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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 17:56

Laisser croire qu'aux européennes PCF et NPA peuvent se retrouver ensemble, c'est une erreur politique. La naissance du PG ou le combat des Alternatifs ne peut rien y faire. Ce n'est pas partir battu d'avance ! Le NPA a pour fonction première de se constituer en force autonome. Le PCF a pour fonction première de faire vivre ses élus. En toile de fond, des idées peuvent être proches, mais dans une élection ce n'est pas le politique qui compte mais les stratégies d'organisation. Si c'était le politique qui prime, il y aurait depuis longtemps un parti nommé UMPS .

Laisser croire que NPA et PCF peuvent être ensemble c'est s'entendre dire ensuite : « Vous avez encore raté ! ». Et on se ridiculise pour rien. Les présidentielles ont suffi. Nous avons à expliquer aux électeurs, dès à présent, qu'il y a des intérêts qui font que le mot unité doit s'entendre ainsi au PCF ou à la LCR : « unité sous mon drapeau ». Et nous serons entendu ! Tandis que dire avec regret : nous n'avons pu unir tout le monde c'est se payer le luxe d'une défaite ! La fonction de l'AMP ou des Alternatifs n'est pas de faire le lien unitaire entre gens qui ne veulent pas s'unir.

Et l'appel Politis ? Un journal a besoin de plaire à tout le monde pour garder des lecteurs donc il fait semblant d'être unitaire du NPA au PG, or il n'a aucun pouvoir de décision ! Sauf à décider par exemple que pour parler de décroissance il y a un seul gourou au monde, Serge Latouche que le journal La Décroissance a été obligé d'épingler pour justement un article dans Politis.


Bien sûr le NPA demandera l'unité aux Alternatifs car ce parti n'aura pas la prétention de demander une tête de liste. Le PG a demandé l'unité aux Alternatifs (pas le PCF à ma connaissance).

Les faits sont simples : pour les européennes il y a sept têtes de liste à mettre en place et la négociation est ardue. A l'inverse des municipales, elle ne peut pas être locale mais UNIQUEMENT nationale, et dans l'ensemble les répartitions sont déjà opérées.

Voilà comment Jean-Luc Mélenchon peut très bien venir se présenter dans le Grand Sud-Ouest. En Ile-de-France le PCF ne peut lâcher la tête de liste (sortant Wurtz). Dans le Grand Sud-Ouest à l'inverse les grandes têtes PCF que sont Gayssot et M-P Vieu ne sont pas dans la ligne (peut-être parce qu'elles savent qu'elles sont grillées pour les européennes) et comme en plus il s'agit de terres fortement socialiste, Mélenchon peut venir y tenter sa chance.

En clair, dans notre région, l'unité c'est soit derrière Jennar (si le NPA sait conserver ce militant), soit derrière Bové (si les Verts n'ont plus besoin d'Onesta), soit derrière Mélenchon.

Dans ce contexte, en tant qu'organisations, l'AMP comme les Alternatifs doivent défendre leurs idées sans intervenir dans la campagne comme le principe peu repris ces derniers temps qu'une élection européenne devrait d'abord être une élection à une assemblée constituante.

A partir de là, à titre PERSONNEL, chacun peut faire le choix qui lui importe.

Si on avait pu tirer les leçons des présidentielles, j'aurai indiqué que l'AMP a eu tort de choisir Bové, elle devait rester en dehors de la campagne (qui de toute façon aurait dû être conduite par les collectifs Bové qui cependant firent seulement de la figuration), laissant à chacun son choix personnel. La campagne Bové a porté de mauvais coups à l'AMP dont elle n'avait pas besoin. Privilégier une élection, à la vie d'une organisation, me paraît dommageable pour les deux.

J'ai donné sur la liste débats mon point de vue global sur l'élection et c'est ma dernière intervention sur le sujet. Hasta luego.

                                                                                          Jean-Paul damaggio

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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 17:55

Voici quelques mots sur un nouveau colloque concernant la télévision, animé par Bernard Stiegler et qui s'est tenu à Paris le 6 décembre et qui était organisé par Arsindustrialis et le CIEM (collectif interassociatif enfance et médias).


 

                                                              Bernard Stiegler


D'abord qu'est-ce que la télévision pour les responsables du colloque ? Ni la télé, ni le marketing, ni la pub ne sont en soi le diable par contre leur utilisation est devenue diabolique au point de susciter de graves problèmes de santé publique.

La pub pourrait informer (il lui est arrivé de le faire) mais quand il s'agit d'une seule course à l'argent elle s'adresse aux pulsions et nous rend donc malade. Maladie aggravée par le marketing qui a ses mérites sauf quand il devient comme c'est le cas, un outil de domination sur la télé. En conséquence, dans quelques années, les problèmes sociaux suscités par la télé risquent d'être de la même ampleur que l'affaire du sang contaminé.


La nocivité de la télé est déjà démontrée pour les enfants et quand se crée une télé en direction des bébés, c'est du délire. Mais cette nocivité touche aussi les adultes. Il s'agit globalement d'atteintes portées à la formation de la personne humaine. Oui, la télé informe, divertit, mais par sa puissance (elle entre dans chaque foyer), elle formate les esprits. Pour les enfants, il est aujourd'hui facile de démontrer qu'elle réduit l'attention par exemple. Mais je ne vais pas entrer ici dans tous les éléments concernant cette question.


Il en est une autre qui s'appelle le développement du numérique et qui fait que le débat actuel sur LES télévisions est plus historique que tous les autres. Il change même la nature de la pub par exemple. Celle qu'il est question de supprimer sur la télé publique est déjà un pub du passé jugée beaucoup moins efficace que celle ciblée qu'organise par exemple google ou celle qui se cache dans les fictions. Un intervenant espagnol au colloque Jesus Bermejo Berros a montré comment la présence répétitive d'une marque de jambon dans une série influait sur l'appréciation que le téléspectateur en avait et conduisait à sa consommation.


Bien sûr, ce colloque se tenant en même temps que le débat surréaliste au Parlement concernant la pub à la télé publique, il fallait prendre une position sur la question, position que les forces politiques, syndicales et autres évite le plus souvent de prendre clairement. Tout le monde sait que par sa réforme, Sarkozy souhaite affaiblir la télé publique mais là comme pour la Poste, l'Education nationale et autres services publics, défendre la télé publique n'est pas très clair car la télé publique n'est déjà plus publique. Comparez par exemple le traitement des élections prud'homales de TF1 et d'A2 et si vous trouvez une différence, faites moi signe.


Le Colloque a proposé un moratoire sur ce débat pour reporter les décisions à plus tard. Il est vrai, Sarkozy a décidé d'aller vite mais ça fait déjà presque un an que les forces démocratiques tardent à réfléchir à une riposte d'ampleur nationale, argumentée et novatrice. Et s'il met la pression de l'urgence c'est pour mieux empêcher une démarche démocratique que la tonne d'amendements au Parlement représente si peu. Par exemple, Bernard Stiegler reste favorable à la pub à la télé publique proposant plutôt une réflexion d'ensemble sur les télés. Comment articuler ce point de vue avec celui d'autres forces démocrates pour qui ce recul de la pub est déjà un premier pas en avant ?

Je viens de survoler une journée de colloque avec le sentiment que nous sommes au cœur des enjeux sociaux de notre époque, un cœur où depuis longtemps je place la revendication d'une télé laïque. Je n'ai pu expliquer comment m'est venue cette idée aussi je le fais ici : en voyage au Pérou avec des amis, nous sommes passés dans des zones non-asphaltées où les maisons avait l'antenne de télé alors que manifestement il n'y avait pas d'électricité. L'ami m'expliqua alors : « Tu n'as pas vu au village l'annonce de ventes de batteries ? La télé fonctionne avec ces batteries et elle apporte ainsi un peu de « lumière » dans la maison ». La télé c'est une drogue même là où il n'y a rien à consommer !

                                                                8-12-2008 Jean-Paul Damaggio !

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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 21:28

Le 17/11/2008, dans le cadre de prévention contre le trafic de stupéfiants, l'Ecole des Métiers de Pavie est investie, avec l'accord revendiqué du Directeur, par une brigade de gendarmerie et deux chiens Stup.


Pendant deux heures, marquage, fouilles et intimidations se succèdent sans que la communauté éducative soit prévenue et puisse réagir, sous l'effet de surprise.


Sans le témoignage d'un professeur, Patrick POUMIRAU, par ailleurs militant RESF32, on n'aurait sans doute pas bien réalisé que se mettait en place une prévention de nouveau type : l'insécurité pour faire peur revendiquée dans la presse locale par Mme le Procureur, Chantal FIRGIMIER.


Dans un témoignage public récent, le Major d'Auch, commandant la brigade intervenante indique que c'est à la demande du Directeur et sur réquisition de Mme le Procureur que cette opération est menée sur 247 élèves, dont 6 sont trouvés en possession de quelques grammes de drogue. Bien entendu, le Major tout à son travail n'a aucune réflexion sur ce processus dans un établissement scolaire avec des élèves dont certains sont mineurs. Le professeur par qui le scandale a été révélé est taxé de soixanthuitard attardé (Sarkozy déteint sur la gendarmerie autrefois réputée pour son républicanisme).


Le témoignage de Patrick POUMIRAU passe à l'émission de MERMET sur France Inter quelques temps après.


