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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 13:58

Le dimanche 15 février 2009, à Vazerac, une cinquantaine de personnes se rassemblaient à nouveau pour faire le bilan de l'action départementale en faveur de la Poste. L'organisation avait été prise en charge par le comité local qui proposa au maire de la commune de faire le bilan de la négociation entamée par le groupe des élus avec les dirigeants de La Poste pour arriver à une convention de partenariat permettant d'empêcher le projet de transformation de 28 bureaux en agence postale communale (APC).

La réunion fut très utile et fructueuse par l'apport d'informations et l'échange démocratique qu'elle permit. Je vais retenir deux actes de réflexion.


Elus / citoyens


La question de La Poste mobilise les élus ruraux car ils savent deux choses : il s'agit d'un point très sensible pour TOUT l'électorat, et en même temps les maires sont invités à cautionner eux-mêmes la dégradation du service public !

En conséquence en Tarn-et-Garonne un groupe d'élus s'est mis en place pour analyser la situation et faire à La Poste des contre-propositions. Le cœur de la démarche consiste à changer les critères de référence qu'invoque La Poste pour justifier sa création d'APCs.

Un questionnaire a été envoyé aux communes concernées pour vérifier la démographie, le bassin du bureau de poste, son fonctionnement, la place des facteurs, la situation des autres services. Un consultant anime ce travail autour de la députée Sylvia Pinel et du président du Conseil général Jean-Michel Baylet.

Les citoyens ne participent pas à ce travail « technique ». S'agit-il en conséquence de lutter pour seulement soutenir les élus et les contrôler ? Un comité départemental est né avec des partis politiques, des syndicats, des associations et des citoyens, en lien avec le comité national, et Maurice Guiche, son président, est intervenu pour en rappeler l'existence et faire observer que depuis le 21 janvier une demande de rencontre avec la députée Sylvia Pinel a été sans réponse. Le maire de Vazerac, qui sur tous les points a évité la langue de bois, a promis de se faire l'écho de cette demande.

Le travail des élus, en présence des plus hautes autorités de la préfecture, va entrer dans sa phase plus active de négociation avec la Poste à partir du 23-27 février et surtout le 6 mars où un bilan d'étape aura lieu. C'est un raisonnement par canton qui a été adapté. Le Conseil régional Hugues Baucky évoqua de son côté une réunion sur « La Présence Postale » qui aura lieu la veille. Tous les élus n'interviennent pas au même niveau donc avec les mêmes billes.


Local/global


La discussion a permis de vérifier que la dégradation du service ne touchait pas seulement Vazerac, le guichet, mais que même au-delà de La Poste, il s'agissait d'une politique délibérée. Les directives européennes (mises en forme en France par la loi de 2005 sur La Poste) peuvent alors servir deux fois : pour dire que face à la concurrence il faut réduire le nombre de bureaux de Poste d'où la création des APCs, puis demain, on pourra leur faire dire que les APCs, par les subventions publiques, faussent la dite concurrence et sont donc illégitimes !

En conséquence quelle est la cohérence entre le fait de voter au Parlement en faveur du Traité de Lisbonne, et le fait à Montauban d'agir contre les conséquences de ce même traité ? Au positif, le citoyen peut penser qu'il s'agit d'une prise de conscience, et au négatif il peut penser que localement il s'agit de trouver les moyens de faire passer la pilule en s'appuyant sur les atouts locaux, en particulier, la bonne démographie. Cependant, le projet du groupe des élus est ambitieux car après avoir sauvé les 28 bureaux il tentera de revenir en arrière sur les 30 APCs déjà existantes. Faut-il encore que les maires des communes en question le souhaitent ?

Le bilan de la situation à Vazerac, présenté par le maire, permet de noter que le sujet est étudié avec sérieux. Où est le conseiller financier de la Banque Postale ? Comment envoyer les colis ? Comment évolue le statut des personnels ? Sur tous les points, la stratégie de La Poste consiste à dégoûter l'usager de La Poste locale pour justifier ensuite une politique de désengagement. Vazerac a une entreprise de vente par Internet qui devrait bénéficier au bureau de Poste si les autorités postales tenaient à développer ce service. A partir du 1er mars les employés du guichet seront des personnels roulants ! Un problème vient d'ailleurs de se poser avec la tournée d'un facteur. Là le maire a reconnu qu'il faudrait faire preuve de civisme en installant mieux les boîtes aux lettres, et pour la commune en renseignant mieux les lieux du territoire. Ce point de vue ne s'oppose pas au fait que de son côté la Poste avait autrefois un personnel qui, avant de se lancer dans une tournée, la faisait avec le titulaire, un personnel formé et installé aussi bien dans le guichet que dans le paysage. Mettre du personnel mobile c'est ensuite dire au maire : « si vous voulez un emploi fixe, vive l'APC puisque c'est vous qui choisirez et contrôlerez le personne en question ! »


Ce débat a relancé la question classique : faut-il mettre le doigt dans les questions de gestion pour assurer la défense du service public ? Le service public est-il si performant qu'il suffise de dire : défendons les bureaux sans rentrer dans l'étude de leur « rentabilité » ? En tant que syndicaliste enseignant, j'ai toujours considéré qu'une école avec moins de six élèves devait fermer ce qui ne signifie pas qu'avant d'en arriver à ce stade il ne faille pas étudier les raisons de la situation et les propositions alternatives comme le regroupement ! Prendre acte d'une situation ne signifie pas s'y plier mais au contraire ça signifie : chercher à voir au-delà des critères habituels. A une époque, on tenta de mettre à contribution les facteurs pour qu'ils démarchent leurs clients en faveur des autres services de La Poste, mais ils ne recevaient une rémunération qu'après les résultats obtenus ! Donc celui qui était sans résultat avait pris le temps de discuter avec l'usager... sur son propre temps de travail ! On ne reconstruira un service authentique de La Poste que si les citoyens se mêlent de la discussion. Par exemple sur les horaires d'ouverture : quand l'école commence à 9 heures pourquoi faut-il que La Poste ouvre seulement à 9 h 30 ? Pourquoi ne serait-elle pas ouverte dès 8 h 45 ? Sur des tas de points, il s'agit de faire évoluer le service... mais pas pour le dégrader.


