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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 09:55

En page III du numéro 16 consacré aux "Révolutions silencieuses", sont évoqués les "précurseurs" que furent le "Familistère de Guise", la "Verrerie ouvrière d'Albi", le "mouvement des Castors" ou "LIP".

Il y eu aussi les coopératives de consommation.



Les coopératives de consommation regroupent des consommateurs en vue d'acheter en grosdes biens de consommation. Elles sont le fruit d'une théorie "Utopiste" du coopératisme de Charles Fourier. Basée sur le mutualisme, chaque sociétaire est solidaire et y exerce des droits et des devoirs. Le développement ultérieur de ces coopératives a amené ces sociétés, détenues et dirigées démocratiquement par ses sociétaires, à développer des réseaux de magasins et parfois même d'intégrer une production industrielle. Elles font partie de l'économie sociale.

Citons le CAMIF, les magasins de détail COOP, les coopératives agricoles ou de pêche, etc. …

Les premières expériences coopératives en France furent des coopératives ouvrières de production entre 1820 et 1840. Mais une tradition populaire du travail « en coopération » a existé bien avant la révolution. L’exemple le plus souvent cité est celui des « fruitières » du Jura (dés le XIIIe siècle). La première coopérative de consommation est fondée en Ecosse au tout début du XIXe siècle par Owen, socialiste utopique dans la filature de coton de New Lanark qu'il dirigeait. Bien qu'ayant un grand retentissement à ses débuts le principe tomba peu à peu en désuétude avant de connaître un regain avec Le Commerce véridique et social de Michel-Marie Derrion à Lyon à partir des sociétés mutuellistes issues des Canuts. Il ouvre une épicerie coopérative en Juin 1835. En 1843 les pionniers de Rochdale, un groupe d’ouvriers tisserands décident, pour sortir de leur misère, de créer une coopérative de denrées alimentaires. Les 'Equitables Pionniers' lancent une souscription, et ouvrent en décembre 1844 une première boutique. La coopérative de consommation se développa rapidement, ouvrant une minoterie et ses propres filatures.

Vers 1900 deux tendances bien distinctes sont visibles : une ouvrière politisée et une aile « neutre » selon le modèle de Rochdale. En France le Congrès de Tours apporte en 1912 l'unification des deux et la fondation de la « Fédération Nationale des Coopératives de Consommation».

Elles  jouent un rôle considérable dans l'organisation alimentaire de la France durant la première guerre mondiale. Durant les « 30 glorieuses », les coopératives agissent comme pionniers des droits des consommateurs. Mais elles périclitent à partir des années 1960 avec l'arrivée des grandes surfaces.

                                                                                           François Simon

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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 10:00


Le 4 septembre Martin Malvy est au lycée Michelet de Montauban. Le lendemain La Dépêche nous propose un compte-rendu avec photo à l’appui, une merveille dans le genre.

Juste derrière Martin Malvy nous découvrons la députée PRG… Sylvia Pinel de la circonscription de Castelsarrasin. Comme nous sommes à Montauban, nous aurions pu penser à la présence de la députée-maire Brigitte Barèges mais voilà, elle conduit la liste de droite contre Malvy, alors que Sylvia Pinel sera la tête de liste de la gauche sur le Tarn-et-Garonne. Rien n’est officiel, c’est vrai, mais une telle photo en dit plus que les décisions. D’autant que ce n’est pas fini.

Toute la force du PRG est rassemblée autour de Martin Malvy : le sénateur Yvon Collin fait son retour après une longue absence sur le journal, Dominique Salomon est là aussi, vice-présidente du Conseil Régional, et enfin au premier plan Guy-Michel Empociello représente J-M Baylet.

Et le PS ? On devine la présence des deux conseillers généraux PS, Roland Garrigues et Claude Mouchard, mais l’article ne fera nullement référence à leur existence alors qu’il évoquera avec précision le conseiller régional PCF, Hugues Bauchy.

En TetG la guerre entre la direction du PS et le PRG vient de reprendre. Le nouveau et jeune secrétaire fédéral (Ghislain Descazeaux) a été brillamment élu aux dernières cantonales sur Montauban, dans un canton généralement réservé au PRG (où le candidat de ce parti était soutenu au premier tour, à titre personnel, par deux anciens adjoints PCF de Montauban), puis brillamment élu, dans la foulée, à la direction de son parti. Il a envoyé aux militants une lettre que l’on trouve sur internet (le 22 juillet) où il annonce par avance qu’il n’est pas question de se plier aux volontés du PRG :

« Nous devons impérativement réagir et continuer sur la dynamique de renouvellement que vous nous avez demandé d’impulser. C’est pourquoi, à l’approche des élections régionales, je réaffirme tout d’abord et avec force ma volonté de donner une place prépondérante aux militants dans le processus de désignation des candidats aux prochaines échéances électorales. Ensuite, fort de la représentativité électorale du PS en TetG, et dans un esprit constructif d’homogénéité régionale, nous devons exiger une présence ni vassale, ni hégémonique sur la liste départementale. » Il avait auparavant rappelé sur les Européennes : « Le PRG par la voix de son président a fait le choix de ne pas voter socialiste » ; « La Dépêche du Midi n’a pas couvert notre campagne ».

Il est arrivé à un jeune militant du PS d’être brillamment élu secrétaire fédéral juste avant les Régionales de 1998, pour finalement se faire exclure de ce parti quelques semaines après …

La Dépêche a un mérite : en lisant entre les lignes nous sommes informés par avance de discussions qui trop souvent restent dans les couloirs. A suivre.

                                                                                   5-09-09 J-P Damaggio

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 10:22
Bonjour,
Vous n'avez pas manqué dans le dernier Alters Echos la page blanche. Elle était écrite par Bernard Njonga. Les bonnes nouvelles étant rares, nous ne manquons pas l'occasion de vous faire suivre celles qu'il nous envoie.
Néanmoins son combat et celui de ses amis est loin d'être fini et certaines difficultés supplémentaires pourraient bien surgir.