Le malheur pour toute cette bande de justiciers, c'est que le 19/11/2008, la même Education nationale, la même Procureur et d'autres gendarmes interviennent avec le même type de procédé dans le collège de Marciac, plus réputé pour le jazz que pour la valse. Et là, çà swingue, même scène mais cette fois ci sur des élèves de 12 à 15 ans, avec palpations, fouille au corps... pour ne rien trouver et laisser des enfants traumatisés qui alertent leurs parents. L'un d'eux, Frédéric DAVID, joue le même rôle de révélateur que Patrick POUMIRAU à Pavie (heureusement qu'il se trouve encore quelques consciences car la réalité, c'est que la majorité reste silencieuse).


La FCPE intervient, suivie des syndicats enseignants FSU et UNSA et le scandale prend des proportions telles que, à côté d'un Inspecteur d'Académie ignorant de tout, un Préfet pas bien au parfum, le Député du Gers MARTIN intervient en question orale et ALLIOT MARIE déclenche une enquête. DARCOS condamne ces procédés et DATI reste muette.


Cette levée de boucliers aboutit à un modus vivendi entre le syndicat des chefs d'établissements (curieusement pas informé au départ), l'Inspecteur d'académie, le Préfet, la FCPE et les syndicats enseignants pour arrêter ce mode de prévention musclée.


Seule, Mme le Procureur persiste et signe. Mais ce membre éminent du Parquet est bien connu de nos services ; elle n'a pas hésité à traîner en correctionnelle en 2006 un camarade des Alternatifs 32

à la suite d'une manifestation de chômeurs. Notre camarade avait été accusé d'avoir abîmé la voiture d'un automobiliste. Manque de chance, à l'heure où l'automobiliste situait l'incident, notre camarade était déjà en garde à vue. Elle vient, après avoir perdu ce procès (relaxe) de rediligenter une enquête plus de deux ans après les faits, pour trouver les vrais coupables.


En 2007, elle avait traduit devant le même Tribunal correctionnel d'Auch, une autre camarade des Alternatifs 32 pour apposition d'un panneau « Non aux OGM » sur le pied d'un panneau de signalisation lors d'une foire aux vins à Jegun. Ce panneau troublait la circulation. Manque de chance, pour le voir, il fallait franchir un sens interdit. Là encore, relaxe.


Enfin, ce 11/12/08, elle traduit en correctionnelle deux agriculteurs bios pour une peccadille sur le statut de l'organisme qui employait les salariés traitant les repas bio pour les cantines du Gers à la demande du Conseil Général. Résultat : plus de repas bio dans les cantines du Gers, fouilles, perquisitions, garde à vue pour les deux inculpés.


Au delà de la personnalité de ce Procureur et du laxisme des différentes autorités de l'Education nationale et du Préfet sur les affaires de Pavie et de Marciac, il semble qu'on assiste, y compris maintenant dans les coins les plus reculés de l'hexagone, d'une application du principe sarkozien mis en oeuvre par ALLIOT MARIE, DATI et HORTEFEUX : « organiser l'insécurité même là où il n'y a pas de véritables problèmes ; on finira bien par semer le doute et on aura en retour une demande sécuritaire ».


Bien entendu, nous sommes nous aussi contre les conduites addictives et nous pensons que les consommateurs ne doivent pas être traités comme les dealers et surtout qu'il faut éradiquer en amont les causes de la recherche de paradis artificiels. La misère sociale et les perspectives d'un avenir sombre n'aident à réduire ni la consommation de drogue ni celle d'alcool.


Quant à la politique de pénalisation à tout craint, on rappellera qu'historiquement, la période de la prohibition a été aux Etats-Unis une des plus violentes connue.

 Les Alternatifs se sont bien entendu impliqués dans ces débats et ces actions, et ils ont produit entre autres le communiqué régional figurant en encart.


J.M FULLANA






MOTION REGIONALE DES ALTERNATIFS MIDI PYRENEES


Les Alternatifs sont scandalisés par l'intrusion de gendarmes armés accompagnés d'un chien dans des établissements scolaires du Gers. Les élèves, des mineurs pour la plupart, ont été agressés, insultés, certains même fouillés au corps ou dévêtus devant copains et adultes. Ces comportements attentant à la pudeur, ces incivilités inacceptables loin du respect de la dignité humaine, ont été perpétrés avec l'accord des autorités scolaires et judiciaires.

Nos enfants aujourd'hui violentés, contraints, fichés, raflés jusque dans les maternelles et incarcérés puis même expulsés quand les parents sont sans papiers, cela rappelle de mauvais souvenirs, racontés dans les livres d'histoire, et devrait nous interpeller tous.

Les parents par la voix de la FCPE et les syndicats ont réagi sainement et doivent être écoutés. 

La vocation d'un établissement scolaire est bien l'enseignement et l'éducation à la citoyenneté.

Nous demandons que les personnes qui se sont rendues coupables de ces exactions, de la prise de décision à l'exécution, rendent compte auprès des parents et des enfants.

Réagissons tous, organisations politiques, démocratiques et citoyennes, contre cette société policière que l'on tente de nous imposer!!


 
                                                                      Les Alternatifs Midi-Pyrénées








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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 15:58

Depuis le congrès d'Epinay le PS n'a jamais cessé de se renforcer sur sa gauche tout en rendant sa politique plus droitière. Il a accueilli en grand nombre des dirigeants et membres du PSU, de la LCR, du PCF et autres. Ce phénomène est habituel et assez général : en vieillissant c'est vers la droite que les dirigeants évoluent. Je pense à une exception : Jaurès.

Cependant, depuis quelques années, des membres du PS le quittent par la porte de gauche. Parmi ces dirigeants du PS, je veux observer deux cas qui riment : Simon et Mélenchon.

Le tête de liste PS des municipales toulousaines de 2001 décide, en 2003, de quitter son parti pour se lancer peu après, avec d'autres, dans la préparation des élections régionales.

En 2007, le sénateur Mélenchon et le député Dolez décident de quitter leur parti pour se lancer aussitôt dans la préparation des élections européennes. D'un cas à l'autre les similitudes ne l'emportent pas.

 

Régionales face à Européennes

Pour la construction d'une liste régionale, avec le nouveau mode de scrutin de 2004, il fallait x candidats (la moitié étant des candidates). La démarche consista à proposer une liste allant du PCF à la LCR en passant par les Verts et les Motivé-e-s qui avaient émergé aux municipales de 2001. Le point crucial touchait au type d'alliance avec le PS. Réponse : autonomie au premier tour, en proposant une alliance au second tour, position qui fut celle des Verts dans plusieurs régions, et du PCF en Ile-de-France. Partout ailleurs, l'alliance a pu se faire au second tour mais pas en Midi-Pyrénées. Etrange ? La liste avait eu le soutien des Verts et de communistes mis en minorité après un vote des adhérents (beaucoup se souviennent des résultats massivement favorables à l'alliance avec le PS dès le premier tour, dans le département de Marie-Pierre Vieu). Le résultat frôla le 10%. Pour l'alliance, une seule place fut accordée au tête de liste pour qu'il devienne un otage. Ce manque de respect de la démocratie (PCF-PS-PRG), chez certains qui prônent la proportionnelle, est significatif.

Avec les Européennes, le type d'alliance avec le PS est reporté à plus tard et c'est pour ça que Chevènement a aussi quitté le PS pour se lancer dans des Européennes, en 1994. Autre élément masqué : pour toute la région Grand Sud-Ouest il suffit de peu de candidats et Mélenchon peut en cette occasion faire alliance facilement avec le PCF.

De cette situation électorale on peut déduire deux différences : sur le positionnement politique et sur la stratégie d'organisation.


Le positionnement politique

François Simon a quitté le PS avec la volonté de faire se rencontrer l'écologie et le social, deux combats que la gauche a trop séparé (voire nié pour l'écologie) quand l'un est lié à l'autre. Aucun combat social n'est possible s'il n'est pas écolo, et aucun combat écolo n'est possible s'il n'inclut pas le social. En conséquence, pas étonnant si l'alliance a pu se faire plus facilement avec des Verts Midi-Pyrénées loin, alors, de la position Cohn-Bendit, qu'avec la gauche plurielle.

Tout commença par une réunion publique dans une arrière-salle de bistro toulousaine, que deux hommes, Jean-Michel Clavel et Jean-Pierre Bataille (à qui je tiens à rendre hommage) osaient animer, pour l'impossible liste aux Régionales devant unir du PCF à la LCR en passant par les Verts. François Simon s'activa comme un simple militant dans la construction d'une organisation qui ne fut jamais simple. Le système électoral imposa un travail au plus près des huit départements de Midi-Pyrénées.

Mélenchon a quitté le PS avec la volonté de renouer avec une histoire bafouée par la gauche officielle, choix honorable mais qui semble plus tourné vers le passé que vers l'avenir. Sans me lancer dans des supputations, que je reproche à d'autres, je pense que l'intelligence de Mélenchon peut le pousser à évoluer mais, globalement, au-delà de la personne, son courant est connu, c'est celui du « plus à gauche », à la place de celui « être autrement à gauche ». Il semble ne tenir aucun compte des expériences passées. Dire on va unir de la LCR au PCF, c'est à présent se moquer du monde : la LCR dotée de 8% dans les sondages n'a pas besoin de Mélenchon pour conduire ce qui lui tient à cœur, une action autonome.

Cette union impossible de toute la gauche du PS, qui a déjà entraîné pas mal de découragements, a des limites connues et expérimentées en 2004 comme à la présidentielle de 2007. Le prétexte du NON de gauche au TCE est déjà très loin. Nous savons qu'il a alimenté la confusion plus que la clarté, faute d'une organisation démocratique capable de le structurer.


