans Politis n° 1097 avec un titre différent.

 

Par ALTERS ECHOS, le journal - Publié dans : Elections régionales
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