 Bonjour à tous ;

Le plaisir  est le nôtre, de vous informer que le rapport de la  CONAC (Comité Anticorruption), cette institution étatique qui s’était chargée de vérifier le bien-fondé des dénonciations de l’ACDIC  vient de paraître. Non seulement la CONAC confirme les dénonciations de l’ACDIC mais aussi son rapport donne la liste des 47 agents du Ministère devant faire l’objet de poursuites judiciaires.

Ce rapport était la nouvelle du jour et a fait la UNE de tous les quotidiens camerounais de ce mercredi 05 août 2009. On ne pouvait avoir mieux.

Nous venons de gagner une bataille décisive qui marque le vrai début de notre combat contre la corruption et autres détournements qui minent le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural et sapent tous les efforts de reconquête de notre souveraineté alimentaire  

 

Tenez ! Quelques extraits du Rapport de la  CONAC :

 

«  Analyse :

-          Des cas de malversations ont été identifiés dans toutes les cinq (05) régions et tous les dix neuf (19) départements parcourus par les enquêteurs de la CONAC.

-          Les témoignages recueillis et les faits observés permettent d’affirmer que les responsabilités de ces malversations se situent à tous les niveaux de la chaîne d’encadrement.

-          Nous pouvons affirmer qu’une portion congrue seulement des ressources financières allouées à la subvention de la production du maïs dans le cadre du PNAFM est allée dans les champs.

o        36,09% des sommes débloquées pour les 97 GIC enquêtés ont été captés par 30 GIC et associations considérés comme inconnus sur le terrain

o        Sur les 97 GIC et associations enquêtés, 77 n’ont pas produit de maïs, bien qu’ayant reçu une subvention pour le faire

o        92,15% soit 95 GIC sur les 97 enquêtés déclarent n’avoir pas reçu la totalité de leur subvention

o        Seuls 29 GIC sur les 97 enquêtés soit 28,13% ont bel et bien reçu la subvention et ont effectivement fait un champ de maïs.

o        Le montant réputé détourné de la production du maïs est estimé à 611 269 555 Fcfa.

Conclusion

En définitive, il apparaît pour la mission d’enquête, que les faits dénoncés par l’ACDIC sont fondés pour une grande part et mettent à nu un vaste scandale financier autour de la gestion du PNAFM.

         Il convient ici de relever que des sommes énormes ne sont pas allées dans la culture, mais ont été distraites au détriment des véritables destinataires, à travers un système huilé mis en place depuis la Coordination Nationale du PNAFM jusqu’au chef de poste agricole des zones les plus reculées.

         De toute évidence, on peut en effet affirmer que les responsabilités dans cet immense réseau de prévarication sont partagées entre les responsables à tous les niveaux, à savoir de la Coordination du Programme à Yaoundé aux chefs de postes agricoles, en passant par les responsables départementaux et régionaux du MINADER. A ces acteurs s’ajoutent de nombreuses organisations paysannes et des producteurs individuels qui se sont délibérément prêtés à cet exercice de diversion des fonds publics.

         Des calculs effectués de manière sommaire en attendant une enquête financière plus approfondie par les services compétents les sommes ainsi détournées s’évaluent à environ 700 millions de francs CFA.

 

         Compte tenu de l’ampleur et de l’étendue de ces actes de corruption dont les conséquences peuvent affecter l’équilibre alimentaire de notre pays et entraîner des secousses sociales aux conséquences imprévisibles, il serait souhaitable que les pouvoirs publics prescrivent une information judiciaire en vue de déterminer avec exactitude la responsabilité des uns et des autres dans cette affaire afin que tous répondent chacun en ce qui concerne de leurs actes. »

 

 

Bien à vous
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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 17:42
A chaque numéro, Alters Echos, dans sa rubrique "Contresens",  tente de décrypter se qui se cache derrière les mots de tous les jours, derrière les mots utilisés et choisis par le système. Des mots qu'il galvaude, ou qu'il détourne. La bataille des mots est essentielle.
Dans le dernier numéro Régis Chamagne nous proposait "ressources humaines"...

Nous reviendrons régulièrement sur cette rubrique.

« Ressources humaines »



S'il fallait justifier l'intérêt de cette rubrique, le cas présent serait emblématique. Ils ont pollué mon Robert, comme ça, vite fait, en deux temps et trois mouvements. C'est la guerre éclair, la blitzkrieg sémantique. Bientôt il va nous falloir des dictionnaires bio, sans OGM ni pesticide.


Dans la version 2007 du Petit Robert, au mot « ressource », on trouve : « ressources humaines ou encore PERSONNE-RESSOURCE : spécialiste d'un domaine que l'on consulte (consultant, expert) ». Je cours chercher la version 1983 du même dictionnaire, et là évidemment, pas une référence au fait que l'homme puisse être une ressource.

Le dictionnaire étymologique de la langue française (Le Livre de Poche - édition 2002), quant à lui, nous apprend que le sens du mot a évolué au fil des siècles et qu'à partir du XIXe siècle il prend le sens de « moyens matériels dont dispose une collectivité » (ressources pétrolières, ressources humaines) sic. Décidemment le mal est profond ! L'homme serait un moyen matériel au service d'une collectivité ; mais qu'est-ce qu'une collectivité dans ce cas ? Un ensemble de moyens matériels ? Au service de qui ? Au service de quoi ?


Bon sang mais c'est bien sûr ! Dans la guerre des mots, celui-là était le plus important, le centre de gravité du système. Il fallait conquérir cette citadelle en premier. Banaliser et imposer cet oxymore était la mère des batailles. Le reste suivrait facilement. Une fois le monde du travail déshumanisé, il deviendrait aisé de mettre sur le même plan conceptuel l'Homme et la machine, l'Homme et l'argent, le travail et le capital. Et la question de savoir si l'économie est au service de l'Homme ou l'inverse s'en trouverait balayée, obsolète.