La stratégie d'organisation

Après les élections régionales en Midi-Pyrénées une association des ami-e-s de cette liste (AMP) s'est constituée sur des bases claires et démocratiques où il est possible d'avoir une double appartenance mais où les votes se font sur la base un homme, une voix. Il s'est agi de construire à partir de la base (sans basisme pour autant). A présent, l'AMP transporte avec elle une expérience étrange. Liste unitaire en 2004, voilà qu'aux municipales de 2008, l'union a été possible seulement avec les citoyens (sous le nom l'Autre liste ! qui a fait 5,42%) tandis que la LCR (5,07%) put obtenir l'appui de divers courants tous soucieux de faire barrage à « François Simon ». Entre les deux dates, les propriétaires actuels de la politique (PCF, PS, Verts, LCR) virent d'un très mauvais œil l'installation durable dans le paysage politique d'une force alternative autonome capable d'allier le combat social et le combat écologiste, avec bien sûr un équilibre interne toujours difficile. En décrétant François Simon, « bête noire », les éléments critiques de chacun des partis ne furent pas les moins hargneux, et Jean-Luc Mélenchon découvrira le même phénomène. Sa lune de miel avec le PCF durera ce que dureront les Européennes (sauf s'il finit par adhérer au PCF).


D'autant qu'avec Mélenchon, c'est une stratégie par en haut, avec une alliance de sommet qui se met en place, sans attendre la moindre ORGANISATION du nouveau parti. Et le système se déplace vers les départements où ses amis s'autoproclament dirigeants du nouveau parti quand le plus souvent, aux yeux des électeurs, ils ne représentent rien de nouveau (justement, c'est beaucoup le cas à Toulouse). Décréter tout de suite que le parti s'appellera Parti de Gauche, peut donner l'illusion d'une efficacité, mais ça fait l'impasse sur le débat inévitable qui tourne autour du mot gauche, et qui, sans qualificatif, est pernicieux.


La gauche de la gauche championne en impasses

Ici Simon et Mélenchon se retrouvent sur le même bateau face à la gauche de la gauche qui dit plus ou moins, que leur départ ne vise qu'à créer un PS bis, et qu'en conséquence ils sont encore plus dangereux qu'un PS officiel plus facile à combattre. Or, tout comme l'AMP à Toulouse, la création du Parti de Gauche est un parti concurrent du PS. Le parti de Chevènement joua la même carte puis est revenu dans le giron du PS. Le Parti de Gauche va-t-il, comme le PRG, organiser un lobby auprès du PS ? Si tel est le cas, c'est peine perdue. Et les déclarations enflammées de Mélenchon sur le rêve de faire électoralement mieux que le PS m'amuse car je l'ai déjà entendu si souvent !

Je l'écris sans hésiter, au nom du combat démocratique je juge très positif tout ce qui peut affaiblir le PS, mais je crains les impasses possibles qui deviennent deux fois plus décourageantes que l'action de l'adversaire (je pense à la candidature Bové). Première impasse : s'enfermer dans le marketing politique, les médias étant considérés comme le vecteur majeur de la construction d'une nouvelle force politique (Bové-Mélenchon même combat sur ce point). Deuxième impasse : le modèle allemand Die Linke (en 1987 Pierre Juquin a jugé qu'il pouvait quitter le PCF pour fonder un mouvement à l'image des Verts allemands, mouvement que la présidentielle de 1988 devait dynamiser).

Pour le moment, j'essaie de comprendre tout en craignant le pire ! La stratégie « rouge et verte » que je défends depuis 20 ans risque, une fois de plus, de faire les frais de calculs électoraux.

                                                               6-12-2008  Jean-Paul Damaggio

 

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3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 09:19

Le capitalisme financier qui vient de donner ces derniers temps toute sa mesure, obéit à une logique de rentabilité à court terme. Tout cela est désormais bien connu. Les bilans des entreprises sont devenus, depuis longtemps, semestriels, et nous sommes en train de payer l'addition de ces fonds d'investissements qui papillonnent et courent la planète à la recherche de leurs fameux 15% de retour sur investissement.

Quel rapport avec nos mineurs délinquants ?

Et bien, c'est que face au couple prévention-répression qui forme l'ossature de toute politique pénale, c'est le capitalisme financier qui a placé le curseur et, fort logiquement, il l'a placé, progressivement, mais avec une belle constance, du coté de la répression.

Certes, à long terme, la prévention est plus économique. Un adolescent pris en charge dans un « lieux de vie » (structure préventive pour gamins en difficultés), à 230 euros la journée, coûtera moins cher que lorsqu'il faudra, plus tard, l'enfermer dans un E.P.M. à 700 euros la journée !

On m'objectera alors que mon raisonnement ne tient pas et que je me contredis, puisqu'une place en « lieu de vie » est moins chère qu'en E.P.M. Nos professionnels de la calculette ministérielle ne sauraient ignorer cela et mon argument s'effondre !

C'est oublier qu'à court terme, il est plus intéressant d'économiser tout de suite, là, maintenant, l'argent dépensé dans les « centres ouverts » qui ferment les uns après les autres. Chaque poste d'éducateur supprimé, c'est du cash immédiat ! Et l'on retrouve la logique « courtermiste » dont je parlais au début...

D'autant plus, qu'à la myopie politique qui empêche nos décideurs de voir loin, s'ajoute un autre problème : la dissolution des niveaux de responsabilités et donc des organismes payeurs.

Economiser le coût d'une prise en charge préventive, c'est simple et facilement chiffrable (la suppression des postes R.A.S.E.D. dans l'Education Nationale participe de cette diminution des moyens préventifs qui fabrique l'échec scolaire, lequel est, comme on le sait, la première marche de l'exclusion sociale qui, à son tour, est l'anti-chambre de la délinquance). Ainsi, l'organisme payeur, P.J.J. (et donc le ministère de la justice) ou A.S.E. (et donc les conseils généraux), peut donc réaliser une limpide soustraction.

Bien ! Mais combien coûtera à long terme ce gamin qu'une trop chiche politique de  prévention n'aura pas réussi à sortir du mauvais chemin qu'il commençait à prendre ?

Combien la collectivité  devra-t-elle débourser, au final, pour payer le coût d'une vie de délinquant endurci ?

Je parlais plus haut du coût d'une place en E.P.M., mais pendant combien de temps ? Et puis, lorsque le mineur n'en sera plus un, combien coûteront ses années (1, 5, 10ans ?) d'incarcération dans une maison d'arrêt ?

A combien évalue-t-on le bris des divers mobiliers urbains qui lui tomberont sous la main ? Qu'est-ce que casse en moyenne un délinquant, par jour, par mois, par an ? Que coûtera-t-il en terme de minima sociaux (R.M.I. ou R.S.A.) qu'il touchera et pendant combien de temps ?

Je sais bien que tout ceci commence à sonner un peu cynique, mais il ne s'agit pas de convaincre des humanistes. Ceux-là savent qu'un enfant n'est pas délinquant par nature ou par héritage génétique (auquel cas, la prévention ne sert de rien, puisqu'on ne change pas une nature. Il ne reste alors que la répression).

Je ne parle donc pas pour ceux qui savent que l'on n'éduque pas sans semer profond et que l'on ne moissonne pas le lendemain !

Je m'adresse à ceux qui, oubliant nos valeurs humanistes,  nous font le coup du fameux sens des réalités (économiques). Je reste sur leur terrain, ayant renoncé à les entraîner sur le mien et je leur tiens un discours de comptable.

Je continue, donc, car si l'on veut être précis, il faudrait aussi calculer le manque à gagner pour la société qui ne s'enrichira pas du travail de ces délinquants errant dans les limbes de notre belle République. Il ne s'agirait donc pas seulement de calculer ce qu'ils coûteront, mais aussi ce qu'ils ne rapporteront pas !!!

Quel puissant contrôleur de gestion sera capable de calculer tous ces coûts de la délinquance que nous pourrions alors mettre en rapport avec celui de la prévention ?

Le capitalisme financier, qui structure depuis des années l'esprit de nos décideurs  et leur suggère leurs instruments politiques (la politique pénale des mineurs n'étant qu'un exemple), est donc à l'œuvre derrière cette stratégie qui consiste à économiser, ici et maintenant, ce qui nous coûtera beaucoup plus cher demain (mais sera payé, comme je l'ai dit, beaucoup plus tard et par une multitude d'organismes publics).

Ce n'est pas le fait du hasard  si les secteurs ayant le plus besoin d'un investissement sur la durée sont, aujourd'hui, les plus en colère contre cette politique au service d'un capitalisme financier « courtermiste », à savoir: l'éducation et la recherche !

Finalement tout cela est cohérent. Mais enfin, ce sera une piètre consolation pour ceux qui ont déjà un pied dans la délinquance et que nous sommes quelques-uns à prendre en charge en bataillant contre ces financiers qui attendront qu'ils aient les deux pieds dedans pour dénoncer une évolution des mœurs justifiant, à leurs yeux une réforme de l'ordonnance de 1945 (qui garantit au mineur qu'il sera d'abord l'objet de mesures éducatives avant que d'envisager l'enfermement)...


                   Michel Sparagano (professeur de philosophie-skipper-« éducateur » en mer)  


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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 08:10


Hypothèse numéro 1: nos libéraux sont des schizophrènes.


