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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 16:32


Le département du 82 serait-il une véritable  « république bananière » où, dans l’ombre, se font et se défont des candidatures et des listes pour les prochaines élections régionales en particulier, en dépit de toute logique et de tout respect des citoyens de ce département qui fut créé tardivement (il a fêté ses 200 ans en 2008) en rognant sur 3 autres de ses départements voisins. Est-ce cela qui lui confère une particularité immuable perpétuée par quelques individus qui détiennent un certain pouvoir ; aujourd’hui celle qui souhaite tailler des croupières au chef départemental en brigand la région tout en étant tête de liste dans le 31. A moins que comme l’affirment certains dissidents de droite qui se rassemblent dans l’U.P.M.P., il y ait connivence entre les deux B,  Baylet - Barèges. En effet, voilà t’y pas que la députée maire de Montauban a annoncé fin décembre que la tête de liste de l’UMP sur ce département serait l’élu radical de gauche, opposant à elle au conseil municipal, Th. Deville ; celui-ci piquant ainsi la place de la tête désignée précédemment, Valérie Rabassa, maire de Montech et conseillère régionale (ex UDF, ex MODEM, et depuis un an et demi, juste après les municipales, principale activiste auprès de B. Barèges).

Th. Deville était-il déçu que son chef au P.R.G. ait préféré choisir S. Pinel, sa protégée, déjà bien aidée précédemment pour gagner l’élection législative sur la 2ème circonscription ? Lui qui avait du se contenter d’une troisième place sur la liste de gauche aux municipales et malgré les propos dithyrambiques du rédacteur en chef de la Dépêche du 82 le qualifiant régulièrement de « principal orateur de l’opposition de gauche à B. Barèges ».  C’est Claude Mouchard le tête de liste, socialiste, qui devait apprécier …  Pensez-vous ! Vous vous trompez ! C’est afin de « vouloir s’inscrire dans une démarche cohérente, de modernité et de projet » que celui-ci rejoint l’UMP et plus précisément le Parti Radical Valoisien de Borloo.

Non point par déception, voyons ! Et qu’importe qu’il fût président du Cercle radical de gauche de Montauban encore 24 heures auparavant. Ce ne sont que des broutilles. Qu’importe qu’il ne démissionne pas du Conseil Municipal, il se met maintenant au service de Brigitte B. et de la « chose publique » et empoche au passage une place à l’intercommunalité toujours refusée pour un élu de gauche depuis 2001 par Mme le maire. Que n’allez-vous donc penser il s’agit pour lui « d’une évolution et non d’une révolution »…  Et puis il ne va pas cautionner une association entre les socialistes et le Front de gauche dont le Parti Communiste; parti avec lequel il a été associé, avec le P.S. et les Verts, pour être élu à la mairie, pourtant, il n’y a même pas deux ans. Quand a la future alliance entre Malvy et le N.P.A., non ! Serait-il le seul à ne pas savoir que le N.P.A. refuse toujours toute possibilité d’alliance avec les « sociaux libéraux »?    

Bah ! Celui qui en octobre 2003 s’était fait élire comme délégué des parents d’élèves au Conseil d’administration du collège de son enfant au nom d’une association classée à gauche (FCPE pour être clair) avec qui il dénonçait les graves restrictions budgétaires pour l’Education Nationale, votées déjà par la députée Barèges à l’époque, qui n’ont fait que s’aggraver depuis !!  Puis d’être candidat PRG cinq mois plus tard, sur un canton de Montauban, face à l’ancien député-maire socialiste Roland Garrigues qui l’importa très facilement au second tour contre un candidat de droite…  

Bien sûr, soyez rassuré, aucun calcul perso de sa part. Quant à rendre des comptes aux électeurs de gauche qui l’ont fait élire conseiller municipal, ça n’est pas un problème, ça n’est pas une trahison malgré la demande expresse de sa co-élue PRG, D. Salomon, qui parle aussi d’un manque d’éthique et de respect des valeurs du radicalisme. Il demeure élu  « société civile indépendante » : s’il vous plaît ne riez pas parce que Monsieur veut faire « bouger les lignes » dixit leur soutien N. Pompigne-Mognard et « sa démarche intellectuelle est parfaitement cohérente » selon V. Rabassa !  Dans l’art du « foutage de gueule et du peuple »  on atteint des sommets dans notre beau département. Ah ! J’oubliai, B.Barèges avait traité Th. Deville de « crétin » après les dernières municipales ; elle n’avait jamais présenté d’excuses malgré les réclamations de celui-ci.

                                                                                                Philippe Debaigt

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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 16:34

 

 

Je le dis d'emblée : je ne suis pas favorable à un vote, vote qui déterminerait si l'AMP soutient l'une ou l'autre des 2 "Alternatives" possibles pour les prochaines élections régionales, à savoir, le rassemblement autour d'Europe Ecologie ou celui initié par le Front de Gauche.

Un tel vote en notre sein signerait vraisemblablement la fin de l'AMP or nous sommes nombreux et nombreuses à ne pas souhaiter la disparition de notre association. Lors d'une précédente assemblée générale, j'avais déjà indiqué que si nous devions nous résoudre à voter, ce devrait être plutôt pour déterminer si une majorité souhaite vraiment ce vote.

Notre association qui est une organisation politique régionale ne peut être absente des débats pour les régionales des 14 et 21 mars 2010. Mais sous quelle forme ? Puisqu'il faut bien prendre position,  je suggère que nous soutenions les 2 listes.

En 2003, l'AMP s'est construite en voulant rassembler la gauche solidaire, écologiste et altermondialiste et elle s'était adressée aux formations de Gauche, de la LCR aux Verts. Si la LCR avait très rapidement décidé de ne pas se "compromettre" dans un tel rassemblement unitaire, le PCF et les Verts ont longtemps discuté leur participation. On connait la suite et seuls les Verts ont rejoints dans cette aventure de la liste alternative en Midi-Pyrénées, les Alternatifs, le Partit Occitan et les citoyens et citoyennes issu-e-s du monde associatif ou syndical et qui avaient fait ce choix de faire de la politique autrement.

Pour l'échéance de 2010, l'AMP ne peut plus raisonnablement être le moteur du rassemblement mais elle peut contribuer par un soutien actif aux 2 listes en présence à mettre en avant toutes nos valeurs communes. L'AMP pourrait éviter que lors de la campagne électorale les 2 listes ne se livrent une guerre fratricide en promouvant les points qui unissent plutôt que ceux de désaccord.  Elle pourrait aussi avoir un rôle utile pour le second tour, voire au delà....

Bien entendu, en prenant cette position, il n'est pas sûr que les 2 listes en présence acceptent notre soutien mais cela serait un vrai test pour l'AMP.

Il s'agit là d'une démarche un peu utopique, sans doute peu politique, mais qui permettrait de conserver notre lieu d'échange et tout ce qui va avec, comme notre journal Alters Echos ou les diverses implications de l'AMP dans les luttes sociales ou écologiques.

Nos statuts mettent en avant la recherche du consensus, le vote ne devant intervenir qu'en tout dernier recours. Il est temps de s'en rappeler afin de sauvegarder l'AMP.

Quant à cette quête de la difficile synthèse entre le Rouge et le Vert, je me plais à rappeler l'un des échanges qui avait eu lieu dans la grande salle du Sénéchal à Toulouse lors de la première réunion publique de ce qui allait devenir l'AMP. Lors de cet échange qui concernait la question épineuse du nucléaire, un membre du PCF indiquait "on sait bien qu'il faudra en sortir" alors qu'un adhérent des Verts avouait " on sait bien que ce n'est possible immédiatement". La discussion entre ces 2 militants devenait possible : l'espoir d'une liste commune alliant les luttes sociales et écologiques était né. Je ne l'ai pas oublié. L'AMP doit continuer à le porter.

 

                                                                                              Philippe Rabier

 

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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 15:14

 

Il n’y aura plus jamais de grand soir rouge. Il n’y aura pas non plus de grand soir vert. Le soleil ne sera jamais rouge sinon à son couchant. Il n’y aura jamais de soleil vert, et bien heureusement pour les cinéphiles.