Il faut bien admettre qu'ils ont gagné cette bataille, et de quelle façon ! Dans l'entreprise de nos parents, il y avait un bureau du personnel. Une première manœuvre de diversion a consisté à connoter le groupe nominal « bureau du personnel », à le rendre vieillot, ringard, entaché d'un paternalisme lié au capitalisme industriel - il est vrai que l'on parlait volontiers de « petit personnel ». L'expression « ressources humaines », d'allure plus moderne, plus rock'n roll, a été alors naturellement imposée. Ce faisant, l'être humain, contenu dans « personnel » et « humaines », est passé du statut de substantif à celui d'adjectif, le pilier du nouveau groupe nominal étant « ressources », c'est-à-dire moyens matériels au service d'une collectivité.


De fait, si l'on se place par rapport à un objectif à atteindre, les ressources sont ce qui alimente le système en vue d'atteindre l'objectif. Dans le monde de l'entreprise, si l'objectif est économique ou financier, le travailleur moderne, considéré comme ressource, est tout bonnement ramené au statut d'esclave dont il va falloir rogner systématiquement les droits pour permettre d'accroître la richesse de quelques-uns.


Finalement, cette expression contient tout entière la philosophie néolibérale, où l'Homme-esclave est au service de l'enrichissement des maîtres.


Remettons l'Homme au centre de notre système, abolissons cet affreux sigle DRH qui sonne comme un coup de hache. Préférons-lui BPS, pour Bureau du Personnel et de la Solidarité, en hommage à Antoine de Saint-Exupéry qui écrivait : « La grandeur d'un métier est peut-être, avant tout, d'unir les hommes. »


Régis Chamagne

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12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 11:14

Ensemble aux Régionales de 2010 en Midi-Pyrénées


L'AMP (Alternative Midi-Pyrénées) s'est créée lors des Régionales de 2004 et, depuis, intervient au niveau régional dans le champ politique, dans le soutien à de nombreuses luttes et, parfois, dans les échéances électorales.


L'UNION !

Nous, à l'AMP, nous sommes altermondialistes et nous continuons à penser qu'un autre monde est possible, que d'autres mondes sont possibles et que, au niveau local, une autre région Midi-Pyrénées est possible : une région plus sociale et solidaire, une région plus écologiste, une région plus démocratique, une région plus à gauche.

Sur ces bases, nous pensons que ce qui nous unit est bien plus fort que ce qui nous divise et nous proposons, pour les Régionales de 2010, l'union la plus large possible : c'est la condition sine qua non pour faire avancer les idées qui nous tiennent à cœur. D'ailleurs, les citoyen-ne-s ne s'y trompent pas : ils et elles plébiscitent toujours l'union, et refusent les divisions qui nous ont trop souvent caractérisés.


POUR QUOI ?

Une campagne d'union aux Régionales devrait mettre en avant un certain nombre de thèmes forts, auxquels nous tenons à l'AMP (cette liste n'est pas exhaustive !) :

-  assumer réellement les transformations écologiques de la région ;

-  renforcer les solidarités sociales, lutter contre les exclusions, les expulsions, la précarité, lutter pour le plein emploi, s'occuper des conditions quotidiennes de vie, de travail, de transports ;

-  défendre les services publics et les biens publics, aller vers la gratuité de certains d'entre eux ;

-  soutenir l'agriculture paysanne ;

-  relocaliser l'économie, l'emploi, l'alimentation ;

-  défendre la laïcité ;

-  arrêter les subventions injustifiées, le gaspillage des fonds publics régionaux, les gaspillages publicitaires ;

-  défendre une région sans OGM et sans nucléaire, une région qui se batte pour préserver la biodiversité ;

-  être solidaire avec le monde qui nous entoure : solidarité régionale villes-campagnes, solidarités interrégionales dans le pays ou en Europe, solidarités Nord-Sud ;

-  défendre, en toutes décisions, les valeurs du féminisme ;

-  défendre la diversité culturelle : par exemple, à la fois l'occitan et les cultures d'ailleurs présentes ici ;

-  favoriser la démocratie participative, le contrôle citoyen, et sortir de l'autocratie ;

-  .......


L'UNION A QUELLES CONDITIONS ?

Ces thèmes ne peuvent être portés au premier tour que par une liste se présentant de manière indépendante par rapport à toutes les droites, bien sûr, mais aussi par rapport au Parti Socialiste. L'AMP ne participera à une union aux Régionales que si cette union se bat sur ses propres idées, en autonomie complète, pendant toute la campagne, jusqu'au premier tour. (Une élection proportionnelle à un tour serait beaucoup plus démocratique...)


Au second tour, vu ce qu'est le mode de scrutin régional, l'AMP se prononce pour une liste de coalition de toutes les forces de gauche. L'AMP sait, par expériences, que nous ne pourrons réaliser cette coalition que si, préalablement, nous avons réussi à bâtir un rapport de forces électoral convenable, en un mot à dépasser largement les 10 %, le PS régional ayant pris l'habitude de ne pas respecter les électeurs votant au premier tour pour d'autres listes que la sienne (Régionales 2004, Municipales de Toulouse 2008).


L'AMP lance, fin juin 2009, cet appel à l'union « Ensemble aux Régionales 2010 en Midi-Pyrénées » et se propose de rencontrer, dès cet été, ceux et celles qui partagent ces propositions, ces idées, cette volonté, ces objectifs.


Changeons ensemble Midi-Pyrénées : que Midi-Pyrénées devienne plus sociale, plus solidaire, plus écologiste, plus démocratique !


 

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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 09:51

Dans un court article proposé au cahier économique d'Alter Echos (à paraître prochainement), je me suis attaché à résumer les quelques banalités suivantes :

  1. D'une part, les informaticiens bien rémunérés des start-up et des grands comptes des années 70 et 80 ont été les promoteurs conscients et zélés de modes de management qui plombent désormais toutes les structures, entreprises publiques aussi bien qu'associations de grande taille. Les conséquences de ces méthodes associées à de nouvelles normes comptables importées des États-Unis ont largement débordé le périmètre vertueux décrit à leurs  premiers partisans et promu ensuite auprès de l'opinion publique. De fait, les prémisses semblaient  tout d'abord encourageantes. Du reste, il importait que les standards graduellement imposés à l'ensemble du tissus socio-économique émanent des secteurs les plus profitables et les plus prestigieux de l'industrie -   informatique, spatial, aéronautique, pharmacie... 
  2. D'autre part, quels que soit leur domaine spécifique d'activité, les informaticiens sont les artisans et quelquefois les architectes de processus qui accélèrent  la concentration des pouvoirs et des richesses avec une efficience jamais atteinte jusque là  Il s'agit bien d'une fonction dévolue à tout agent économique, mais elle n'avait jamais pu être assumée avec une tel coefficient multiplicateur.