Le schizophrène est un malade souffrant, entre autres, d'un dédoublement de la personnalité. Une partie de lui ignore ce que fait l'autre partie. C'est le syndrome du Dr Jekill et Mister Hyde.
A bien y regarder, nos libéraux qui, en ce moment, entonnent l'air du « hors-du-contrôle-de-l'état-point-de-salut » ont tous les symptômes de cette psychose. Ils cognent le jour sur un mur qu'ils ont construit la nuit (ou l'inverse)!
Parce qu'enfin, lorsque la main sur le coeur, et avec des accents de tragédiens, ils nous jurent que l'actuelle crise financière n'est qu'un accident du système, une dérive scandaleuse du libéralisme, ils refoulent dans leur inconscient tous les textes qu'ils ont votés, à commencer par ceux concernant la construction européenne:
1992: Traité de Maastricht qui, entre autres, retire le levier financier aux Etats pour le confier à une banque centrale indépendante dirigée par des experts. Qui était pour? Monsieur Sarkozy et tous ses amis libéraux (et il n'en manquait pas au P.S, comme  la composition de son gouvernement l'a montré).
1997: Pacte de stabilité d'Amsterdam qui, entre autres, retire certains leviers économiques aux gouvernements élus qui n'auront plus la possibilité de décider de leurs taux d'inflation ni du niveau de leur endettement. La B.C.E. jubile! Qui était pour? Nicolas Sarkozy et ses copains libéraux.
2005: Traité sur la constitution européenne qui prévoyait de rendre constitutionnelle l'indépendance de la B.C.E. Qui était pour?  Ceux qui, aujourd'hui, comme notre président, fustigent cette indépendance qui les gêne dans leurs projets de relance économique. Schizophrènes!
Finalement, lorsque dans « la grande désillusion », Joseph Stiglitz (ancien économiste en chef de la Banque Mondiale, ancien conseiller économique de Bill Clinton et, accessoirement, prix Nobel d'économie en 2001, enfin, ce qui en tient lieu) démonte l'idéologie du F.M.I., que dit-il?
Du traitement de la crise asiatique de 1997, jusqu'à celle de l'Argentine de 2001, en passant par celle de la Russie en 1998, la croyance libérale dogmatique que le marché était à lui-même son propre remède a prévalu. On en sait les conséquences funestes ...
Mais à bien y réfléchir, les critiques à coups de haches que Stiglitz adresse au F.M.I. valent aussi pour notre construction européenne.

Quelles sont ces critiques adressées par un homme qui a vécu au coeur du système, là où se prenaient les décisions et qui reste, il faut le souligner, un libéral?
Tout d'abord, la scandaleuse suprématie de la finance sur l'économie. Ensuite, l'obsession de la lutte contre l'inflation au détriment de ses conséquences sur l'emploi (via la hausse des taux d'intérêts). Enfin, last but not least, le manque de transparence dans son fonctionnement.
Toutes ces critiques sont transposables à l'échelon européen et nous permettent donc de mieux juger les déclarations actuelles de nos libéraux qui ont tenu la truelle de ce chantier.
Progressivement, Bruxelles a fait des experts en économie, non plus seulement des conseillers, ce qu'ils auraient dû rester, mais des décideurs. Et c'est ainsi que Jacques Sapir  peut écrire son livre : « Les économistes contre la démocratie » où il montre justement le glissement qui s'est opéré et dont nous payons le prix avec la crise actuelle. Que nous dit ce spécialiste de l'économie soviétique devenu directeur d'études à l'EHESS ? Tout simplement que nous sommes en passe de basculer de la démocratie dans la technocratie !

Hypothèse numéro 2: nos libéraux ne sont pas schizophrènes, mais simplement de mauvaise foi.


Ce n'est plus Freud, mais Sartre qu'il leur serait utile de relire. Quelle différence cela fait-il?
Si Sartre, plutôt que Freud, a raison, alors nos libéraux savent au fond d'eux-mêmes ce qu'ils essayent pathétiquement de se cacher. Ils savent que « la main invisible » d'Adam Smith n'est pas accessoire, mais centrale dans son système de pensée libérale. Ils connaissent bien le credo libéral selon lequel cette « main invisible » est censée harmoniser, pour le bien de tous, les activités égoïstes de chacun. « Laissons entreprendre tout un chacun », « Libérons les énergies en supprimant les freins réglementaires et législatifs ». Combien de fois n'avons-nous entendu ces exhortations libérales !
Demandant maintenant un retour des règles, ils savent pourtant bien qu'ils les ont toujours combattues (cf, le détricotage du code du travail auquel nous assistons depuis des années). Il est piquant de constater que notre président qui clame sont désir d'un retour des règles est en même temps celui qui a installé dans notre pays une commission pour dépénaliser le droit des affaires, laquelle discute, en ce moment même, de la possibilité de raccourcir le délais de prescription de l'abus de bien social.

De mauvaise foi, donc !
Comment pourraient-ils ignorer que dans le monde qu'ils ont crée, des milliers d'africains sont morts du sida parce qu'ils n'avaient pas les moyens de se payer les médicaments et que les règles de l'O.M.C. (aux mains des Etats-Unis) interdisaient à l'Afrique du sud, l'Inde et le Brésil de fabriquer leurs propres médicaments génériques.
Ont-ils refoulé que, lors du bras de fer en l'an 2000 entre ces trois pays et l'industrie pharmaceutique nord américaine, le droit international était du coté de cette dernière et qu'elle n'a cédé que sous la pression d'une opinion publique qui commençait à considérer que le droit à la vie devait l'emporter sur le droit de la propriété commerciale?
Non. Nous  sommes chez Sartre, ici, et ce que Freud appelle refoulement, l'auteur de « L'être et le néant » l'appelle mauvaise foi. A l'instar du « garçon de café » qui sait bien, au fond de lui, qu'il joue au garçon de café (à la façon d'un mauvais acteur qui court après son personnage et le surjoue), nos libéraux ont donc la mauvaise foi de dénoncer ce qu'ils ont, patiemment et avec obstination, construits, et ils le savent!

Reste une troisième hypothèse: nos libéraux se sont enfoncés si loin dans leurs choix idéologiques qu'ils n'envisagent plus d'alternative et tout ce qui pourrait leur donner tort n'est perçu que comme un dysfonctionnement, un accident. Le libéralisme n'est plus un choix, il est le cadre à l'intérieur duquel nous n'avons plus que le choix des aménagements.
D'où la rédaction du traité de 2005 qui, plutôt que de fixer un cadre de valeurs à l'intérieur duquel existeraient des alternatives politiques, prenait  l'une de ces alternatives ( le libéralisme) et en faisait le cadre. Encore une fois, qui était pour? Toujours Nicolas Sarkozy et ses copains libéraux!
On peut préférer vivre dans une monarchie, plutôt que dans une République, dans une théocratie, plutôt que dans une démocratie. Il s'agit donc seulement pour ne pas confisquer les choix à venir et, comme le dit Adam Przeworski, de poser les contours des « procédures organisant le jeu politique ».

 Bref, nos libéraux s'enfoncent dans leurs choix et nous avec. L'Europe va mal? C'est parce qu'il n'y a pas assez d'Europe! Le libéralisme va mal? Combien de fois ne les a-t-on  entendu nous dire que c'était parce que les marchés étaient encore trop empêchés par des lois et règlements inhibants ! Les mêmes lois et contrôles  qu'ils appellent de leurs vœux à présent. Ultime manœuvre pour sauver un cadre à l'extérieur duquel ils n'envisagent plus rien. Le cadre, en somme. Une sorte d'horizon indépassable reculant à mesure qu'ils s'en approchent. Las ! Comme Jim Carrey à la fin du film de Peter Weir, « The Truman Show », ils viennent de percer le cadre. Truman Burbank (joli nom pour illustrer mon parallèle), héros prisonnier toute sa vie d'un décor de cinéma finit par percer l'horizon et découvrir qu'un monde existe à l'extérieur du cadre dans lequel il a toujours vécu. Nos libéraux viennent de percer le cadre, mais refusent encore de conclure que leur horizon n'en était pas un. Ils tentent de rafistoler la toile du décor plutôt que de s'échapper comme Truman et parlent d'instaurer désormais des règles du jeu.

Mais où a-t-on vu que le renard dans le poulailler va se donner des règles de comportements? Se comporter comme un croqueur de poules n'est pas un dysfonctionnement, mais l'essence même d'un système qui considère qu'il est naturel que les plus faibles soient absorbés par les plus forts. Cette naturalisation de l'économie (les lois de l'économie ont la même force que les lois de la nature) est connue, repérée dans la pensée libérale (relire Hayek), mais pas assez dénoncée. De sorte que le libéralisme, au plus fort de la tourmente financière, ne sait que  dire: « Le système n'est pas en cause. De vilains renards s'y sont glissés. Chassons-les! ».
Incapables de changer de paradigme, les économistes qui pensent que l'économie est une science devraient alors faire un peu d'épistémologie, relire Thomas Kuhn (« Structures des révolutions scientifiques ») et comprendre alors qu'il arrive parfois, dans l'histoire des sciences, qu'il faille abandonner non pas quelques théories, mais le paradigmes (le cadre) qui les alimentait.
En définitive, nos libéraux seraient à l'économie ce que les géocentriques étaient à la physique du 17ème siècle : des attardés d'autant plus  dangereux (ne pas oublier Giordano Bruno ou Galilée) qu'ils se confondent fusionnellement avec leur paradigme.
Alors, de Freud, Sartre ou T.Khun, quel sera leur thérapeute? N'étant pas exclu que chacun de nos libéraux relèvent  d'une prise en charge adaptée, peut-être que le remède réside dans une trithérapie philosophique au dosage personnalisé.
Damned! La sécu ne la remboursera pas. Juste retour des choses!