Il y a juste une société dominée par un système depuis longtemps productiviste et libéral et d’état, à l’ouest comme à l’est, au nord et imposé au sud, système qui est aujourd’hui exsangue.

Il y a urgence à penser, réfléchir, imaginer, construire autrement.

Redéfinir un autre partage des richesses, une autre redistribution, impose de poser en amont ce que sera notre monde vivable.

Il est tout aussi ridicule de penser un capitalisme vert que de repeindre en vert un marxisme, même expurgé de ses expériences désastreuses.

Alors comment se débarrasser du capitalisme sans retomber dans l’illusion des grands soirs ? Cela n’est pas facile. Mais si récuser la droite est simple, la gauche est-elle pour autant exempte de relecture critique ?

L’enfermement dialectique d’un NPA dans une posture symboliquement facile, mais stérile et désespérante pour celles et ceux qu’il est censé défendre, fait de moins en moins illusion.

Les contorsions du PC paraissent pathétiques et de plus en plus vouées à un dernier tour de piste, avant l’extinction des feux.

Pareil à des cyclistes sur une piste vélodrome, PC et NPA entament un interminable « sur place » parce que le premier qui sera obligé de s’engager sur la piste, plutôt que de tomber, aura perdu. Les restes de l’autre gauche, sur les gradins attendent-ils le vainqueur du sur-place ?

Et pendant ce temps perdu, que se passe-t-il ? Le capitalisme, jamais défait, se refait une santé sur les marchés en bourse, sur celui du pétrole, des matières premières, des aliments essentiels (le riz par exemple), et sur les profits bancaires. Qu’importent l’augmentation des chômeurs dans le monde, et le nombre croissant de personnes en dessous du seuil de pauvreté. Les priorités de Copenhague se diluent dans le spectacle à venir des dirigeants du monde, alertés, conscients, apitoyés, convaincus, le temps d’une conférence.

Dès lors, la tentative de réunir partis, militants, associations divers et convaincus de l’urgence, à travers Europe-Ecologie, mérite-elle donc d’être pourfendue ainsi ? Qui, de fait, pose la question du système dans lequel nous vivons ? Il ne s’agit plus de redéfinir des clefs de répartition plus égalitaires dans un système subi mais bien de redéfinir un autre paradigme avec une autre définition des rapports Nord-Sud et de la résolution des « sud » acceptés dans le Nord. Où est donc la démarche la plus anticapitaliste ? Celle qui redéfinit le rapport de forces dans un système ou celle qui réclame une autre société ?

Avant de désespérer à nouveau d’une gauche de la gauche qui s’autodétruit de façon systématique, essayons ensemble de penser puis de peser pour cette autre société, cet autre monde.

Solidarité, Altermondialisme, Ecologie, … avez-vous lu ….ALTERS ECHOS…le journal de l’AMP ?

                                                                                                       François Simon.

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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 15:59


Début, aujourd'hui d'une série de prises de position sur les prochaines élections régionales


Les élections régionales seront un test à l'échelon national de la volonté de réunir dans une même alliance un arc qui lie le social et l'écologique .

En 2004 dans Midi Pyrénées, nous avions expérimenté une volont é politique qui privilégiait les convergences plutôt que les divergences dans une stratégie solidaire, écologiste et altermondialiste. Si le NPA et le PC avaient choisi pour des raisons différentes de ne pas participer à cet arc politique, plusieurs de leurs militants à titre personnel avaient fait ce choix. Inédit, à l'échelle française, l'impact de ces listes de l'Alternative en Midi Pyrénées rassemblant les Verts, les Alternatifs, le Partit Occitan, des militants issus du PS, du PC, des  Motivés, des quartiers populaires, du syndicalisme ouvrier et paysan, était indéniable. 8% des voix (100 000 électeurs), et aucun élu du fait de la volonté égémonique du PS de faire passer nos représentants sous les fourches caudines d'une proportionnelle à la sauce Malvy (8 % des voix = moins de 0,5 % d'élus) ainsi que d'une solidarité de gestion type ingestion de couleuvres au menu du jour .

Depuis 2004, la situation politique a considérablement évolué  : une nouvelle présidentielle perdue par le PS, une dispersion à gauche de la gauche accentuée par la création du parti de gauche, une écologie politique divisée entre les tenants d'un réalisme qui considère le MODEM comme un allié possible et les partisans d'une radicalité prônant son arrimage au refus du capitalisme.

Au sein de l'AMP, l'absence d'ancrage national a contribué au fil des mois a étiolé le nombre de militants mais aussi à permettre certaines aventures personnelles contradictoires avec notre volonté initiale.

Ce repli sur l'Aventin a paradoxalement permis à ceux là même qui étaient les plus ardents défenseurs de notre liberté de choix des alliances, de tranquillement se positionner sur des perspectives qui étaient aux antipodes notre volonté de 2004.

Car enfin, prendre prétexte du fait que la gauche radicale, du PC au NPA en passant par le parti de gauche et les Alternatifs, voire Lutte Ouvrière ou le POI, n'arrivait pas à  s'entendre pour rejoindre une nébuleuse pseudo écologique à qui on ne demandait aucun compte ni sur son programme vis à vis de la rupture avec le libéralisme (Cohn Bendit, Hulot et consorts) ni sur sa statégie de paradigme  écologique  au bout duquel la seule issue était le ralliement ou le reniement, est un peu fort de café.

Jean Michel CLAVEL dans une lettre récente nous a, avec beaucoup de courage, démontré la réalité de cette analyse.

L'assemblée générale du 6 novembre 2009 à Toulouse a mis en lumière le doute profond au sein de l'AMP, sur la statégie à suivre. Parce que, petit à petit nous sommes devenus spectateurs plutôt qu'acteurs. Et si nous avons collectivement regretté le peu d'écho rencontré par notre demande de juin 2009 auprès des groupes politiques de l'arc rouge et vert, c'est bien parce que nous avons intériorisé la division de cet arc sans chercher à la modifier. Il est possible aujourd'hui encore d'interpeller les forces qui peuvent concrétiser cette alliance du social et de l'écologie, mais il faut aussi décider in fine dans quel camp notre volonté politique doit nous positionner dans le panorama qui se prépare pour les régionales.

Aller avec un PS plus préoccupé d'accompagnement que de rupture gestionnaire, se blottir dans un conglomérat où comme le disait une participante à l'AG du 6/11/09, la rupture avec le capitalisme n'est même pas en discussion, ou bien agir dans une gauche de gauche où les éléments sincères comme l'AMP peuvent contraindre les appareils à céder le pas à l'attente populaire. Voilà l'enjeu !

Dans la région Midi Pyrénées comme ailleurs, c'est sur un emploi durable, sur des transports collectifs performants, sur une solidarité qui élimine la précarité, sur une sauvegarde de territoires non pollués avec une agriculture anti productiviste et sur la transposition des pratiques féministes et autogestionnaires en politique que veulent se prononcer nos concitoyens.

Au sein des Alternatifs, au sein de l'AMP, au sein de la gauche rouge et verte, c'est pour ce projet que je milite. Sauf à perdre son âme, l'AMP ne peut faire un autre choix et l'adhésion à la Fédération de l'Alternative sociale et écologique serait un pas dans la bonne direction dès le 4 décembre 2009.


Jean Manuel Fullana (Gers)

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 16:35


Retour sur l'histoire des régionales en Midi-Pyrénées. Par Jean-Paul Damaggio.


Bientôt, quelques points de vue sur l'élection à venir.

 

En 1981, à l’heure d’une gauche enthousiaste, elle décida, oh miracle !, qu’en 1986 il y aurait deux élections à la proportionnelle sur listes départementales : les législatives et les régionales. Pour les régionales le miracle était double puisqu’en plus de la proportionnelle, tout le corps électoral allait être concerné. D’un Conseil régional choisi par les Conseillers généraux, en trente ans on va passer à un Conseil général soumis au Conseiller régional. Et cette histoire vaut d’être résumée car elle nous rappelle que politiquement, comment la France a changé (1). Et Midi-Pyrénées a été un fameux laboratoire.