Les informaticiens sont en outre les acteurs privilégiés de mutations dont ils ne mesurent pas toutes les implications même lorsqu'il leur arrive de s'interroger sur leur rôle. A titre d'exemple, l'informatique banalise et systématise le réflexe consistant à fournir une réponse exclusivement technique à tout défi ou nouvel événement. Bien des réponses relèvent désormais impérativement de l'algorithmique (1).

Aucun de ces thèmes n'est à proprement parler nouveau (2), et les problématiques largement anticipées avaient fait débat longtemps avant l'irruption de l'informatique dans la vie quotidienne.

Animée par un comité de rédaction et dotée d'un conseil scientifique, Terminal est une revue « de réflexion critique sur les mutations de la société à partir de la question des nouvelles technologies de l'information ». Les personnes soucieuses de ces questions y trouveront  matière à satisfaire leur curiosité. Assez paradoxalement, si quelques articles (voir ci-dessous) sont encore disponibles sur le portail de la revue, elle  paraît avoir renoncé sans en expliquer les raisons qui peuvent très bien être économiques, à publier sur la toile.

Monsieur Cyclopède aurait dit : « surprenant non ? »

                                                                                                                        Bernard Dall'Aglio

 


[1] De ce point de vue, l'adoption d'une loi nouvelle prétendument adaptée à chaque typologie de délit n'est pas uniquement et comme on le croit souvent une forme rouée de propagande, mais répond aussi ce qui est plus  préoccupant, à une attente véritable de l'opinion.

Voir par ailleurs   http://www.terminal.sgdg.org/nouveau/articles/61/technoprades.html


[2] Sur le sujet passionnant de la cybernétique :

...Incidemment, celui-ci (Philippe Breton) souligne un curieux phénomène d'amnésie collective portant sur cette période de notre histoire récente qui a présidé à la naissance, puis à l'essor, de l'informatique. Les années 1940 à 1955 (environ), ont été d'une extraordinaire richesse intellectuelle. Pourtant tous les débats qui ont eu lieu alors ont été complètement gommés de la mémoire collective. Aussi les discussions d'aujourd'hui, tant sur le plan théorique (avec la résurgence des modèles neuromimétiques en I.A) que sur le plan social (avec le chômage), reprennent-elles souvent des idées qui ont été exprimées dès le début de l'informatisation, en ignorant leurs sources. C'est un peu comme si l'histoire, étrangement, bégayait.

 

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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 10:27

Pendant des siècles le maître ne supportait pas le moindre opposant, d'où la culture du complot et de la révolution de palais pour ceux qui souhaitaient quelques changements. Avec le 18éme siècle est née l'idée de la fin du maître tout puissant, et de droit divin par dessus le marché. Au cours du 19éme siècle la mise en place de la démocratie a pris deux directions opposées, à partir de deux révolutions opposées. Aux USA la domination globale du capitalisme sur toute la société, après la guerre de sécession, a permis au système d'imposer définitivement la forme politique adaptée, deux partis pour une alternance. En Europe, le développement de la démocratie a devancé l'instauration de la domination capitaliste globale, ce qui a fait du système politique un imbroglio toujours en mouvement. Le bipartisme est devenu l'ambition générale des Maîtres mais les Européennes elles-mêmes nous confirment cet échec : les modèles européens en la matière étaient Allemands et Britanniques, or le bipartisme y explose en quatre partis. Il semble que ce soit plutôt en Italie (34% t 26% pour les deux premiers) et Espagne (42% et 38% pour les deux premiers) que le bipartisme fasse des progrès.

Pour la France, l'idée de l'UMP c'était de constituer un des deux partis dominants. Mais qui sera l'opposant admis à jouer le jeu de l'alternance ? Contrairement à ceux qui pensent que le but de Sarkozy c'est de tout manger, je considère que son sens politique lui impose de se trouver une opposition officielle. Il ne s'agit pas d'une pratique nouvelle dans nos mœurs politiques : depuis toujours les partis se plaisent à avoir des relais dans diverses organisations (y compris quand ils sont petits). J'insiste, il ne s'agit pas pour les Maîtres, de comploter, mais d'être informé. L'action ne se déroule pas dans des cercles étroits mais sur la place publique.


Pour les Européennes, Sarkozy a préparé depuis longtemps SON opposant circonstanciel et il ne s'agit pas de simples manœuvres tactiques. Tout a commencé par la récupération du mot « Grenelle » dans le cadre du « Grenelle de l'environnement » qui n'avait rien d'un « Grenelle » et si peu « d'environnement ». L'homme clef de l'opération avait envisagé un moment d'être candidat à la présidentielle d'où un livre en commun avec Pierre Rabhi. Il préféra laisser la voie libre à son ami Sarkozy en échange de ce fameux « Grenelle ». Le capitalisme vert qui se met en place n'est pas une façade qu'il s'agit de repeindre mais une réorganisation générale du système, comme il y en eut d'autres quand on est passé à la domination du chemin de fer puis à celle de la route.