                                                                    Michel Sparagano (professeur de philosophie)

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24 novembre 2008 1 24 /11 /novembre /2008 11:02

Plutôt que de jouer la démocratie, Tabaré Vazquez, président du pays, a préféré faire valoir son opinion personnelle. Alors que le Congrès a voté le 11 novembre 2008 une loi pour dépénaliser l'avortement, il a décidé d'opposer son veto à l'application de la dite loi. Il avait prévenu à l'avance puisque cent jours après sa prise de fonction, en 2005, suite à une rencontre avec l'archevêque de Montevideo, il avait mis en garde ses propres partisans : je refuserai toute loi qui porte atteinte à la vie.


Les féministes du pays qui se battent depuis des années pour sortir l'avortement de l'illégalité, pour retrouver une période brève de légalisation entre 1936 et 1939, ne croyaient pas que le président puisse se comporter ainsi. Leurs droits ne sont pas de l'ordre de l'opinion personnelle. Les femmes qui sont conduites à l'interruption volontaire de grossesse ne le font pas de gaieté de cœur... et le président s'appuie « sur le traumatisme spirituel » (dit-il en connaissance de cause) que peut représenter cet acte pour les obliger à enfanter ! L'une des féministes, Lilan Abracinskas, de conférences en conférences, démontre que la situation devient insupportable, et le Congrès a fini par voter cette loi car les décès de femmes tentant d'avorter devient un drame national. Et comme toujours, ce sont les femmes les plus pauvres qui sont, parmi les 33 000 avortements clandestins annuels (une approximation), les femmes les plus fragiles. L'avortement clandestin est une activité très lucrative. Mais la hiérarchie catholique ne veut rien entendre ; par contre elle se fait entendre du président de gauche qui n'a jamais cessé de faire appel à la démocratie directe et aux valeurs humanistes ! Par son comportement, la hiérarchie catholique sape sa propre autorité puisque les autres religions (évangéliste et méthodiste) ont annoncé leur appui à la décision du Congrès. De leur côté des féministes ont lancé une campagne avec pour thème : « Assez de rosaires, dans nos ovaires ! ».


En conséquence, les promoteurs d'une loi permettant aux femmes de décider de leur maternité demandent au président, à défaut de vouloir donner son accord à une décision démocratique, de proposer un référendum sur la question, pratique habituelle dans le pays. Mais il refuse ! Tous les sondages indiquent que l'opinion est favorable à plus de 55% à une loi de dépénalisation.


Tous savent que l'enjeu dépasse largement le cas du petit pays coincé entre les géants argentins et brésiliens. L'Uruguay, qui autre fois était appelé la Suisse des Amériques, fut, avec le Mexique, un des premiers pays à voter une loi de séparation des églises et de l'Etat, il y a un siècle, et il pouvait devenir aujourd'hui, avec Cuba, une référence en matière de droit des femmes latino-américaines, celui de pouvoir disposer de son corps étant essentiel, surtout sur un continent où les violences engendrent des maternités de plus en plus précoces. Ni la Bolivie, ni le Venezuela n'ont voté une telle loi. L'Equateur dans sa Constitution démocratique n'a pas pu inscrire la laïcité parmi ses références.

Toute l'Amérique latine souffre de ce contrôle religieux sur les corps et sur la vie politique. Donner la priorité aux droits sociaux sur les droits des femmes, c'est comme vouloir traverser le pacifique à la nage. La priorité aux droits des femmes, c'est l'assurance que les droits sociaux seront solides. Combien de siècles faudra-t-il pour que la gauche le comprenne ? Tout comme les droits écologiques doivent devenir un autre des piliers des droits sociaux.


Ces quelques rappels veulent combattre l'idée véhiculée en France que l'Eglise catholique a fini par accepter la laïcité alors qu'elle s'incline seulement là où les laïques réactivent sans cesse leur combat qui est une action de tous les temps et jamais achevée.  25-11-2008 Jean-Paul Damaggio


P.S. Aujourd'hui le Venezuela vote, hier le Nicaragua a fait de même. Questions cruciales qui s'ajoutent à la plongée vers l'enfer du Mexique. Mais j'ai préféré tourner mon regard vers le petit Uruguay. (Source : La Republica de las Mujeres)

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22 novembre 2008 6 22 /11 /novembre /2008 09:56

La fébrilité actuelle au sujet des prochaines européennes n'incite à ce rapide rappel historique.


En 1979 le PCF est aux anges : enfin une élection à la proportionnelle sur liste nationale (tous les pourcentages donnés sont par rapport aux exprimés). Et le résultat sera à la hauteur de ses espérances. Georges Marchais passe le 20% (avec une liste ouverte à Maffre-Baugé) alors que Mitterrand arrive seulement à 23% avec l'aide des radicaux. La direction du PCF en déduit que Marchais sera en tête de la gauche en 1981 ! Erreur d'analyse catastrophique (une parmi d'autres) qui nous conduit en 1984 où une liste vient briser le monde des quatre (les deux autres en 79 étaient Simone Veil pour Giscard et Chirac qui fut K.O. (chaos).

Jean-Marie Le Pen crée la surprise en 1984 : avec 10% il lui manque seulement 50 000 voix pour passer devant le PCF. Certains en déduiront que l'électorat PCF (tombé à 11%) est passé au FN.

Les surprises ne vont pas cesser si bien qu'en 1989 c'est au tour des Verts d'atteindre la barre des 10%, Waechter ayant été favorisé par l'élection présidentielle de 1988 et pensant qu'enfin sa stratégie du ni-ni va s'imposer dans l'écologie (5 ans après Isler-Beguin le remplacera dans un cadre différent).

Il fallait compter avec l'esprit manœuvrier du président Mitterrand qui, conscient que le PCF est devenu un allié secondaire, a besoin de s'en inventer d'autres. Il fera entrer au gouvernement Brice Lalonde et un certain Bernard Tapie. Brice Lalonde s'était déjà distingué aux Européennes de 84 en s'alliant avec le centriste Olivier Stirn contre l'écologiste Didier Anger (chacun faisant 3%). Avec l'aide du PS il crée à l'aube des années 90 Génération Ecologie pour contrer les Verts et Bernard Tapie est désigné pour limiter l'effet FN.

Voilà comment en 1994 nous aurons l'élection européenne la plus bouffonne de l'histoire de France. La « bande des quatre » est à présent représenté par Baudis (25%), Rocard (14%), De Villiers et Tapie 13% chacun. Le Pen est après avec 11% et le PCF avec 6% obtient encore 7 élus.

Cette fois c'est Mitterrand qui est aux anges. Rocard et Chirac sont discrédités pour sa succession et Tapie est là pour une grande carrière avec les radicaux. Qui peut alors imaginer que 1999 sera une élections aux surprises encore surprenantes!

Cette année là Sarkozy arrive seulement en troisième place et fait moins que Rocard en 1994. Tout le monde pense que son destin politique c'est du passé. Avant lui, nous trouvons un PS revenu en première ligne avec 22% sous la conduite de François Hollande, et en deuxième place un tandem comme les Européennes les aiment bien : Pasqua-De Villiers. Un tandem qui sera comme l'avenir politique de Tapie : sans suite. Le coup électoral est génial mais il n'en restera que De Villiers. Enfin Daniel Cohn-Bendit termine la bande des quatre avec les Verts (mais Bayrou obtient lui aussi 9%). L'élection comporte cependant une autre surprise dans le bas du tableau : Alain Krivine et Arlette Laguiller passent enfin la barre des 5% et deviennent députés ! (Krivine prendra alors un jeune attaché parlementaire du nom de Besancenot). Pour la première fois ils sont neuf groupes à se partager les postes de 87 élus. Le Pen frôle la disqualification avec 5,6% des voix (en dessous de 5% pas d'élus) car un de ses lieutenants a cru qu'il était temps de lancer le MNR. Bruno Mégret comme d'autres avant lui a fait un très mauvais calcul (3%). Qui d'autre avant lui a fait un mauvais calcul ? Pensons à J-P Chevènement qui a quitté le PS assez tôt pour préparer l'élection européenne de 1994 dont les résultats devaient le propulser aux premières places à la présidentielle de 1995. Il créa une liste ouverte avec Anicet Le Pors et d'autres, pour un résultat décevant : 2%. Les dettes seront colossales et Chevènement mettra des années avant de relever la tête sur la base d'une stratégie nouvelle que nous dirons gaullienne. Un communiste de premier plan avait tenté une même opération en 1984 en s'alliant avec le PSU de Depaquit. Il s'agit d'Henri Fizbin qui comme Fiterman finira sa vie politique au PS. Ne disons rien de l'autre communiste qui crut son heure arrivée en 1989 et qui n'ayant pas passé le 1% se retrouva ensuite à servir Dominique Baudis.

Bien d'autres observations peuvent être issues de l'étude des élections européennes mais à partir de 2004 le cadre change et le paysage politique avec vu que le cadre joue toujours un rôle central quant au paysage qu'il révèle. L'émiettement de 1999 ne pouvait plus durer pour les propriétaires de la politique (toujours une bande de quatre) aussi ils changèrent légèrement le mode de scrutin : on en est resté avec la proportionnelle intégrale suite au premier tour mais sur sept circonscriptions au lieu d'une ! Obtenir des élus devient plus difficile si bien que la bande des autres s'appellera alors PS, UMP, UDF et FN qui est encore là. Le PS n'a jamais eu un score aussi haut. Avec presque 29% il devance l'UMP de plus de 12 % ! L'échec de 2002 est magistralement effacé. Autre effacement total qu'il ne faut pas oublier : le succès de l'extrême-gauche en 2002. Pour les Européennes l'accord LCR-LO produit seulement 2,5% des voix quand Besancenot seul faisait 4% deux ans avant ! De Villiers et le PCF avec trois élus chacun survivent tandis que les Verts avec 6 élus résistent bien au nouveau mode de scrutin.