Avant 1986, la Région était gérée par Alex Raymond socialiste inévitable dans une région où presque tous les Conseils généraux étaient tendrement à gauche. Après les premières régionales au suffrage universel direct avec proportionnelle, la Région sera dirigée tendrement au centre, par celui qui d’abord s’imposa à Toulouse, Dominique Baudis, et qui imprima sa marque ensuite à tout l’environnement, démontrant l’écart gigantesque entre la représentation du peuple ancienne version (notables incrustés d’hier) et celle nouvelle version (notables médiatiques de demain). Ajoutons simplement que 1986 constituera la première apparition d’élus FN dans notre région (après les élus FN à l’Europe).

En 1992, le temps avait passé, et la Mitterrandie finissante, ayant réussi à liquider le poids électoral du PCF, a décidé d’inventer deux remplaçants en installant au gouvernement Brice Lalonde (qui fabriqua l’éphémère Génération écologie alors que la question écolo était durable) et Bernard Tapie (qui voulait prendre Marseille). Ceci ne changea pas la donne fondamentale : la gauche a été battue, annonçant ainsi la bérézina de 1993. Génération écologie n’a pas empêché la très forte poussée verte : même le Tarn-et-Garonne découvrit son Conseiller régional vert… mais avec, autre surprise plus phénoménale, un Conseiller régional « chasseur ». Pour la direction de la région, Marc Censi sut parfaitement continuer la tradition Baudis.

Le coup de tonnerre de 1998 va rendre l’élection régionale cruciale dans le système politique français alors que l’élection européenne en sera la farce permanente (en 1994 l’écrasante victoire de Tapie aux européennes en est le plus bel exemple). Si 1992 annonçait une cohabitation entre un président de gauche et un gouvernement de droite, en 1998 nous sommes dans la figure inverse, mais la gauche de Jospin n’est plus l’enthousiaste de 1981, mais la gestionnaire qui éliminera le vote à la proportionnelle pour les régionales. Avec ce mode d’élection, le FN est devenu dans plusieurs régions maître de l’élection du président. En Midi-Pyrénées Marc Censi est élu avec les voix du FN mais, contrairement à d’autres, dans son cas, il refuse en démissionnant aussitôt pour tenter de créer une nouvelle majorité stable autour de lui, et sans le FN. Il échoue et après de longues tractations dont je vous passe les détails, c’est Martin Malvy qui ramène notre région dans le giron du PS. Les Verts de 1992 qui étaient ni de droite ni de gauche ont été remplacés en 1998 par des Verts membres du gouvernement de gauche et purent vérifier que même après l’élimination de G.E., ils perdaient en influence. La Gauche plurielle avait réussi à imposer dans bien des endroits l’union au premier tour avec le PCF et les Verts, nouvelle politique d’alliance qui conduira encore plus à la marginalisation du PCF et en partie à celle des Verts. D’où l’apparition de deux élus LCR ! Mais bref, pour les autorités, il était temps de changer le mode de scrutin afin d’éliminer les « petits », et de garantir des majorités solides.

En conséquence, 2004 expérimente un mode de scrutin nouveau (modifié par le PS puis après 2002 par la droite) copié globalement sur celui des municipales inventé par la gauche de 1981, et qui depuis n’avait jamais été contesté par personne, avec pour base une circonscription régionale et un deuxième tour. Ce mode de scrutin joua le rôle prévu par le PS : la victoire la plus phénoménale du PS majoritaire dans toutes les régions sauf une, alors qu’en 2002, à la présidentielle, il n’avait pas pu passer la barre du premier tour ! En Midi-Pyrénées, terre d’expérience depuis les municipales de Toulouse avec l’apparition des Motivé-e-s, la liste de l’Alternative en Midi-Pyrénées bouscule les arrangements classiques d’appareils politiques qui, pour ceux de gauche, lui feront payer son audace en refusant tout accord au second tour. Les Verts se trouveront ainsi totalement éliminés du Conseil régional. Martin Malvy, ancien journaliste à La Dépêche (son parcours politique national est beaucoup plus imposant que cette fonction), continue par conséquent d’occuper sa fonction de président.

C’est ainsi que paisiblement nous arrivons au dernier tournant de cette histoire plus rocambolesque que mes modestes dires. En 2010 les Conseillers régionaux seront seulement élus pour quatre ans et non six, car en 2014 l’élection va en principe s’adapter à la réforme sarkozyste des collectivités territoriales. J’ai négligé d’indiquer que depuis 1998 les élections régionales sont couplées avec les élections cantonales, pour la moitié des cantons concernés. En 2014 c’est l’ensemble des « élections cantonales » qui vont passer à l’ombre des élections régionales. Ce qui va éliminer totalement les notables incrustés d’hier et réussir enfin à rendre le Sénat plus adapté aux notables politiques d’aujourd’hui champions en coup d’état médiatiques. Je ne vais pas pleurer la mort des élections cantonales mais je ne vais pas chanter la mutation qui en découle ! La vie du Conseil régional depuis 1986 n’a jamais été une avancée démocratique et les futures listes qui vont regrouper l’élection au conseil général et l’élection au conseil régional, vont contribuer à éliminer toutes les anomalies politiques locales qui sortent des cadres nationaux établis par l’UMPS. Un appauvrissement de la vie politique va s’en suivre qui va augmenter le désintérêt de populations placées de plus en plus entre les mains de médias armés de conseillers en communication. Le chiffre de participation est passé en Midi-Pyrénées de 79% en 1986 à 62% en 2004 (si on prend les villes, la baisse est plus forte encore).

Le marketing politique va, plus encore, faire de nous des consommateurs électoraux ou pas. L’heure n’est plus à la tendre complicité avec un système qui appelle la seule réaction saine : la rébellion.

                                                             7-11-2009 Jean-Paul Damaggio

 

(1) Le 15 décembre je publie un livre d’information sur la question (et non pas un livre d’opinion) qui sera débattu à Montauban autour de cette date.

 

P.S. : Cet article est ma dernière contribution à ce journal que, depuis le début, Philippe Samson porte à bout de bras avec talent.

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 18:44


Dès 9 heures du matin, d’abord quelques dizaines de personnes se regroupent sur l’avenue du bord de mer à Amatea, Calabre, Italie, en ce samedi 24 octobre plutôt pluvieux. A l’appel de multiples organisations (200), une manifestation nationale est organisée au pied de ce beau village, où sur le sommet de la colline proche une tour sarrazine du vieux centre historique fait toujours le gué. Pourquoi dès 10h, sont-ils des milliers venus en bus de toute la région ? Les réalistes disent plutôt 20 000, quand d’autres vont jusqu’au chiffre de 35 000. Dans un petit village pour un trajet d’un kilomètre et demi allant du bord de mer à la place centrale!

Les bateaux voyous                                                                          

Tout a commencé à la mi-septembre quand un repenti a avoué avoir coulé dans la mer un bateau contenant des déchets toxiques jusqu’à être éventuellement radioactifs. Un paradoxe pour l’Italie où les écologistes, voici des années ont obtenu par référendum l’arrêt des centrales nucléaires afin de ne pas en supporter les effets dont celui des déchets ! Un repenti c’est un membre de la mafia qui décide de parler en échange de quelques allègements de peine. En Calabre l’économie souterraine occupe toujours une place importante, et les révélations n’ont surpris qu’à moitié. Pour le moment les vérifications indiquent bien que le bateau et son chargement immonde dorment dans la mer par 480 mètres de fond. Sauf que le drame ne s’arrête pas là : d’autres affaires refont « surface » qui indiquent que ce bateau est l’un d’une liste qui en contient d’autres (Cunsky, Rigel, Rosso, Michigan).

Quelques kilomètres au-dessus de Amantea, à Praia a Mare, les inquiétudes montent d’un cran tous les jours. Dans une fabrique de textile (Marlane) on découvre même des victimes masculines du cancer du sein. Avec la pollution de la mer, celle des rivières, comme le fiume Oliva, tout l’environnement est touché : jusqu’à une construction de digue à Galatro Terme qui aurait servi à se débarrasser des déchets encombrants !

