N° 42 : " CLIMAT : ON FAIT QUOI...? "

Publié le par ALTERS ECHOS, le journal

N° 42 : " CLIMAT : ON FAIT QUOI...? "

**EDITO**

 

--L’esprit Yasuni--

 

Vos pays qui ont pollué le monde pour se développer, bataillent pour que nous préservions nos forêts et notre nature. Notre air serait aussi le leur. Soit. L’Equateur accepte de freiner son développement au nom de valeurs écologiques universelles. Mais l’Equateur refuse d’en payer seul le prix. Si l’Equateur accepte de contribuer, les autres pays bénéficiaires, en particulier, ceux du G-8, doivent également mettre la main au portefeuille.

Ainsi s’exprimait le président équatorien Correa a l’ONU, en 2007, suite aux réactions hostiles des ONG dénonçant l’exploitation possible des réserves pétrolières situées dans le parc naturel amazonien de Yasuni. En échange de la non exploitation de son sous-sol et du non-rejet dans l’atmosphère de 400 millions de tonnes de CO2, le président équatorien demandait 3,6 milliards de dollars, sur une douzaine d’années, aux plus gros consommateurs de pétrole de la planète, soit la moitié de ce que rapporterait a l’Etat équatorien l’extraction du petrole : ce qu’on nommera linitiative Yasuni-ITT. Le 22 mai 2014 la licence environnementale pour l’exploitation pétrolière de la réserve naturelle de Yasuni tombait faute de réponse a son appel.

Cruel échec de cette solution avant-gardiste qui proposait en réponse à la mondialisation des atteintes à la planète par l’exploitation et le commerce via les multinationales une autre mondialisation : la préservation mais par les mêmes des richesses comme bien commun universel. En 2010, Matthieu Le Quang, chercheur à Quito – et auteur de Laissons le pétrole sous terre ! – écrivait dans Le Monde que l’initiative Yasuni-ITT était « une proposition pionnière et innovante, une alternative aux discussions dominantes au niveau mondial ».

Certains parlèrent de chantage… d’autres – dont nous sommes – de solidarité écologique. On aurait pu rêver que lors de cette COP21 l’esprit Yasuni ait prévalu. Mais non. Pourtant, oui, l’accord présente certains objectifs (engagements… ?) ambitieux.

Mais quels seront les moyens de les faire respecter ? Aucun outil de contrôle… Si les parties signataires « s’obligent » donc, vis-à-vis de la communauté internationale, à respecter les dispositions du texte, aucun tribunal international, aucun gendarme ne les sanctionnera a défaut.

Paul Watson, le bouillant porte-parole de l’ONG Sea Shepherd, a déclaré Cet accord est juste un conte de fées ». Presque. Et le compte est fait : 196 pays a signer. Maintenant on attend des actes même si nous doutons que fin 2016 pour la COP22 à Marrakech, l’esprit de Yasuni plane enfin… Un vrai coup de main aux pays du sud.

 

Alters Echos

DOSSIER : " CLIMAT : ON FAIT QUOI...? "

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article