Alors en 2008,qui sera dans la bande des quatre ? Cohn-Bendit-Bové et le pôle écologiste ? Bayrou -JF Kahn et le pôle centriste ? Mélenchon-Buffet et le pôle de gauche ? Jennar-Besancenot et le pôle NPA ? Tous pensent que la situation n'est comparable à aucune autre, tous pensent que l'Europe est comprise pour ce qu'elle est, tous espèrent que leur tour est venu pour balayer la droite et le PS car tous veulent croire qu'il suffit d'un trompe l'œil pour devenir artiste. Quand j'entends Mélenchon annoncer qu'il va devancer le PS alors que son parti n'existe pas encore, je repense à ceux qui disaient que Bové serait en tête de la gauche en 2007 ! Plus la politique s'effondre et plus le moment électoral devient un enjeu en soi. Pour l'électoralisme avance et plus le peuple est absent. J'ai en effet oublié de donner le taux de votants depuis trente ans. Successivement nous avons eu : 60,7%, 56,7%, 48,8%, 52,7% (petite remontée en 94), 46,7% et enfin 42,7%. Allons nous passer sous le 40% de votants en 2008 ?

                                                                           

                                                                                     19 novembre       Jean-Paul Damaggio

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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 11:32

« Pour tous les producteurs, votre enfant est une cible, si ce n'est une proie. » Jean-Marc MORANDINI, Télé-Vérité. Parents : vos enfants sont en danger !, Paris, Éd. L'Archipel, 2006, p. 219.


La télévision passe pour être un outil précieux concernant la circulation de l'information, le divertissement, la vie culturelle et politique. Mais elle ne pourra réellement l'être qu'une fois résolu le problème de la publicité destinée aux enfants.

L'enfant de moins de 12 ans est actuellement la cible des publicitaires qui cherchent à en faire un consommateur. Les spots, que l'enfant ingurgite dans ses émissions préférées, sont conçues pour le pousser à des achats dont il n'a pas la maîtrise. Selon une étude réalisée en octobre 2007, pour le ministère de la Santé, 47% disent que la publicité vue à la télévision leur donne envie de manger et de boire, 62% réclament à leurs parents ce qu'ils ont vu... et 91% déclarent l'obtenir grâce à la faiblesse de leurs parents [1]


La publicité à la télévision nuit gravement à la santé et à l'éducation.



                                 dessin: E. Lecroart

Comment un enfant peut-il résister un mercredi matin à la vue de 60 spots publicitaires - en moyenne, toutes chaînes confondues - pour des jouets, des sodas pétillants, des crèmes onctueuses, des vêtements dernier cri, le téléphone portable absolument indispensable ... ?

Objectif : Exiger des pouvoirs publics une loi, avec décret d'application, qui interdise toute publicité destinée aux enfants de moins de 12 ans. Une telle loi existe déjà en Suède, pour les chaînes du service public et les chaînes commerciales[2]. Pourquoi pas aussi en France ?

Nous exigeons une loi française qui, comme celle existant déjà en Suède, spécifie les trois points suivants :

- Sont interdites à la télévision toutes les publicités destinées aux enfants de moins de 12  

    ans, sur les chaînes du service public comme sur les chaînes commerciales.

- Sur toutes les chaînes, les publicités destinées aux adultes ne peuvent suivre ou    

   précéder les émissions pour enfants que dans un délai d'au moins 15 minutes.

 - Il est interdit de faire jouer à un enfant un rôle de premier plan dans tout spot        

    publicitaire. Le simple recours à des éléments thématiques renvoyant à l'enfance (voix,  

    rires, etc.) est proscrit


 Mes enfants ne regardent pas beaucoup la télévision. Pourquoi les priver de publicité ?


Tant mieux si vos enfants regardent peu la télévision ! La moyenne d'écoute par enfant en France est actuellement de 3h10 par jour. Cela signifie que d'autres que les vôtres la regardent plus de 3h10 !  Or 10,8 % de ce que voit un enfant est de la publicité (source : Médiamétrie) Il est inquiétant que déjà un « bébé nord-américain de six mois regarde la télévision une heure et demie par jour. En France, il n'existe pas de statistiques concernant les nourrissons, mais on sait que les enfants de 2 à 5 ans passent en moyenne une heure devant l'écran magique.[3]


La publicité est contrôlée en France.


C'est le discours officiel. Avant de voir comment s'établit ce contrôle qui ne contrôle pas grand chose, il faut bien comprendre que la publicité envahit toujours plus l'espace qui lui est concédé. Regardons par exemple nos entrées et sorties de villes ! À la télévision, tout a commencé en automne1968, quand une loi votée par l'Assemblée nationale a autorisé l'Ortf à 2 minutes de publicité par jour. Cela devait rester un maximum. Les publicitaires ayant l'art d'exercer des pressions sur les hommes politiques, cette loi a été régulièrement modifiée. Actuellement, la loi française autorise les chaînes du service public et les chaînes commerciales à diffuser chacune144 minutes par 24 heures, avec un maximum de 12 minutes par heure de diffusion.

Si l'opinion publique ne se mobilise pas pour interdire la publicité destinée aux enfants de moins de 12 ans, ils devront toujours en ingurgiter de plus en plus.


Les enfants adorent les publicités à la télévision. Pourquoi seraient-elles dangereuses ?

 

                                           dessin: E. Lecroart

L'enfant goûte le « plaisir ludique » partout où il le trouve. Le problème, c'est le dressage de son goût que l'on fait à travers les spots. Car il accorde un crédit naïf à ce qu'il voit et entend à la télévision. Il n'a pas la distance suffisante pour résister aux effets clandestins du discours publicitaire, qui sont là pour produire autant de frustration que de désir. Car le but des annonceurs n'est pas de divertir mais de faire acheter. Dans les programmes jeunesse, la publicité s'adresse directement à l'enfant, considéré comme un client potentiel ; or jusqu'à 8 ans, il ne comprend pas la finalité commerciale d'un spot publicitaire.


 En France, un enfant regarde en moyenne la télévision 3h 10 pat jour, et 10,8 % de ce qu'il a vu en 2007 est de la publicité.

 

Qui paie la pub ? C'est toujours le consommateur dans le prix du produit qu'il achète, tel un impôt caché.

 Mais qui paie la publicité ?

Cette question rejoint le débat actuel sur le pouvoir d'achat ! C'est toujours l'acheteur d'un produit qui en paie au final sa publicité : c'est comme un impôt caché dont on ne lui parle jamais. Même Jean-Pierre Raffarin a été contraint de se taire en 2005 sous la pression de nombreux lobbies. Alors Premier ministre, il déclara avec bon sens, à l'adresse des supermarchés : « S'ils veulent baisser les prix, ils n'ont qu'à mettre l'argent de la publicité dans la baisse des prix. [4]»

Dans le prix d'un paquet de pâtes alimentaires, d'une lessive, d'un vêtement de marque ou d'une voiture, il y a entre 5 à 25 % du prix d'achat qui sert à payer la publicité du produit que l'on achète. Si on supprimait toute publicité, le prix des produits que l'on achète baisserait d'autant.

Chaque année, annonceurs et publicitaires dépensent, tous médias confondus, autour de 32 milliards d'euros pour vendre les produits que nous achetons. Cela signifie qu'un couple avec deux enfants dépense environ chaque année 2.000 € pour la publicité, contraint et forcé. Ces 32 milliards par an équivalent sensiblement aux dépenses du Ministère de la défense[5]. Pour revenir aux seules dépenses des annonceurs à la télévision, elles atteignent 4,3 milliards d'euros en 2007 [6]. Un spot de 30 secondes coûte autour de 120.000 euros sur TF1 et 80.000 euros sur France2. Les tarifs dépendent des heures d'écoute.


Ces chiffres sont hallucinants mais la publicité à la télévision n'est-elle pas nécessaire pour nous informer des produits que l'on achète ?


Les images, les formules bien frappées et les saynètes des spots publicitaires n'informent sur rien du tout. Ce sont des mises en scène de produits dont le but est d'associer des objets et des marques à des émotions. Rien d'objectif n'est dit du produit, ni sa longévité, sa composition, son pays de fabrication, etc.

En réalité, si les spots se présentent comme des contes de fées, dans un monde toujours irréel, c'est pour faire rêver puis désirer les enfants, de sorte qu'ils ne pensent alors plus par eux-mêmes. Il s'agit d'une véritable manipulation comme en témoignent des experts : «  la télévision introduit dans l'esprit des enfants un imaginaire prêt à porter, mais n'encourage pas toujours l'imaginaire propre.[7]. Les programmes jeunesse ne sont pas conçus pour divertir l'enfant mais pour le préparer aux publicités qui vont lui être infligées.

 

Pourquoi les annonceurs s'intéressent-ils tant aux enfants ?


Depuis plus de 20 ans, et plus que jamais aujourd'hui, les programmes pour la jeunesse sont conçus pour rassembler un maximum d'enfants devant leur écran, afin de les rendre réceptifs aux messages publicitaires. « Pour tous les producteurs, votre enfant est une cible, si ce n'est une proie [8]. », témoigne Jean-Marc Morandini, journaliste d'Europe1, spécialiste des émissions télévisées. Cet expert reconnaît qu'il n'existe pas ici de différence notoire entre le service public et les chaînes commerciales. Il s'agit partout d'une inquiétante manipulation. Elle fut avouée par le président-directeur-général de TF1, Patrick Le Lay : « À la base, le métier de TF1 - affirma-t-il sans ambages - , c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. (...) Or pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible.[9]. »

 

La télévision vole-t-elle l'enfance aux enfants ?