L’Etat se propose de tout vérifier, les enquêteurs de tout enquêter et les manifestants d’aujourd’hui à Amatea avertissent qu’il ne s’agit pas seulement du rendez-vous d’un jour. EXASPERE. En Calabre où la peur règne le plus souvent, cette manifestation, par son ampleur, est le signe d’une révolte profonde, longtemps contenue mais qui déborde à présent. Une révolte d’EXASPERES. Comment, ici à Amatea, et dans les villes environnantes aussi, a-t-on pu fabriquer une des pires poubelles connues de la Méditerranée?

Natale de Grazie

Un nom revient dans la mémoire des habitants, celui d’un jeune capitaine de corvette du port de Reggio Calabria mort étrangement… en 1995 après des années d’enquête sur le cas du Jolly Rosso ! Aujourd’hui, l’avenue du front de mer prend son nom et vous ne m’en voudrez pas si c’est le premier nom que vous lisez dans cet article. Les noms des voyous sont souvent à la Une des journaux (y compris pour les dénoncer) mais pas les noms des lutteurs populaires, même quand leur lutte leur coûte la vie. Vous le constatez l’histoire remonte à longtemps, mais parfois la mémoire ne craint pas les jours qui passent ! En décembre 1990 un bateau louche, la Jolly Rosso (nom aussi louche que la cargaison car l’armateur le trafiqua), s’est enlisé dans les sables à Amatea. Des bidons ont commencé à faire parler d’eux et un groupe d’écolos s’est constitué. En 2004 la lutte a repris pour dénoncer une présence étrange de mercure, de dioxine dans le secteur. Une première manifestation considérable eut lieu en décembre 2004. Très vite la justice a enterré l’affaire et la lutte s’est essoufflée. Mais des personnes qui n’avaient rien dit à l’époque, n’imaginant pas un instant qu’il puisse exister un trafic d’ordures toxiques, s’interrogent à présent dans le nouveau contexte. Une femme a décidé de témoigner à visage découvert, Teresa Bruno (sur le site du journal l’Expresso), d’autres confirment ses dires sur des bidons trop rapidement enterrés dont on lui expliqua à l’époque qu’il s'agissait de goudron pour les routes.

Un des moments les plus émouvants de la manifestation se produit quand la veuve de Natale de Grazie dévoile la plaque en l’honneur de son mari. Il pleut trop pour savoir si elle en pleure. Elle réussira à dire quelques mots : « Vous avez donné un sens au sacrifice de mon mari et cette plaque vaut plus qu’une médaille d’or parce que c’est une reconnaissance qui vient du peuple. Je me souviens qu’en 1991-1992, il a insisté pour revenir en Calabre, afin de faire quelque chose pour sa terre.»

Des enquêtes en tout sens

Des juges, une commission parlementaire, des organisations sociales, une série d’enquêtes sont en cours relayées surtout par deux journaux Il Manifesto et L’Unita. Un bateau Mare Oceano doit repêcher des déchets pour les analyser. Alfonso Lorelli, avocat devenu prof, un des principaux organisateurs de la manif d’Amatea prévient : « il ne peut s’agir de mesurer seulement les effets (la multiplication des cancers) mais de repêcher toutes les ordures envoyées au fond de la mer pour en savoir la nature précise ». La question ne concerne pas seulement la Calabre mais la défense globale du bien commun de notre société, la mer. Faut-il se résigner à une Méditerranéenne poubelle de la planète ? Le coût connu du retraitement des déchets radioactifs est-il, seulement dans ce cas, réduit à rien par des opérations mafieuses ?

D’autres intervenants diront quelques mots mais ce qui frappe les esprits devant cette immense manif c’est la créativité des participants à travers les mots d’ordre sur les banderoles, ou la création de beaux bateaux en carton qui souffraient sous la pluie.

Des révoltés décidés

Le Comité civique Natale De Grazie qui regroupe aussi bien des syndicalistes que des écologistes, a surtout réussi à être une organisation populaire capable de transformer l’indignation des pêcheurs, des agriculteurs et des habitants en mouvement de solidarité générale ancré dans l’histoire locale. La manifestation minutieusement préparée fait chaud au cœur de tous ceux qui jusqu’à présent luttaient dans l’ombre. La parole semble libérée et les opérations de colmatage que le pouvoir veut organiser autour de l’affaire vont échouer. Y compris l’éventuelle tentative de récupération politique de l’opposition ! Un seul homme politique italien de premier plan était dans le cortège : Antonio Di Pietro. Ils comptent cependant sur le Commissaire à l’environnement de l’Union européenne qui a envoyé une lettre sans réponse au président du conseil italien, dont j’ai oublié le nom. Ce commissaire peut mesurer un risque global sans craindre d’en être porté responsable. Car toute la question de la manifestation c’est de pouvoir mettre à jour les responsables !

Des responsables à l’abri ?

Tous les responsables maritimes ne cessent de le répéter, un bateau ne peut pas disparaître facilement et c’est pour ça qu’ils doutaient jusqu’à présent des accusations portées par des écolos. Mais les révélations du repenti et la découverte d’un bateau, laissent craindre que les responsabilités soient telles que l’événement ait pu se répéter plusieurs fois ! Un premier lien entre tous les bateaux disparus apparaît : ils sont partis du port de Massa Carrare. Traquer les responsables, ce n’est pas seulement pour éviter que ça recommence, mais c’est pour mettre à jour ce fameux fonctionnement souterrain d’une part de l’économie italienne et mondiale dont je crains que les effets soient pires que les émanations de CO2.

La manif se termine

Sur le parcours de la manif tous ces points et bien d’autres ont été débattus puis pour conclure la journée en beauté quoi de mieux que quelques belles canzone ? Demain à Cetraro et ailleurs les pêcheurs, les agriculteurs, les hôteliers, en plus des problèmes de santé vont affronter de graves problèmes économiques. J’imagine à présent qu’un tel moment de vie fasse une minute au journal télévisé… mais alors nous serions en révolution ! (après vérification sauf RAItre qui a fait une émission visible sur internet, les autres chaînes n’eurent pas un mot pour ce problème).


                                                        25-10-2009 Jean-Paul Damaggio

 

P.S. : Ceci est un des sept témoignages que je ramène de l’Italie qui lutte. Les autres se trouveront d’ici  une semaine, sur le site de la maison d’édition que j’anime : les Editions la Brochure. http://la-brochure.over-blog.com

 

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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 09:30

Toujours dans le numéro consacré aux "Révolutions silencieuses", vous avez lu en page VII le texte d'Alain Marcom sur l'éco construction. Ne manquez pas celui qui suit, plus développé. En effet, "on ne croit pas ce que l'on sait...

 

 

Un monde bouffi au bord de la rupture


En 1972 paraissait le rapport Meadows du MIT pour le Club de Rome publié en France sous le titre « halte à la croissance ». Il concluait en tirant sur le signal d'alarme: notre espace terrestre est limité, l'épuisement des ressources et la production de déchets par les activités humaines, menacent une organisation durable des sociétés sur la planète. Il démontrait par les modèles mathématiques mis à contribution pour cette étude, que, quel que soit le scénario envisagé,  nous allions à un effondrement de la civilisation industrielle avant la fin du 21 ème siècle.....


En 1973, puis en 1979,  eurent lieu deux chocs pétroliers. L'origine de ces deux périodes de tensions sur les prix du pétrole n'était pas environnementale mais politique: l'un était du à la guerre entre Israël et ses voisins et l'autre à l'arrivée d'un pouvoir islamique en Iran. et il y a eu sans doute un peu confusion entre les dimensions politiques et écologiques de ces faits historiques, mais leur inscription dans le réel fut déterminant.


Ces trois événements ont été les détonateurs de l'éveil d'une conscience écologique. C'était il y a presque quarante ans !


Pendant les années soixante-dix et quatre vingt, de nombreuses équipes de militants se sont penchées sur la question de l'énergie, maintenant vivant l'écho des deux chocs pétroliers dans les mémoires. Dans les années quatre-vingt dix, le triomphe de la dérégulation, des Yuppies, du productivisme, du bas prix de l'énergie, du discours sur l'économie libérale, et toute cette sorte de chose, rejeta toute référence à l'écologie dans la liste des objets de sarcasme. «Ecolo!» était devenu une presqu'insulte.