Nicolas Hulot peut être content (pour ses liens avec Sarkozy ils étaient lisibles dans des communiqués communs qui se font plus rares). Le projet HBC (Hulot-Bové-Cohn-Bendit) lancé dans Libération et Le Monde (très unis sur ce point) avec Noël Mamère aux commandes, a fonctionné au-delà des espérances. C'est dès le 28 mai 2008 que l'info est divulguée sur Libération par Matthieu Ecoiffier. Sylvia Zappi n'a pas été en reste pour offrir ses bons offices. Beaucoup d'écologistes furent médusés : l'anti-libéral Bové aux côtés du libéral Dany, ça serait donc possible ? L'opération démontre deux phénomènes indigestes pour les partis : l'espoir écologiste existe chez beaucoup de citoyens, et la fabrication du politique se fait par les médias. Sur ce point les Verts ont été un laboratoire idéal pour les maîtres des médias, depuis le jour où une campagne du Monde a empêché la candidature Lipietz, que les Verts durent remplacer pour la présidentielle de 2002 par Noël Mamère.

Parler « d'opération HBC » ne signifie pas que parmi les candidats et les électeurs il n'y a pas eu des personnes sincères, tout comme il y a eu autrefois beaucoup d'électeurs et de dirigeants communistes qui croyaient honnêtement au discours sur les merveilles de l'URSS.

C'est dans cette opération, que j'inscris la projection du film Home et le débat qui a suivi sur France 2. J'avais des petits pois du jardin à écosser alors je me suis mis devant la télé et, médusé, j'ai suivi jusqu'au bout l'émission. « Sauvons la planète », un discours généreux, unitaire, bon enfant, avec en passant, dans le débat deux ou trois coups de chapeau au « Grenelle de l'environnement » : j'ai entendu là le discours des écologistes formatés HBC, ou formatés « Alliance des écologistes indépendants » dont le score est aussi spectaculaire que les listes Cohn-Bendit. J'aurais souhaité une enquête sortie des urnes pour évaluer l'impact de l'émission sur le vote car j'ai pu expérimenter l'effet d'une émission télé : Rika Zaraï ventant le bon effet des betteraves rouges crues, deux jours après sur le marché les vendeurs de ce légume furent dévalisés, mais quatre semaines après, la vente est redevenue « normale ».

Il y a eu une polémique sur ce point, une polémique de mauvais perdants pensent certains et si je n'avais pas vu le film je serais d'accord avec ces derniers (voir la note importante pour alimenter la polémique). Or j'ai entendu la responsable de France 2 dire que la date était prévue depuis un an, tandis que Yann Arthus-Bertrand précisa que la date avait été fixée depuis deux ans ! Qu'ils se mettent d'accord pour se justifier ! De toute façon, dans les deux cas, tout le monde savait que ça serait à la veille d'une élection européenne, qui ne pouvait se tenir que le 7 ou 14 juin. Rappelons que le film est grassement payé par les multinationales les plus élégantes et qu'Arthus-Bertrand sévi parmi les écotartuffes depuis belle lurette. Bien sûr, c'est le public qui a fait le succès du film et non le film qui a fait le succès de Cohn-Bendit. Je note seulement une coïncidence. Cette polémique, une fois de plus, veut faire l'impasse sur toute réflexion concernant les médias et le politique, un point où, comme sur d'autres, Sarkozy a plusieurs longueurs d'avance. J'indique en passant que si la vague de droite et l'échec social-démocrate fut général en Europe, le succès des écologistes fut très français (les Verts passent en Europe de 42 députés à 48).


Après la victoire des Verts aux Européennes de 1989, Mitterrand décida d'inventer Génération Ecologie avec l'aide de Brice Lalonde, comme il inventa ensuite Tapie. Que le Maître se cherche un opposant ou un allié à sa mesure n'est donc pas nouveau ! Avec Sarkozy la formule prend cependant des airs de Second Empire et ne pas prendre conscience du phénomène (le maître et SON opposant) c'est schématiser un fonctionnement qui ne permet pas de se faire comprendre du plus grand nombre.

Que sortira-t-il du succès de HBC ? Comme pour le succès du NON en 2005, les lendemains risquent d'être amers. Jean-Paul Besset, l'élu bras droit de Nicolas Hulot dans cette opération, que Cohn-Bendit s'est gardé de nommer le soir des élections, va pousser pour une organisation écologiste qui soit un satellite de l'UMP, quand d'autres vont opter pour une organisation autonome, tandis que les troisièmes se voient déjà en satellites du PS. Cohn-Bendit a déjà annoncé la couleur au PS : on veut entre 15 et 30 députés aux prochaines législatives ! Une entente pour les législatives qui conditionne l'entente pour les régionales de 2010 (combien de présidents de régions ?) et qui fait sourire par avance Sarkozy, car l'heure des marchandages va continuer de fatiguer une bonne part de l'électorat de gauche qui va continuer de manifester son désespoir en s'abstenant.


                                                                            10-05-2009 Jean-Paul Damaggio


P.S. Sans le moindre désespoir, je précise en toute transparence que j'ai voté blanc.


Note :

Ce message a été envoyé aujourd'hui à tous les fonctionnaires de la DDEA d'un département, par le directeur lui-même, aux employés :

« A la demande du Préfet, je vous transmets le message suivant :

Le Ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire a souhaité offrir la possibilité à tous les agents des services de l'État de voir le film "Home" de Yann Arthus-Bertrand, récemment diffusé sur France 2. Ainsi, une projection de ce film est organisée à la préfecture le vendredi 26 juin à 9h (grande salle à manger). Pour des raisons pratiques, merci de vous faire connaitre auprès de l'unité communication de la DDEA. »

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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 06:15


Le 20 mai à 18h 30, une réunion générale permettait la constitution d'un comité de défense des services publics de Montauban. Afin d'éviter tout risque de politisation récupératrice et dans le but de « rassembler toutes les énergies au-delà des enjeux partisans », l'inter-syndicale en était l'organisatrice, avec la CGT comme animatrice majeure, Nous ne reviendrons pas ici sur les conditions concrètes de la privatisation (http://la-brochure.over-blog.com/categorie-10923635.html ) mais seulement sur les moyens d'action mis en place.


La pétition


Son texte est court et clair : « Nous, usagers des services publics de Montauban et de sa Communauté d'Agglomération, nous opposons à la privatisation des services publics de l'eau, de l'assainissement, de la collecte des déchets, de la piscines que veut imposer Brigitte Barèges. Nous nous prononçons pour le maintien et la modernisation des services publics. Nous exigeons qu'avant toute décision, la population soit consultée par l'organisation d'un référendum d'initiative locale. »

Cette pétition peut être signée très largement comme l'a démontré une participante qui a fait signer les habitants de sa rue.