Elle leur vole leur créativité en formatant leur imaginaire. Pour parvenir à ce que l'enfant réclame un produit à ses parents, les stratégies de programmation participent au renforcement des messages publicitaires. Par exemple, dans une émission jeunesse, l'un des personnages du dessin animé porte une moustache et des oreilles qui rappellent étrangement le logo d'une marque de biscuit. Ailleurs, au lieu de dire « mes céréales », le héros du dessin animé dit « mes Kellogs » , au lieu de « mon ballon de foot » « mon ballon Décathlon ». Les exemples foisonnent [10].

Plus insidieux encore est l'utilisation par les publicitaires des angoisses de la petite enfance. À ces angoisses, les spots présente aux jeunes enfants des issues immédiates et faciles à mettre en œuvre. Contre la peur de pas être aimé, contre la crainte de mal manger ou d'être ridiculisé par ses camarades, il y a toujours l'achat d'un produit qui va pouvoir répondre à ces situations. Cette vision magique de l'existence, toujours enfermée dans la consommation, est certainement l'une des principales critiques qui doit être faite à l'encontre de la publicité destinée aux enfants, d'autant plus qu'elle est omniprésente sur toutes les chaînes[11].


Pourquoi tant de drames, parfois violents, aux caisses des supermarchés ?


Il faut parfois savoir dire « non » à l'enfant pour lui permettre de ne plus vivre tout entier dans la pulsion, de pactiser avec la durée, d'accéder au véritable désir, qui est de désirer par soi-même et non en fonction d'un modèle formaté vu et revu mille fois à la télévision. L'enfant qui n'a pas été éduqué à la saine et nécessaire frustration - ce que les émissions jeunesse ignore soigneusement - en vient souvent à pleurer ou à trépigner, au risque de se prendre des gifles à la caisse du supermarché parce qu'il ne supporte pas de ne pas obtenir « toujours plus ».

La « télévision publicitaire » n'a que faire d'une éducation au goût et à la responsabilité. Le principal pour elle est de faire acheter. La tyrannie des marques, depuis qu'elle s'est emparée de la télévision, se sert de l'enfant pour faire obéir ses parents aux spots publicitaires. Elle est donc par essence contre-éducative. L'« autorité publicitaire » est à la fois la négation de l'autorité parentale et la négation de la liberté de l'enfant.


Ce n'est quand même pas la publicité à la télévision qui est responsable de l'obésité des jeunes ?


Mais si, c'est elle le premier responsable, témoignent toutes les enquêtes [12]. Il en résulte que les spots pour des produits alimentaires destinés aux enfants sont la première cause des chiffres qui suivent : 18 % des petits Français souffrent de surpoids, dont 4 % d'obésité. Ce n'est pas étonnant puisque 40 % des plages publicitaires qu'émaillent les émissions pour les enfants sont consacrés à des produits alimentaires. Seulement 10 % de ces publicités présentent un réel intérêt nutritionnel, et la majorité des produits vantés participent à déstructurer les repas [13]. Les fameux « Évitez de grignoter entre les repas » donnent bonne conscience aux annonceurs mais ne changent rien en profondeur dans les habitudes de manger et de boire n'importe quoi entre les repas. La malbouffe est surreprésentée, note avec raison Que Choisir [14].


Le ministère de la Santé est-il au courant ?


Oui, il mène ses propres enquêtes, mais cela n'a jamais provoqué l'interdiction des publicités de produits alimentaires trop sucrés aux heures d'écoute destinées à la jeunesse. En octobre 2003, le ministre Jean-François Mattéi  est même allé jusqu'à dire : « On ne peut pas arrêter ce type de message publicitaire.[15].


Mais les choses n'ont-elles pas changé en 2008 ?


On aurait pu l'espérer puisque le 4 février Roselyne Bachelot annonçait que « La suppression de la publicité pour certains aliments, pendant les programmes télévisés destinés aux enfants, devra être effective en avril 2008. » Avril est arrivé et la publicité ne s'est pas découverte d'un fil. Pourquoi ? Parce que notamment l'Association des industries agroalimentaires (Ania) a refusé toute concertation à ce sujet, promettant même de barrer les routes avec des camions si le gouvernement ne l'écoutait pas [16]. Au lieu de légiférer comme on pouvait l'espérer, le ministère de la Santé cherche une sortie au problème en proposant aux professionnels de la télévision et de l'agroalimentaire la recette de l'autorégulation. Que faut-il en attendre ? Pas grand chose car on s'imagine aisément que toute autorégulation sera factice tant les professionnels, qui vivent de l'engraissage des petits Français, ne sont pas prêts à lâcher prise vu les bénéfices colossaux qu'ils en tirent.

 

« Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau disponible. » Patrick Le Lay, président-directeur-général de TF1, 2004.

 

« Les publicitaires et les annonceurs ne seront jamais des éducateurs, ce sont des séducteurs. (...) Ils connaissent parfaitement leur pouvoir et n'ont aucune réflexion éthique sur leurs abus. » Claude Got, Comment tuer l'État, Paris, Bayard, 2005, p. 46


Pourquoi ne pas faire confiance à une autorégulation des publicitaires de la télévision ?


Le principe même de l'autorégulation ne peut inspirer aucune confiance. Il consiste dans le domaine publicitaire à vouloir sauvegarder le produit incriminé en le présentant autrement. Par exemple, depuis peu Coca-Cola et McDonald's dépensent des sommes astronomiques en publicité pour encourager les enfants à faire du sport, ce qui - sous-entendu - les empêcherait de prendre abusivement du poids en ingérant leurs produits. Cela s'appelle de l'autorégulation dans le jargon publicitaire ! C'est oublier que si l'enfant ne buvait plus par exemple de Coca-Cola, mais de l'eau ou de vrais jus de fruits, il ne lui serait plus nécessaire de faire du sport pour perdre son surpoids qui résulte notamment du Coca-Cola. Ce type de mesure permet à Coca-Cola de continuer à faire acheter sa boisson. Les mesures d'autorégulation ont l'inconvénient de ne pas prendre le taureau par les cornes, c'est pourquoi la campagne du MAN préconise une loi pour interdire purement et simplement toute publicité destinée aux enfants. Assez de subterfuges, il faut aller droit au but, c'est la santé de nos enfants dont il s'agit !

L'autorégulation désengage l'État de ses responsabilités, ce qui est déjà le cas avec le CSA - véritable pouvoir public - mais qui dans ses attributions n'a pas à visionner les programmes avant leur diffusion. C'est au BVP (Bureau de Vérification de la Publicité) que revient le rôle de réguler les publicités, conformément à ses propre règles. Or le BVP n'est nullement un organisme d'État comme beaucoup de personnes le pensent. C'est un organisme de droit privé, créé et autofinancé par et pour ceux qui ont des intérêts dans la publicité [17]. Le BVP, pour protéger ceux qui le financent, milite pour une autorégulation des annonceurs à la télévision, surtout pas pour des textes législatifs qui entraveraient leurs activités. C'est bien pourquoi le MAN exige une loi, pas une autorégulation confiée à ceux-là même qui veulent continuer à vendre de plus en plus de leurs produits.


Supposons un instant que les marques de sodas pétillants et de friandises sucrées disparaissent des plages publicitaires.

La loi demandée par le MAN continuerait dans ce cas à être très pertinente, car les publicitaires sauraient à coup sûr trouver d'autres annonceurs. À la place des boissons et friandises sucrées, nos enfants deviendraient encore plus la proie des vendeurs de vêtements de marque, de parfum, d'ordinateur portable, de cours particuliers, etc. S'imaginer que les publicitaires abandonneraient par simple enchantement les plages de publicité destinée aux enfants, c'est  croire encore au père Noël.

 

Et la publicité que les enfants voient sur Internet ?


C'est un phénomène nouveau et croissant. Elle touche de plus en plus d'adolescents, mais les enfants de moins de 12 ans consacrent infiniment moins de temps devant l'écran d'ordinateur que devant celui du téléviseur. Le rapport serait de 1h devant un ordinateur pour 50 devant une télévision.


Mais la loi demandée par le MAN exclue les chaînes commerciales de la TNT (Télévision numérique terrestre) qui émettent depuis l'étranger.

Oui pour ce qui concerne les chaînes émises depuis l'étranger, mais ce ne sera pas le cas pour celles qui émettent depuis la France, comme par exemple Gulliver, chaîne commerciale gratuite destinée aux 5-14 ans, développée par Lagardère et France Télévision, sans d'ailleurs beaucoup de succès.


La loi demandée par le MAN a finalement un objectif précis, limité et atteignable, mais ne serait-ce pas toute la télévision qu'il conviendrait de changer, dont par exemple les journaux télévisés ?

Il est certain que le système audiovisuel français est à revoir de fond en comble, mais le MAN veut parer au plus pressé : ce qui fait violence aux enfants et qui, en en faisant des surconsommateurs insatiables, les rend violents parce que sans cesse frustrés.

Gandhi et Martin Luther King, notamment, ont appris au MAN qu'un monde de moins en moins violent se construit pas à pas, par des luttes populaires et orchestrées de manière non-violente.


                                            Que faire ?