Pourtant, quelques chevelus, dont soi dit en passant certains étaient déjà chauves, ont continué à essayer de faire le point et de trouver une issue. Car pour ceux-là, le rapport pour le club de Rome n'était pas passé à la trappe. Les ressources continuaient à s'épuiser et les déchets persistaient à s'amonceler. A ces deux soucis est venu peu à peu s'ajouter le constat de l'échec des politiques développementistes élaborées dans les pays industrialisés pour le tiers monde. Ni la faim, ni la maladie, ni les inégalités ne diminuaient malgré les discours et les projets officiels, bien au contraire, ces fléaux s'aggravaient. En somme une dimension sociale mondiale s'est inscrite également dans le paysage stratégique des préoccupations écologiques.


La situation actuelle en passe une couche supplémentaire avec la collision “crise écologique-crise économique”. Chacun-e aura noté la hausse parrallèle et continue des cours du pétrole et des céréales durant l'année 2008. Ainsi sous nos yeux, ,pour des raisons  à la fois politiques, économiques, et environnementales, les pauvres du Sud de la planète meurent alors que les riches continuent sereinement à faire le plein et à manger bio dans les grandes surfaces climatisées du Nord...!  Même s'il existe encore des souteneurs de la croissance économique à tous crins, il est plutôt clairement démontré qu'il n'est plus possible de penser l'avenir sans changer au fond l'organisation technique, économique et sociale de ce monde au plus tôt et si possible, dès maintenant. Chacun doit changer dans son mode de vie, dans son métier, dans sa culture, et cette assertion est même impérieusement valable pour les décideurs politiques et les décideurs économiques qui doivent changer le regard qu'ils ont sur nous, la “société civile”.


L'année 2009 verra peut-être une nouvelle étape de la restructuration du capitalisme, mais on ne voit toujours pas le moindre signe de sa part de prise en compte de ce qui est désormais une évidence, les problèmes écologiques. Cette indifférence choque d'autant plus que le sommet de décembre sur le climat  à Copenhague s'annonce plus sombre que jamais....Il est devenu criant qu'il ne s'agit plus de trouver une énième technique miracle salvatrice, mais bien plutôt de s'organiser pour répartir les efforts à faire en vue d'arrêter l'emballement des crises.  Il est donc clair que nous ne sommes pas face à  un problème technique mais à un problème politique.


Dans le bâtiment, de plantureuses marges de progression....


 Le bâtiment, comme le transport, l'agriculture, l'industrie ou toutes les autres activités humaines, doit participer à la résolution du problème mondial, et pour cela ne pas épuiser les ressources, ne pas produire de déchets, tenter de réduire les tensions sociales mondiales et ceci durant les  trois phases du cycle de vie d'un bâtiment, c'est à dire: construction, usage, et fin de vie.


En France, en ce début de 21 ème siécle, la construction du logement comme du tertiaire consomme en énergie un équivalent baril de pétrole par mètre carré, soit pour un logement de 100 m2, une quinzaine de tonnes d'équivalent pétrole. Chaque 10 ans,  en moyenne ce même mètre carré consomme de nouveau un équivalent baril de pétrole en chauffage et refroidissement. Les routes et réseaux nécessaires aux divers raccordements de ce logement ou de ce bureau consomment lors de leur construction la moitié d'un  baril par mètre carré. De nos jours, en France, chacun-e de nous est titulaire d'environ 450 m2 de surface construite en logements, bâtiments publics ou professionnels, et réseaux. Si tout avait été construit selon les techniques actuelles, l'équivalent de la production mondiale d'une année de pétrole y serait passée!


A l'usage, les déperditions thermiques de ces bâtiments, sont très importantes parce que ces bâtiments ne sont pas construits avec une culture de l'éfficacité énergétique. Il faut donc consommer de l'énergie pour faire du chaud l'hiver et du frais l'été.


En fin de vie, au moment de la déconstruction, le bâtiment et les travaux publics générent 300 millions de tonnes de déchets, dont les deux tiers sont recyclés. Restent environ 100  millions de tonnes de déchets, soit une tonne et demi par français-e, quatre fois le volume des ordures ménagères, qui finissent en décharge. Les trois quarts de ce volume sont de la terre et de la pierre, matériaux de construction utilisés universellement pour bâtir, tombés en désuétude économique depuis l'industrialisation. Dans le même temps chaque année les gravières françaises extraient 100 millions de tonnes de sables et graviers et les cimenteries cuisent 23 millions de tonnes de ciment...Quant aux 25 millions de tonnes de déchets de matériaux, composés de briques, mortier, parpaings béton, plaques de plâtre, polystyrène, laines minérales, enduits, peintures, tout mélangé, parfois même avec les installations électriques ou sanitaires, les filières de réemploi qui existaient dans les années cinquante ou soixante, désormais inexistantes, ne sont pas en mesure de les remettre sur le marché, et pour cause: il faudrait pour cela que les déconstructions soient d'abord des démontages plutôt que des effondrements ou des démolitions. Et nous en sommes très loin.


Chacun-e aura compris que, convcernant le secteur du bâtiment en France, le niveau de prédation de ressources autant que le niveau de production de déchets est insupportable pour la planète. Mais par dessus tout, du point de vue de l'équité entre tous les humains, notre mode de vie est insoutenable !



Un morceau de solution...


On nous promène depuis des décennies avec des discours parfumés de “progrès”, qui ne visent en fait qu'à nous faire consommer encore plus de “nouvelles technologies”. Et le Grenelle de l'environnement qui avait sous l'impulsion des associations abordé de nombreux sujets, continue sur la même voie en promouvant des actions marchandes, un peu comme si au moment du naufrage du Titanic, on nous suggérait d'acheter avec un crédit très intéressant un bon canot de sauvetage, canot fabriqué par les mêmes qui ont fait le Titanic, le tout dans une atmosphère de crise financière due justement à la surdiffusion des crédits intéressants. On ne voit pas très bien pourquoi ceux qui nous ont mené là auraient soudain l'illumination de leur erreur et voudraient nous sauver. La carotte bio de la solution techno est bourrée de pesticides.


Il faut regarder plutôt du côté de ce qui s'est fait depuis dix mille ans et renouer avec notre histoire de la construction. Depuis plus de cent siècles les humains construisent en terre, pierre, bois, paille et autres végétaux. Il n'y a guère plus d'un siècle qu'on a arrêté de le faire dans les pays industrialisés. Pourtant subsiste en France entre deux et trois millions d'habitations érigées selon ces techniques. Ce sont même ces constructions qu'on utilise en général sur les dépliants touristiques pour inciter les étrangers à visiter notre pays. Qu'il s'agisse de monuments ou de modestes maisons paysannes, ces constructions réunissent souvent des qualités esthétiques reconnues. Une chose est, de plus, indéniable, vu ce quelles ont enduré, elles sont durables !


L'écoconstruction comme commencement de l'ouverture d'un passage vers une société plus repsectueuse de l'environnement et des autres.

 

Quelques productions agricoles peuvent jouer un rôle dans la stratégie écologique de l'écoconstruction : les fibres genre paille, chanvre, foin, lin, roseaux, laines animales sont mélangeables à des mixtures de terre, plâtre ou chaux pour fournir des éléments porteurs, des isolants ou des finitions d’habitat. Les mêmes mixtures peuvent agglomérer des fibres plus courtes genre broyats de bois, copeaux, rafles de maïs, ou paille hachée. Le bois, y compris les bambous, n’a plus à démontrer son efficacité constructive, les bottes de pailles cubiques font de bonnes briques isolantes, pour ne citer que quelques pistes déjà en voie de redécouverte. Mais rien n’interdit de gamberger sur l’utilisation des feuilles de maïs, des rafles de raisins, des pommes de pin, des coquilles de noix, des noyaux d’olives après pressage, des ronces, des sarments de vigne, de la moelle de tournesol et sans doute bien d’autres co-produits du travail en agriculture dont les bâtisseurs ignorent l’existence.