Le référendum


Cette question se veut la pièce maîtresse de la riposte car si 7500 électeurs et électrices de Montauban la signent, les élus d'opposition peuvent imposer le point à l'ordre du jour du Conseil municipal. Les prises de parole ayant été essentiellement de responsables politiques, pétition et référendum leur permettent de jouer le premier rôle, situation naturelle quand nous savons que la décision est fondamentalement politique. Il s'agit donc de gagner « la bataille de l'opinion » et le cas de Castres a été mis en avant, sauf qu'à ma connaissance c'est surtout la bataille d'experts contre les surfacturations qui a décidé le maire à changer d'avis (voir articles). A Montauban nous avons une maire qui va dans le sens contraire de celui de Castres, plusieurs personnes ayant rappelé qu'elle est décidée, dans ce cas la bataille de l'opinion, toujours indispensable, ne sera pas suffisante, pas plus que les deux autres actions en perspective. Elles ont été suffisantes pour faire reculer Mme Barèges sur quelques points comme la facturation des heures d'études pour les enfants des écoles, mais pas sur le thème des privatisations, un dossier très ficelé et de longue haleine. La question peut être mise à l'ordre du jour du Conseil municipal, elle ne se changera PAS en référendum. Je n'ai pas osé la question : « Qui pense sérieusement, dans la salle, que nous aurons un référendum ? ». J'ai été cent fois d'accord avec la pétition lancée pour demander à Chirac un référendum sur le TCE car, par souvenir du gaullisme, ce dernier pouvait être tenté par l'opération. J'ai été totalement contre la pétition lancée pour demander la même chose à Sarkozy car, n'ayant aucune chance d'aboutir, elle risquait de ridiculiser l'opposition au petit frère du TCE. C'est ce qui s'est produit avec, en dernier recours, une manifestation à Versailles peu représentative des victorieux du NON.

Sur la question des privatisations de l'eau, malgré une opinion défavorable, à 70% l'eau est privatisée par des municipalités de toutes tendances politiques. Combien de municipalités de gauche en TetG travaillent en régie ? Le drame est là : la fracture entre l'opinion et la classe politique. Fracture qui provient de l'idée générale que ce qui est bien, c'est la baisse de l'impôt pour la baisse du nombre de fonctionnaires. Là par contre la bataille de l'opinion n'est pas gagnée. Les fonctionnaires continuent de passer pour des nantis !


La manif et le débat du 26 mai


Que la manif du 26 mai se termine devant les Ateliers municipaux, qu'elle soit suivie d'un débat avec un acteur des luttes de Castres, c'est là aussi une bonne chose. Tout comme l'idée d'une forte pression sur le Conseil municipal du 4 juin. Tout ceci constitue une réponse ordinaire à une attaque extra-ordinaire contre les services publics.


La grève ?


Les responsables syndicaux ont délimité deux champs d'action : les salariés qui doivent « garder la maîtrise de leur lutte » et le comité de défense, ce dernier pouvant seul faire plier Mme Barèges car il peut mobiliser toute la population. Etrange conception de la solidarité ! La formule « garder la maîtrise de la lutte pour les salariés » était par avance une réponse à la proposition que j'avais faite dès le 14 mai et que la majorité des personnes présentes avaient eu en main. Elles n'ont donc pas étonné par mon intervention reprenant l'idée : les éboueurs ont une force de frappe particulière, ils ne peuvent faire grève pour des raisons financières, avec la solidarité financière (1000 personnes donnant 50 euros) ils peuvent tenir une grève d'un mois dans le cadre d'un bras de fer avec la mairie.

Les réponses qui m'ont été apportées ne m'ont pas convaincu. « Pour le moment les salariés n'en sont pas là » : c'est vrai surtout si les organisations syndicales refusent de lancer la réflexion globale sur ce moyen d'action ! J'étais présent à la réunion des salariés et j'ai bien entendu une responsable lancer d'abord l'appel : « Dîtes-nous ce que vous voulez ». Une personne a posé la question de la grève. Réponse juste : « Une grève ça se construit ». Mais qui veut discuter ensuite hors des sentiers battus pour la construire ? « Ils ne veulent pas d'une grève qui risque d'être impopulaire ». De deux choses l'une, ou on gagne la bataille de l'opinion et la grève non seulement sera populaire mais suscitera l'admiration, ou on ne gagne pas cette bataille et alors la pétition devient dérisoire (sauf pour la classe politique qui pense gagner les prochaines élections). C'est à voix basse que quelqu'un dans la salle s'est fait cette réflexion : et si avec la pétition, dont les élus ont souhaité une mise en conformité avec la règle électorale (elle l'est déjà avec la référence à l'adresse), on ajoutait une colonne : oui ou non à une solidarité financière pour une éventuelle grève des éboueurs ? En effet, rien n'indique que cette forme d'action soit la bonne mais au moins sa mise en discussion pourrait permettre de tester le rapport de force mieux que la révolte ordinaire. D'autres idées existent mais les personnes n'osent les formuler.