Manifester dans la rue de manière non-violente, par des heures de silence régulières dans de plus en plus de villes, afin de mobiliser une opinion publique qui fasse pression sur les pouvoirs publics.

 

Pourquoi des heures de silence dans les rues ?

C'est le moyen non-violent retenu utilisé par les groupes du MAN. De plus en plus de groupes locaux du MAN, ou proches de lui, organisent régulièrement des heures de silence dans les rues de leur ville. Cela consiste à occuper un espace piétonnier, sans gêner la circulation, en se tenant debout, immobile, en ligne et en silence durant une heure, avec des panneaux expliquant la loi demandée par le MAN. Cette forme d'interpellation est typiquement non-violente. Tout passant, de tout âge, peut venir s'y joindre. Des cartes postales sont proposées à la population. Elles sont à envoyer au Président de la République, au Président de l'Assemblée nationale et au CSA., afin qu'ils agissent pour faire voter une loi semblable à celle qui existe en Suède et qui protège les enfants des fléaux de la publicité.

 

Pour :

-         participer aux heures de silence déjà existantes dans de nombreuses villes ;

-          susciter un groupe d'action heure de silence dans votre ville ;

-          signer la pétition en ligne sur www.nonviolence.fr

-          être tenu au courant de la campagne nationale Télévision, pas de pub destinée aux enfants ;

contacter le secrétariat national du MAN : man@nonviolence.fr ou au 01 45 44 48 25. Voir également le site du MAN  www.nonviolence.fr


Mouvement pour une Alternative Non-Violente (MAN)

Mouvement de réflexion et d'action né en 1974, le MAN est une association loi 1901 fédérant une vingtaine de groupes locaux. Le MAN a pour objectif de promouvoir la non-violence et de faire valoir son apport spécifique dans la vie quotidienne, dans l'éducation et dans les luttes sociales et politiques. Par la réflexion, l'action et la formation, le MAN cherche à promouvoir, par des méthodes non-violentes, une société de justice et de liberté.


Votre soutien financier est également déterminant. Merci de contribuer si vous le pouvez. Chèque à l'ordre de : MAN, à envoyer à l'adresse postale : MAN, 114 rue de Vaugirard, 75006 Paris. Tout don donne lieu à un reçu vous permettant de déduire 66% de ce versement de vos impôts dans la limite de 10% de votre revenu.



[1] Voir l'article de Jean-Michel THÉNARD, dans Le Canard enchaîné du 16/04/2008 et l'article « Rebonds » dans Libération du 25/04/2008.

[2] Voir : l'article de François BRUNE « De l'enfant-roi à l'enfant-proie », paru dans Le Monde diplomatique de septembre 2004, et plus généralement l'analyse du modèle de vie publicitaire dans Le Bonheur conformeEnfants, consommation et publicité télévisée, Paris, La Documentation française, 2003, pp. 59-73. Ce livre présente aux pages indiquées les réglementations européennes de protection des enfants vis-à-vis de la publicité télévisuelle ; à remarquer qu'il n'existe aucune réglementation particulière en France, à la différence de la Suède, de la Norvège et du Danemark. Le cas de la Suède reste exemplaire. (Gallimard, 1985) ; Monique DAGNAUD,

[3] Jean-Marc MORANDINI, Télé-Vérité. Parents, si vous saviez ? , Paris, Éd. L'Archipel, 2006, p. 66.

[4][4] Voir Stratégies, 24 février 2005, cité par Marie BÉNILDE dans On achète bien les cerveaux. La publicité et les médias, Paris, Éd. Raisons d'agir, 2007, p. 9

[5] Source : Quid.fr//aacc.fr/stastistiques.

[6] Source : Syndicat national de la publicité télévisée (SNPTV).

[7] Stéphane CLERGET, Enfants accrocs à la télévision, Paris, Marabout, 2003, cité par Jean-Marc MORANDINI, Télé-Vérité. Parents, vos enfants sont en danger, Paris, Éd. L'Archipel, 2006, pp. 71-72.

[8] Jean-Marc MORANDINI, op. cit., p. 219

[9] Propos tenu en 2004, cité dans Jean-Philippe DESBORDES, Mon enfant n'est pas un cœur de cible, Paris, Éd. Actes Sud, 2007, p. 16

[10]  Voir Jean-Marc MORANDINI, op. cit., p.150

[11] Voir Monique DAGNAUD, Enfants, consommation et publicité télévisée, Paris, La Documentation française, 2003, p.51

[12] Voir notamment : Monique DAGNAUD, op. cip., pp.53 ss. ; Le Canard enchaîné du 16/04/2008 ; Libération du 25/5/2008.

[13]  Voir Que Choisir n° 441, octobre 2006

[14]  Idem, p. 26

[15]  Le Monde du 11/10/2003, cité par François BRUNE dans De l'idéologie aujourd'hui, Parangon/Vs, 2005, p. 46

[16]  Voir Le Canard enchaîné du 16/04/2008

[17]  Voir le n° 138 (mars 2006) de la revue Alternatives Non-Violentes, intitulé « Remettre la publicité à sa place », p. 26. Pour le commander : www.anv-irnc.org

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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 15:43

Je ne vais pas aborder la crise financière profonde que nous traversons actuellement. De nombreux articles et débats y font référence à longueur de journée.

Je désire simplement revenir sur la crise alimentaire qui découle, elle aussi, de la globalisation des politiques néolibérales en place, de l'hypercapitalisme financier érigé en dogme, des puissances dévastatrices des grandes entreprises transnationales qui ne cessent, sur le dos de millions de petits producteurs, d'imposer leurs pratiques commerciales déloyales. Ceci avec la complicité du FMI et de l'OMC, qui préconisent des directives favorisant amplement les importantes sociétés agroalimentaires des pays industrialisés du Nord.


Le comportement irrationnel d'acteurs politiques dans certains pays du Tiers Monde a favorisé des politiques de coopération à courte vue. Le choix d'une orientation productiviste débouchant sur des désastres (monoculture pour un même pays, concurrencée par celles des pays asiatiques, où la main-d'œuvre est très bon marché et où la productivité est très élevée. Concurrencée aussi par celles de l'Europe et des Etats-Unis, qui subventionnent leurs producteurs.)


Flambée des prix alimentaires = crise alimentaire = faim dans le monde = pénuries et famines dans de nombreux pays du Sud, du Tiers Monde = des émeutes de la faim qui menacent la stabilité de dizaines de régimes fragiles politiquement et économiquement. Une situation qui appauvrit durement toutes ces populations civiles, déjà suffisamment malmenées dans leur quotidien. Populations touchées inexorablement par d'interminables conflits guerriers et économiques.


Rappel


L'article 25-1 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme indique que tout individu a droit à un niveau de vie adéquat pour sa santé et son bien-être personnel ainsi que celui de sa famille, y compris la nourriture.


Quelques chiffres


Aujourd'hui 2 milliards de personnes souffrent de malnutrition et 923 millions de la faim.

Environ 89 % d'entre elles, soit 750 millions, vivent dans des pays d'Asie et d'Afrique.

Plus de 20 millions d'enfants de moins de 5 ans sont victimes de malnutrition grave.

Plus d'un million d'enfants par an meurent de malnutrition sévère.

Plus d'un milliard de personnes sont en surpoids. 300 millions souffrent d'obésité. Depuis dix ans, en France le nombre d'enfants obèses a doublé, et un enfant sur six est aujourd'hui touché par cette pathologie.

En 2008, l'aide alimentaire internationale est passée à son niveau le plus bas depuis quarante ans.


Les causes de la faim sont multiples : commerciales, économiques, sociales, environnementales, politiques et géostratégiques, dont la flambée indécente des matières premières et des carburants, des engrais. Des ravages causés par la spéculation sur les denrées de base, céréales (riz, blé...). Entre 2007 et 2008, les prix alimentaires ont augmenté de plus de 52 %.

On constate depuis longtemps, dans tous ces pays en développement, une absence de politiques agricoles nationales, régionales, qui préconisent un soutien important aux productions vivrières traditionnelles.

Soutien de la petite agriculture familiale, dans de petites exploitations, qui contribuent d'abord à l'alimentation de la famille, puis à l'approvisionnement des marchés locaux. Cette proximité permet d'écouler le surplus de production, garantissant ainsi un revenu familial obtenu dans la dignité, d'assurer la prospérité des familles, par la vente de 3 ou 4 cycles de légumes par an. Sont créés ainsi des emplois locaux stables, qui ne nécessitent pas de grande mécanisation, qui respectent l'environnement. Revenir chaque fois que cela est possible vers la production de cultures BIO, qui permettent de protéger la biodiversité, de ne pas être dépendant des firmes semencières par l'achat de semences brevetées, d'engrais, de pesticides et d'herbicides.

Toutes les personnalités, responsables, du monde agricole, des organisations internationales... (FAO-organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture // PAM-programme alimentaire mondial), qui se penchent avec acuité sur ces sujets primordiaux que sont l'Alimentation et la Faim dans le monde, s'accordent pour dire que La Souveraineté de l'Alimentation est l'objectif principal : Droit des populations et des pays à définir leurs propres politiques alimentaires et agricoles. Ces politiques doivent être écologiquement, socialement, économiquement et culturellement adaptées à chaque contexte spécifique et ne pas menacer la souveraineté alimentaire d'autres pays.

Pour aujourd'hui, demain, la meilleure arme contre la faim est le retour à une Agriculture Paysanne.

                                                                                                Francis Melou

*Diverses sources d'informations pour cet article : Site www.adequations.org, Le Monde dossiers et documents, Politis, La Croix, l'Humanité.




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