Pour donner une idée des enjeux en cas d'isolation de tous les logements construits annuellement, par exemple, si l'on compare la paille à la laine de verre et au polystyrène extrudé, pour une efficacité isolante semblable (R=6,7) selon les critères de l'énergie incorporée exprimée en milliers de tonnes d'équivalent pétrole et l'émission de gaz à effet de serre exprimée milliers de tonnes d'équivalent de CO2, on a les résultats suivants:

 

 

 

D'où il ressort que généraliser la paille pour isoler les logements en France économise au moins deux cent quarante et une mille tonne de pétrole et fixe presque six millions de tonnes de CO2. 


Quand le problème, c'est l'épuisement des ressources et la production de déchets dans un contexte de changement climatique non souhaitable, on voit que la paille sait être du côté de la solution. Pour celles et ceux qui seraient inquiets sur la quantité de paille disponible, il est possible de les rassurer en leur disant que l'isolation de tous les logements neufs chaque année utiliserait moins de 10% de la production.


Le bois a longtemps constitué le premier matériau de construction de structure de par sa facilité d'emploi. Il reste un excellent matériau, utilisable sans traitement pour beaucoup d'essences et beaucoup d'usages, et il reste une solide culture de sa mise en oeuvre. Il peut être aussi utilisé en matériau massif par la technique de la fuste.


La terre crue  est elle aussi un matériau très disponible. C'est le résidu de l'usure des roches primitives par l'action conjointe des glaciers et de la végétation. Dans de très nombreux endroits, partout où la terre compose le bâti ancien, elle est un matériau pertinent encore employable. Le torchis, le pisé, l'adobe, la bauge sont quatre techniques bien représentées en France. Il doit exister sans doute dans chaque région française des maisons de terre vieilles de cinq siècles au moins. On trouve dans le sud ouest des fortifications en bauge et en pisé qui ont un millénaire d'âge.

On peut noter que dans les pays de pierres, c'est, jusqu'au 19 ème siécle au moins, la terre qui constitue le mortier de pose. Les savoir ne sont donc pas loin, un renouveau de la construction en terre est en train d'émerger. Mais l'université des évidences du bâti ancien n'est pas encore assez fréquentée par les professionnels, et cette défection est autant due à la réglementation formatée par les industriels, qu'à l'absence de formation en direction des professionnels. Il suffirait pourtant de regarder dans les villages et les campagnes, les maisons anciennes et de croire ce que l'on voit.

 

 

 

 

Moindre consommateur d'énergie à la mise en oeuvre, frein au changement climatique, fournissant plus de surface construite, beaucoup plus facilement recyclable en fin de vie, et plus redistributeur de revenus du travail, les murs en  terre-paille sont un matériau beucoup plus écologique que la maçonnerie conventionnelle industrielle.


Si ces matériaux premiers offrent de si bonnes performances écologiques, c'est qu'ils ne sont pas transformés. Quand ils le sont, leurs performances baissent. Broyer, cuire, transporter sur des centaines ou des milliers de km des matériaux coûtent énormément d'énergie et libère beaucoup de CO2.

Mettre en oeuvre de nouveau des matériaux premiers, sur place ou presque, avec des techniques éprouvées, efficaces, peu industrialisées et bien connues des professionnels est la meilleure voie pour nous désincarcérer de la culture marchande dominante du bâtiment.


Au tournant du millénaire occidental, nous nous trouvons donc confrontés à des choix cruciaux: le bâtiment, l’alimentation, le transport et la coexistence avec les autres humains de la planète nous amènent férocement à nous pencher sur nos comportements récents. Pouvons-nous continuer à scier la branche sur laquelle nous sommes assis et en dessous de laquelle une grande partie de l’humanité tente de survivre ?

                                      

                                                                           Alain Marcom

www.terrecooperative.org

www.areso.asso.fr

www.reseau-ecobatir.asso.fr

 

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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 18:00


En page IV du numéro 16 consacré aux "Révolutions silencieuses", Emile Guiral nous expose les nouvelles mesures d’accompagnement à l’installation agricole.


Ci-dessous, vous trouverez des éléments complémentaires dans son texte plus développé.

 

 

Dans un monde en pleine mutation, technologique mais aussi sociale, l’agriculture, comme tous les autres secteurs économiques, doit s’adapter à ces évolutions afin de répondre au mieux aux attentes des habitants de chaque territoire. Ces attentes ne sont plus d’ordre essentiellement quantitatif, comme dans l’après-guerre, mais revêtent un caractère plus qualitatif lié aux préoccupations de la société du XXIe siècle : qualité sanitaire et nutritive, respect de l’environnement, transparence et équité, relations sociales entre producteurs et consommateurs

A ces nouvelles attentes, viennent s’ajouter d’autres facteurs déterminants pour l’avenir de l’agriculture, dont le vieillissement de la population agricole active, en particulier, et son difficile renouvellement. En effet, aujourd’hui, la politique d’aide à l’installation agricole ne parvient plus à enrayer la chute du nombre d’exploitations : on compte une installation pour deux départs.

Parallèlement, on observe une mutation du profil et des projets des candidats à l’installation. Les différentes études confirment l’importance des installations « hors cadre familial » et leur rôle dans le renouvellement des générations agricoles. Ces « hors cadre » ont majoritairement des projets d’installation sur de petites fermes, le plus souvent en maraîchage biologique avec un circuit de commercialisation basé sur les circuits courts. Plusieurs facteurs favorisent ce type de projets :

-          une demande de la part de la société d’une agriculture respectueuse de l’environnement, durable et offrant des produits de qualité ;

-          un segment de marché de proximité des produits alimentaires de base en pleine expansion, et notamment dans les zones périurbaines ;

-          des besoins en moyens de production bien moins élevés pour des petites fermes en maraîchage que pour des exploitations plus importantes en polyculture élevage (surfaces, équipements, bâtiments) ;

-          la présence d’associations et d’organismes présents sur le territoire qui portent les valeurs liées à ces installations et à ces transmissions ;

-          une remise en cause du système agricole intensif, de part son impact sur l’environnement et sa forte consommation énergétique.

 

Mais ces nouveaux candidats à l’installation agricole, qui n’ont pu bénéficier de la transmission, ni du foncier ni du savoir faire de leurs ascendants, sont confrontés à de nombreuses difficultés :

-          un accès au foncier difficile du fait d’une pression foncière, alimentée par la concurrence avec d’autres usages non agricoles ;

-          un accès au logement difficile lorsque les cédants gardent les bâtiments d’habitation ou spéculent sur ces biens ; phénomène exacerbé par un bas niveau des retraites agricoles qui pousse les cédants à valoriser au mieux leur capital au détriment d’une pérennisation de l’outil de production à travers une installation ;

-          en plus d’une formation théorique indispensable, ils doivent très souvent passer par un long apprentissage afin d’acquérir les fondamentaux non transmis par la culture familiale ;

-          un manque de références techniques et économiques pour juger de la faisabilité de certains projets et donc une difficulté à justifier la viabilité de leur projet auprès des financeurs et des organismes d’aide à l’installation ;

-          une représentation négative de certains projets jugés marginaux de la part du monde agricole en général, qui est particulièrement handicapante dans le contact avec les cédants ;

-          une vision fataliste de certains cédants qui pensent que leur exploitation n’est pas transmissible et ont du mal à envisager une modification du système de production de l’exploitation.

 

De nouvelles mesures d’accompagnement à l’installation agricole essayent de prendre en compte ces nouveaux porteurs de projet à travers : le PII (1) et le PPP (2)  mis en place en 2008-2009 qui concernent aussi les « hors cadre », les aides régionales à l’installation progressive, les aides dans certains départements pour les plus de 40 ans. Les différents OPA (3) (ADASEA (4), ADEAR (5), centres de formation agricole…) se mobilisent pour répondre au mieux à ces nouveaux candidats ; le travail de l’association « Terres de Lien » pour réunir des fonds, acquérir du terrain et le mettre à disposition de ces candidats, participe fortement à développer de nouveaux projet agricoles. Malgré tout, les difficultés demeurent et font que de nombreux projets peinent à se concrétiser et découragent parfois les candidats à l’installation, alors que paradoxalement : on assiste à une demande croissante et durable non satisfaite, de produits alimentaires de qualité et de proximité ; et que des espaces agricoles se libèrent sans réelle perspective de repreneur.