Observations annexes


En assistant aux deux réunions, celle des salariés et celle du comité, j'ai vérifié que deux mondes se côtoient très peu. Ceux qui pensent que les classes sociales n'existent plus devraient pouvoir visionner les deux débats : celui du 13 mai et celui du 20 mai. Ils seraient surpris. D'un côté une réunion populaire et de l'autre une réunion de la petite et moyenne bourgeoisie (à laquelle j'appartiens). D'un côté une réunion où les réflexions fusent dans tous les sens, où les réalités sont perceptibles directement ; de l'autre une réunion très classique, très « bon élève », très tribune. Je n'ai pas été surpris qu'à la première réunion, la classe politique ait été presque totalement absente (seul un responsable du PCF) peut-être parce qu'il était évident qu'il s'agissait seulement d'écouter. Quand j'entends « que les salariés gardent la maîtrise de leur lutte » j'applaudis des deux mains mais pour les salariés qu'elle est la lutte proposée ? Faire en sorte que les négociations ouvertes sur la transformation de leur statut se fassent collectivement et non individuellement. Quand un salarié a demandé : « Mais alors, il y a déjà des convocations individuelles, faut-il refuser d'y aller ? » Je ne connais pas la réponse syndicale. Quand je mentionne le rappel des luttes de 1995, je ne parle pas d'un souvenir personnel, mais d'une réflexion entendue à cette réunion. Bref, pourquoi à la réunion du comité, le seuls salariés à s'être exprimés sont des responsables syndicaux ? Car juste avant ils avaient été présents au rassemblement de la mairie et que lé réunion en plus c'était beaucoup ? A force de perdre des batailles avec les méthodes ordinaires, ceux qui détiennent le pouvoir du « travail », bien qu'ils soient les plus motivés, sont les plus dubitatifs devant la façon de magnifier « les usagers ». Inventer la révolte, c'est admettre qu'il faut LES DEUX, alors qu'autrefois le point de vue de l'usager était totalement oublié, mais c'est admettre ensuite qu'il faut trouver les moyens d'établir un PONT pour organiser la rencontre entre deux mondes, le peuple qui ne se sent plus représenté, et les représentants qui ne connaissent plus le peuple. La lutte devant durer, peut-être aurons-nous l'occasion de revenir sur le sujet ?

                                                                                    21-05-2009 J-P Damaggio


Nota : Comme je suis un adepte de la transparence je précise que dix personnes très variées m'ont envoyé un message pour soutenir ma proposition dont certaines étaient présentes à la réunion, l'une d'elle est intervenue pour souhaiter que l'idée ne se perde pas en cours et de route et pour demander d'autres assemblées générales. Je les en remercie. A suivre.

                                                 

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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 10:45


 

Toulouse, Librairie de la Renaissance, 14 mai. Une voix posée, précise, une argumentation étayée sur la chasse faite à un livre. Mohammed Benchicou, journaliste algérien, dissèque les évolutions d'une « république simulacre ». Il peut prendre un détail, l'obtention de l'ISBN à la Bibliothèque nationale pour éditer un livre, et en arriver à une vue globale de l'histoire (la BN devenant une officine policière délivrant l'imprimatur), sans jamais céder aux généralités porteuses de clichés. Ses propos simples susciteront un débat d'une extraordinaire franchise. Une jeune femme lui demandera directement : « Mais pourquoi vous ont-ils relâché vu qu'ils savaient que vous ne baisseriez pas les bras ? »

 


 


Contre « la république du simulacre »

Mohammed a fait deux ans de prison en Algérie sous un faux prétexte de délinquance économique, un faux prétexte qui aurait pu en appeler un autre afin d'étouffer cette voix sans haine et sans héroïsme, mais si ferme et si tendre. La première solidarité salvatrice qui en même temps l'a totalement changé, ce fut celle de ses co-détenus de droits communs : jusqu'au dernier jour ils le portèrent pour le sauver de son calvaire l'incitant au cours des derniers instants à faire un peu de sport pour sortir en forme. Souvent illettrés, ils n'ont jamais tourné les pages de ses livres ou du quotidien qu'il animait, Le Matin, mais lui ont permis de toucher du doigt la réalité authentique. Depuis, chaque fois que la vanité du journaliste lui tend les bras, il repense à tel ou tel détenu qui le rappelle au réel, celui des êtres simples qui ne font jamais la une des journaux. Ce journaliste ignominieusement frappé a aussi été soutenu par divers comités qui alertèrent plusieurs autorités, et Benchicou mentionne en particulier le président du Parlement européen dont les interventions furent importantes pour faire céder Bouteflika.

Il aurait dû sortir de prison, brisé, il en est sorti définitivement poète. Brisé il aurait pu être car il n'a même pas eu droit au procès qu'il attendait, un procès sur le contenu de son livre : Bouteflika : une imposture algérienne. Parmi les questions, un homme osera se faire l'écho d'une rumeur d'Alger : « Pour ce livre, n'avez vous pas été soutenu par un clan du pouvoir, puis lâché ? » Et Benchicou de répondre : « Vous ne me croirez pas mais ce livre c'est le cri déraisonnable que tout journaliste doit pousser un jour, c'est un écrit en toute indépendance pour sortir du mensonge. » L'auditoire le sent, Benchicou ne témoigne pas seulement par sa voix mais tout autant par le prix payé pour ses actes.

Pour la démocratie

En conclusion, l'écrivain se montre optimiste et c'est seulement à écrire ce compte-rendu que je comprends mieux son optimisme. Un optimisme laïque fait de lucidité. Appuyant les observations d'un participant, il ne sous-estime pas le développement de la corruption de masse, de ce délitement généralisé de la société, mais malgré le silence des médias il sait que des luttes sociales se développent, marquent des points et créent déjà un autre visage au pays. Dans la fracture entre les autocrates et la société, la société garde des billes pour en venir à la démocratie. Une question a justement porté sur les médias : « Entre la presse tunisienne et celle d'Algérie, comme apprécier la différence ? » Benchicou s'était montré très critique vis à vis, y compris de l'opposition algérienne qui pour une bonne part est membre du simulacre, payée parfois pour jouer la pièce commandée par les autocrates, mais il précise qu'il ne faut pas tomber « dans le nihilisme ». Il rappelle qui lui aussi a été amené à travailler dans la presse de parti unique style celle de Tunisie et qu'en conséquence, si l'indépendance de l'actuelle presse algérienne a ses limites, elle a aussi ses mérites à faire connaître. La veille, Le Soir d'Algérie publiait un très beau texte poétique de Benchicou au sujet de la fermeture de la Librairie des Beaux Arts.