 

Face à cette inadéquation qui impacte de plus en plus fortement différents territoires ruraux mais aussi périurbains, certains élus et acteurs du développement local se mobilisent pour inscrire l’agriculture dans une nouvelle dynamique territoriale :

-          en constituant des groupes de travail et de réflexion autour de cette problématique ;

-          en créant des outils de professionnalisation adaptés à ces nouveaux porteurs de projet ;

-          en mettant en place une gestion concertée des espaces dédiés à l’agriculture, afin de faciliter l’accès au foncier ;

-          en facilitant l’accès au logement pour les porteurs de projet ;

-          en participant à, ou du moins en facilitant, l’organisation et la structuration de la filière en amont (mise en place de la production) et en aval (distribution : AMAP (6), marchés de plein vent, restauration collective…)

Une réponse particulièrement adaptée à cette problématique commence à voir le jour sur de nombreux territoires avec des projets de création d’espaces test agricoles fonctionnant sur le principe des couveuses d’activité permettant aux personnes ayant un projet d’installation en maraîchage de tester en grandeur réelle leur capacité à produire et à vendre, dans le cadre protégé d’une sorte de « ferme école », appelée « espace test », les hébergeant sous statut d’entrepreneur – salarié ou sous Contrat d’Accompagnement au Projet d’Entreprise (CAPE).

Ce principe de couveuse ou coopérative d’activité, qui fonctionne depuis plus de dix ans hors secteur agricole et a fait la preuve de son utilité, demande à être adapté de manière expérimentale aux spécificités de l’agriculture :

-          avec deux possibilités d’utilisation du foncier, la première « in situ » sur un espace test dont le terrain est, la plupart du temps, mis à disposition par une collectivité, et la seconde « ex situ » sur des terrains appartenant aux futurs agriculteurs, « mis à disposition » de la couveuse pendant la durée de leur hébergement,

-          en utilisant le temps d’hébergement au sein de la couveuse pour identifier (en partenariat avec les organisations agricoles) les possibilités d’installation à la sortie (terrain, matériel…),

-          en construisant des circuits commerciaux (approvisionnement de restauration collective, AMAP, magasins de producteurs…) qui permettent une montée en puissance des débouchés pour les personnes qui s’installeront à la suite de leur passage dans la couveuse.

 

Les atouts de cette phase de test pour un candidat à l’installation « hors cadre » sont évidents : la confrontation à la réalité professionnelle sans prise de risque, la mise à disposition d’un outil professionnel pour se tester, l’accompagnement au quotidien pour acquérir des savoirs faire, un environnement professionnel propice à l’ancrage territorial facilitateur d’accès au foncier ; dans ces conditions, l’espace test devient un véritable accélérateur de professionnalisation .

 

L’association « A Petits Pas » créée en 2005 à Ruisseauville dans le Pas-de-Calais a structuré la première couveuse d’activité agricole ; depuis, d’autres initiatives voient le jour avec plus ou moins de difficultés sur les différents territoires et si les projets sont multiples, ils peinent parfois à aboutir par manque de volonté politique locale. En effet, un projet d’espace test agricole ne peut se concrétiser que si une collectivité territoriale (le plus souvent une Communauté de Communes) facilite son émergence, en réunissant tous les acteurs du développement agricole local autour du projet et en apportant sa caution politique.

 

En Midi-Pyrénées, une couveuse d’activité agricole est en cours de création à Maubourguet sur la Communauté de Communes du Val d’Adour (65) et un projet est en cours d’étude sur la Communauté de Communes du Saint-Affricain (12). Il importe de noter que ces nouveaux outils ne viennent pas concurrencer mais bien compléter la panoplie déjà existante et mise en œuvre par les différents OPA .

 

Pour plus d’infos :

 

Emile GUIRAL

SCOP SAPIE

06 28 23 00 33

09 64 00 11 56

eguiral@sapie.coop

 

(1) Point Info Installation, généralement situé à la chambre d’agriculture

(2) Plan de Professionnalisation Personnalisé, structuré par département autour des différents OPA

(3) Organismes Professionnels Agricoles

(4) Association Départementale pour l’Aménagement des Structures des Exploitations Agricoles

(5) Association pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural

(6) Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne

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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 17:05


Cette fois je connais les deux bavards qui aiment se retrouver au Bar des Affreux, l’un est un instit occitaniste adepte du Perroquet et l’autre un cheminot socialiste attaché au Tomate. En ce 25 septembre l’actualité ne manque pas de sel pour alimenter une conversation que je prends en cours de route. Je précise aussi que je connais ce bar de Carcassonne où en 1988 on m’invita à y boire un Juquin, même si la couleur était peu engageante (le Whisky n’y est pas servi).

 

- Le cheminot : Depuis que je te le dis que dans l’Aude les socialistes tiennent la route !

- L’instit : Parce que, 26 ans après, ils reprennent la mairie de Carcassonne ?

- Le cheminot : Tu ne fais pas cas de la manière ? Tout de même 54% au second tour ce qui, sans alliance de second tour, représente la somme des voix Vertes et une part du Modem, deux partis qui ont retrouvé leur faible score de 2008, avec presque 1% de plus pour Entajan le tête de liste vert malgré le tapage qu’il représentait !

- L’instit : A droite aussi il y a eu 1% de plus pour le FN qui passe ainsi de justesse la barre de 5%. Mais laisse Carcassonne, je voulais parler de ton secrétaire fédéral qui aspire, l’audacieux, à prendre la place de Georges Frêche ! Même exclu du PS, Georges va vous en faire baver !

- Le cheminot : D’accord le vote du 1er octobre va être spectaculaire pour choisir la tête de liste de la gauche aux Régionales, mais les autres partis ne sont pas dans une meilleure configuration ! Regarde les Verts à Carcassonne, regarde le PCF partout, que vont-ils faire ?

-L’instit : J’en conviens, l’appui tonitruant de José Bové à Jojo en 2004 n’était pas du meilleur effet même si le petit malin du Larzac prétendait l’atténuer par un soutien à M-G Buffet en région parisienne. Frêche c’est un baron d’empire depuis longtemps, un Defferre à jamais !

- Le cheminot : Et en tant qu’historien il sait de quoi il en retourne quant à l’Empire.

- L’Instit : Et en tant qu’ancien Mao de la FCML, il sait aussi. Du temps où il signait Georges Lierre… il a grimpé depuis. Il faudra que quelqu’un demande à Bové si leur amitié remonte à cette époque là !

- Le cheminot : T’en connais un bout sur l’histoire des Maos ! Mais Frêche, quand il va aux inaugurations, plutôt que de grands discours, il préfère taper la belote au bistrot du coin ! Parce que tu es occitaniste tu aurais un faible pour cet enfoiré de maire de Béziers qui va représenter la droite ? Avale bien ta salive, la victoire de la gauche c’est avec Frêche où c’est raté. Du haut de ses 120 kg il fait trembler l’adversaire, tandis qu’avec Eric Andrieu bien qu’il soit de l’Aude, on ne sait pas ce qui peut arriver !

- L’instit : Ne t’emporte pas, il sera peut-être battu par Alain Bertrand, le maire de Mende qui, s’il est choisi comme tête de liste des socialistes, est encore plus clair qu’Andrieu quant à sa volonté de dérouler le tapis rouge devant Jojo !

-Le cheminot : D’après toi, est-ce qu’on pourrait pas se mettre d’accord autour de Didier Codorniou, parce que chez nous, avec le rugby on est sûr de gagner. Même les Catalans pourraient voter à gauche !

- L’instit : Mais bien sûr, en appeler au cirque médiatique pour régler les différents politiques ! Quelle galère, quelle galère ! Et Ségolène qui est venu dans la région pour y mettre son grain de poivre ! J’en éternue encore.

- Le cheminot : Ségolène, égale à elle-même, vit sur son nuage et croit en sa bonne étoile. Qu’est-ce que tu veux, elle n’est pas de l’Aude ! Moi, ce que je te dis, c’est que l’expérience de Carcassonne, c’est du solide, la preuve que l’entente à gauche a de beaux jours devant elle !

- L’instit : Tu appelles « entente » le pire jeu des marchandages. Si Frêche est choisi, je donne pas cher de la peau de la maire socialiste de Montpellier… C’est au couteau qu’on se bat chez vous !

- Le cheminot : Hélène n’est pas une Ségolène mais avoue que les femmes en politique c’est toujours du Voynet au même. Elles foncent sans se garder sur leurs arrières.

- L’instit : Ne me prends pas pour plus Vert que je ne suis ! Tu sais bien qu’il y a longtemps que je ne vote plus !

- Le cheminot : Même au second tour de la dernière municipale de Carcassonne ?

- L’instit : Même pour un socialiste de l’Aude ! La course politique est devenue une course au pouvoir. C’est comme si au rugby, il s’agissait de garder le ballon sans chercher à marquer des points !

- Le cheminot : Je connais la rengaine, même dans sa version la plus pire qui fait les éloges de ceux qui marquent des points contre leur camp, en privatisant à tout va sous les bons auspices de Jospin. Merde, laisse les rengaines, les leçons ont été tirés, le sais-tu ?

- L’instit : Dans notre société, les seuls points qui comptent, c’est quand tu es filmé avec le ballon ! Dans les manifs syndicales le nombre de manifestants remplace les succès revendicatifs. Exemple : samedi à Montpellier il était prévu que Georges Frêche ne soit pas pris en photo aux côtés de Ségolène. Il est allé l’attendre à sa descente du train et voilà comment le Midi Libre montre trois fois les deux personnages ensemble, avec ce mot de Jojo : « J’aime sa pugnacité ».

- Le cheminot : Bref, tu crois que pour les Régionales 2010, c’est le Midi Libre qui va décider du résultat, et que les partis politiques jouent seulement dans les coulisses ?

- L’instit : Vois-tu, depuis 2004, Frêche est en passe de tombe dans les coulisses et Bové roule des mécaniques au Parlement européen !

- Le cheminot : Mais laisse donc 2004. En 2010 c’est un autre jour !

- L’instit : Et Gayssot avec, c’est un terrible autre jour ! J’étais abonné à Politis et quand j’ai vu sa signature sur un appel bidonné par le journal je l’ai envoyé en enfer !

- Le cheminot : T’es prêt pour le FN et son slogan : « tous pourris » !!!

-L’instit : T’énerves pas, le 2 octobre, quel que soit le résultat je t’offre une bonne bouteille de Nourritures Terrestres. J’ai lu sur Internet que le vin se boit en Midi-Pyrénées, il ne nous faudrait pas être en reste…

- Le cheminot : Oui, retrouvons du solide, avec notre cher vigneron Damien Baudouy de Peyriac d’Aude. Ton idée nous fera oublier qu’on tourne en rond.

- L’instit : Tu veux dire qu’on tourne en bourrique !

- Le cheminot : Nous, c’est lieux de tourner en barrique !

 

J’ai laissé là les deux hommes, pour un homme à rendre à un vieil Audois, né à Point-à-Pitre dont le nom du père était l’anagramme du nom de la mère, et dont la tombe est celle d’un exilé.

                                                          24-09-09  Jean-Paul Damaggio

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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 07:27


L’Institut d’Histoire Sociale de la CGT propose à Montauban trois jours autour de Jaurès qui ont commencé ce soir avec un débat, en présence d’une exposition de l’association Valmy qui pourra être visitée demain, le tout s’achevant jeudi autour d’un autre débat avec des responsables de la CGT pour faire le chemin d’hier à aujourd’hui .


Il m’a été proposé de faire une courte intervention sur Jaurès et la question sociale. J’ai décidé de prêter ma voix à un article que Jaurès publia dans l’Humanité le 30 décembre 1906 : la guerre sociale, et que vous trouvez sur le blog des éditions la brochure Jaurès la guerre sociale. J’ai ajouté quelques mots de l’article Jaurès et le repos hebdomadaire.

En guise de réaction, une dame posa cette question que j’ai entendue ainsi : comment cette mémoire a-t-elle pu nous échapper ? Même si l’actualité n’est plus celle de Jaurès, la question sociale ne se réglant plus à coup de baïonnettes, elle ressemble cependant, en son fondement, au texte de Jaurès qui surprend par sa modernité. Jaurès aurait-il été mal servi par les jaurésiens qui le défendent depuis des lunes ? Au bout du compte une autre question plus pratique apportera me semble-t-il la réponse : au moment où les paysans protestent en jetant le lait, Jaurès n’aurait-il pas été plus capable que ses successeurs pour inclure les luttes paysannes dans la question sociale générale ? J’ai eu envie de répondre que chez Jaurès tout est dans la nuance : il défend les paysans qui luttent, les radicaux qui luttent, les ouvriers qui luttent, les peuples qui luttent, les femmes qui luttent, les chrétiens qui luttent etc. Alors qu’autour de lui, et après lui, les catégories diront : la classe ouvrière est révolutionnaire et les paysans des gens soumis à la terre, les socialistes sont les grands lutteurs et les radicaux des supporteurs de la bourgeoisie, les femmes sont soumises à l’église et les hommes seuls sont assez virils pour imposer la révolte etc. Le sens de la nuance chez Jaurès, ce n’est pas le sens du compromis et encore moins celui de la compromission. C’est ce que Lénine appelait : l’analyse concrète des luttes dans la situation concrète. Sauf qu’à partir de là, le monde devient moins confortable car son étude demande plus de travail !

Il n’y a plus les syndicalistes qui seraient la fine fleur de la révolution et les politiques des vendus au capitalisme, mais des pas qui s’ajoutent aux pas pour faire la marche. Dans son évolution, et elle fut importante, Jaurès n’a jamais effacé une page de sa vie pour en défendre une autre, il a toujours ajouté page après page. Au départ, il était simple républicain, puis il est devenu républicain socialiste, le mot socialiste ne pouvant effacer le précédent qui au contraire prenait ainsi tout son sens.

Oui, mais où nous conduit cette marche ? Dans son article sur la guerre sociale il pronostique que dans dix ans le peuple pourra prendre ses affaires en main, or dix après c’est l’ignoble guerre qu’il n’a pas pu empêcher. A une analyse juste, j’ai jugé qu’il s’était trompé quant à la solution. Peut-on dire « trompé » ? Une personne pense que non.

Depuis 1906 que de chemins furent tentés pour sortir du capitalisme et pourtant nous y sommes encore en plein ! Un homme politique qui dit, après analyse, que demain c’est la victoire, s’est-il trompé quand il constate que c’est la défaite ? Il existe aujourd’hui une phrase passe-partout qui dit que les batailles perdues sont celles que l’on ne mène pas. Car celles qu’on mène ne peuvent pas être perdues ?

Plutôt que d’analyser les défaites, on parle à postériori d’erreurs. Le système soviétique aurait commis des erreurs. Tel ou tel parti aurait commis une erreur. Jaurès emploie le mot uniquement pour les autres : le radicaux surtout ou la Douma en Russie. Ce mot suffit-il ? Serait-il provocateur, un titre de livre demandant : « En quoi Jaurès a-t-il eu tout faux ? » J’appartiens depuis mon enfance à la grande famille des admirateurs de Jaurès (j’étais dans une école Jean Jaurès), admiration redoublée quand j’ai appris comme  il a su unir sans cesse, dans la complémentarité, mais pendant qu’il tricotait l’unité, les mailles tombaient et la guerre a éclaté. La question serait encore plus valable pour Marx ! Bien sûr, on le lit aujourd’hui et nous sommes des millions à dire : « comme il avait raison le père Marx ! » Sauf que la révolution n’est toujours pas là et le point essentiel du marxisme n’est-il pas de réussir la révolution ? Dans un dernier édito du Sarkophage Paul Ariès écrit que la posture de lutte aujourd’hui c’est : « désespéré mais optimiste », un peu comme Gramsci disait : « pessimisme de l’intelligence et optimisme de la volonté ». A lire Jaurès j’ai envie d’écrire : lucidité d’où l’anxiété, avec activité, d’où la gaieté.

                                                             22-09-09 Jean-Paul Damaggio

 

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Published by ALTERS ECHOS, le journal
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