Pouvait-on parler de l'Algérie sans parler des islamistes ? La question surgira... par celle sur la démocratie ! Et vous allez comprendre comment on peut en revenir au simulacre qui entre par la fenêtre quand on le chasse par la porte. A vouloir la démocratie, dit un intervenant, il fallait laisser décider les Algériens qui souhaitaient en 91-92 l'arrivée au pouvoir du FIS or, Benchicou et d'autres, ont été favorables à l'arrêt par l'armée de ce processus électoral ! A vouloir la démocratie, dit un autre intervenant, pourquoi prendre le modèle occidental qui a conduit nos pays à la faillite plutôt que d'inventer une démocratie propre à nos pays ? Deux questions de personnes peu attentives aux propos du journaliste. Loin de toute référence à un modèle français de démocratie, comme un chirurgien minutieux, il ouvrit le corps de la démocratie française pour rappeler comment elle se faisait, sous diverses formes, le soutien des dictatures en place au grand désespoir des démocrates qui luttent en Algérie... et avec des conséquences graves pour l'Europe elle-même que sont l'immigration clandestine et le terrorisme. Sur l'immigration clandestine Benchicou a eu des propos que je partage depuis longtemps. Il ne s'agit pas fondamentalement d'une immigration économique mais d'une soif de liberté. Ils sont des millions en Afrique à vouloir sortir de la misère mais ceux qui franchissent le pas les poussant vers la folie de la mer, sont portés par une autre folie inhérente à l'homme lui-même qui s'appelle la liberté. En France, nous nous plaignons des régressions constantes en la matière, et nous risquons parfois de perdre le sens des nuances : notre situation reste paradisiaque par rapport à celles de l'Afrique et, désolé d'insister pour certains, ce n'est pas qu'une illusion !

Quant à la démocratie par les islamistes qui affichaient en 1991 « qui ne vote pas FIS ira en enfer » rappelle Benchicou qui nie aux maîtres de la religion le droit de se servir ce leur rôle pour diriger la politique, l'histoire depuis 1991 a largement démontré qu'ils sont l'autre face de la même république du simulacre. Le troisième mandat de Bouteflika sera celui de la réconciliation achevée, entre le pouvoir et les islamistes, et ça sur le dos des droits fondamentaux indispensables à la démocratie, à savoir, en premier lieu, la liberté de la presse qui fut en 1992 et 1993 si géniale. Sur ce point comme sur d'autres l'Algérie continue une fonction de laboratoire : laboratoire colonial dès 1830, laboratoire de l'indépendance, laboratoire du socialisme appliqué au Maghreb, laboratoire de la montée e l'islamisme, laboratoire du modèle « médiéval » (terme de Benchicou) qui s'annonce. Il faut lire Benchicou qui a mal à l'Algérie, un pays qui enfanta des géants comme Kateb Yacine et qui aujourd'hui pratique la plus minable censure !

                       

                                                            16-05-2009 Jean-Paul Damaggio




Livres disponibles de Benchicou :

Journal d'un homme libre, Riveneuve, 2009

Les geôles d'Alger, Riveneuve, 2007

Bouteflika, une imposture algérienne, 2004

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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 07:16


Grâce au soleil, il est possible d'avoir de l'eau potable pour de nombreuses populations confrontées à cette difficulté. Nous constatons tous que l'eau, bien précieux, est malheureusement trop souvent gaspillée. Nombreux sont ceux qui ne peuvent pas y avoir accès.


Les équipes de recherches de Sandec, division eau et assainissement dans les pays en développement de l'EAWAG (institut fédéral suisse pour l'aménagement, l'épuration et la protection des eaux) ont mis au point une solution qui permet à des familles de désinfecter l'eau avant de la boire.


La méthode Sodis (SOlar DISinfection) est un système économique et simple à mettre en oeuvre, ce qui facilite sa diffusion au sein de populations à faibles revenus qui n'ont pas accès à l'eau potable. Le soleil qui est une ressource renouvelable et gratuite permet d'aider à désinfecter l'eau.


                                                                                                                                     dessin : estelle redor 

Une bouteille en plastique « PET » plutôt que PVC, transparente, remplie d'eau, qui est posée horizontalement au soleil, durant six heures, fournit une eau potable! C'est l'irradiation du soleil qui permet au système de fonctionner. De fait, les rayons UV-A du soleil détruisent la plupart des micro-organismes pathogènes, générateurs de maladies d'origine hydrique. Ce phénomène est accéléré par l'élévation élevée de la température de l'eau.


Facile à utiliser au niveau domestique, ce procédé répond de manière satisfaisante à une consommation quotidienne d'eau potable.


Cette méthode est notamment préconisée par l'association Aquacare, créée en 2003 par de jeunes chercheurs des universités camerounaises et des Institutions d'Etat qui s'occupent de la protection de milieux aquatiques, et de l'approvisionnement en eau potable.

Au Cameroun, dans les villes de Yaoundé et de Douala, des formateurs d'Aquacare vont sur place pour montrer aux familles comment procéder pour obtenir de l'eau potable.



                                                                                                         

Cette méthode Sodis est recommandée depuis

2001 par l'organisation mondiale de la santé pour améliorer la qualité de l'eau consommée par les ménages depuis 2001.

Un programme de formation à la méthode Sodis auprès de 2 911 familles situées dans des zones rurales du nord Cameroun a été mené entre mai et janvier 2008. A la fin de ce programme, nous avons obtenu un taux d'acceptation de la méthode de 45% environ a été obtenu, pour une réduction de plus de 60% des diarrhées chez les enfants de moins de 5 ans.


Cette méthode très simple à laquelle il fallait penser va permettre, quand l'accès à l'eau est possible, de bénéficier d'eau potable à un niveau raisonnable. Cette eau potable que nous apprécions et dont nous trouvons normal de bénéficier, nous, pays riches.


 Cela évitera entre autres bien des soucis de santé au niveau nutritionnel, dans de nombreuses régions et pays où les problèmes d'eau et d'assainissement sont cruciaux.


Les pays émergents du Sud qui malheureusement subissent de plein fouet des famines, des sécheresses, des guerres, et sont confrontés quotidiennement aux conséquences terribles de la mondialisation, qui n'est ni généreuse ni redistributive.


                                                                                                          Francis Melou

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