En fait, et là je livre en conclusion l'état de ma réflexion suite au débat où il a été aisé de vérifier qu'il serait négatif d'opposer élus et citoyens comme d'opposer les luttes locales et globales : la privatisation de la Poste avance sans cesse. Contrairement aux nationalisations vécues comme une date clef, les privatisations constituent des processus parfaitement organisés sur dix ou vingt ans, et celle de La Poste suit le chemin de France-Telecom. Elle s'opère par :

- la différenciation des métiers. Des facteurs disent : « il n'y en a que pour les bureaux de poste ! ». Ils ont raison : les élus, les usagers se battent surtout par rapport à la transformation des bureaux en APC (les mairies sont mises à contribution financièrement), et oublient l'évolution du statut des facteurs et autres personnels. Plus de 30% du personnel est de droit privé et dans ce secteur de main d'œuvre (trois cent mille emplois) le point n'est pas négligeable.

- le statut de la Banque Postale. Quand dans un bureau de Poste, le vieux monsieur s'entend dire : « Mais monsieur, si vous voulez retirer 400 euros, il faut me faire la demande trois jours à l'avance ! » et qu'il doit repartir dépité, il est aisé de vérifier que s'il y a plusieurs métiers, tous se tiennent. Donc quand les guichets font moins, la Banque Postale fait moins. En fait, l'objectif est le même qu'avec France-Telecom : des zones du territoire doivent devenir ce qu'ils appellent des zones blanches pour ne pas dire des points noirs ! Pas d'ADSL ou alors à un prix excessif malgré les aides institutionnelles ! D'où les fortes luttes en zone rurale. Et pendant ce temps les queues en zone urbaine sont jugées acceptables jusqu'à vingt minutes ! Bref, la lutte suppose de s'armer pour et par la lutte.

                                                                       18-02-2009 Jean-Paul Damaggio

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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 22:30


Dans ces graves temps de crises, beaucoup de citoyennes (-ns) s'interrogent avec anxiété sur le présent et l'avenir de cette société capitaliste, marchande, où les profits ne sont que les seuls objectifs.

La consommation, la compétition, les profits, sont les outils du bonheur à entendre les arguments de tous les piliers des politiques néolibérales. (La plupart n'ont pas de soucis pour leurs lendemains!)

Hélas, pour beaucoup, la recherche d'une vie active décente, paisible et enrichissante reste un parcours particulièrement difficile, stressant, angoissant, à certaines périodes du déroulement de leur vie.


Tant que cela est encore possible, il important que nous soyons nombreux, de tous horizons, à pouvoir se retrouver dans de grandes manifestations qui aident, à travers les revendications énoncées, à créer un rapport de force bien nécessaire, à exprimer plus que jamais un esprit de solidarité, à recréer ces liens sociaux entre citoyens. Ce n'est que comme cela que nous arriverons à peser et à infléchir les orientations politiques, économiques, de ce gouvernement qui, lui, ne prend pas de gants pour imposer à la hussarde ses réformes néolibérales !


Diverses revendications sont exprimées. Toutes sont importantes. L'emploi, bien sûr, plus que jamais d'actualité, suite aux répercutions dramatiques de la terrible crise financière mondiale. Crise provoquée par un système capitalisme inconséquent, cynique, appliqué par des voyous de la finance, avec des complicités économiques et politiques. Si certains peuvent se retrouver ruinés, à boire la tasse, ce ne sera qu'un juste retour des choses ! 


On met en avant le pouvoir d'achat, une réelle et juste revendication pour beaucoup de personnes, qui tout en travaillant, sont exploitées, et mal rémunérées en rapport du travail fourni. Il faut aider les cas sociaux, les personnes à la recherche d'un emploi, les jeunes pour un premier CDI, tous ceux qui sont à la recherche d'un logement. Et les personnes handicapées, les immigrés marginalisés, stigmatisés... Aussi aider pour un bien - être décent les personnes âgées. La liste est longue ! Ce sont des urgences, des obligations dans ce pays riche de cultures, de savoirs, de biens, ce pays dit des Droits de l'Homme.


Personnellement, je pense que le pouvoir d'achat ne doit pas être la seule revendication essentielle.  Nous désirons construire un autre projet de société, basé sur le respect de l'environnement, du citoyen. De ce fait la société consumériste actuelle est en totale contradiction avec les choix écologiques qui sont et seront nécessaires pour que puissions espérer vivre sans trop de traumatisme sur notre planète dans les années à venir.


Bien conscient que nombreux sont celles et ceux qui doivent avoir le nécessaire suffisant pour vivre décemment. Humainement, pouvoir se loger, se chauffer, se nourrir, travailler, se divertir. Tout ce à quoi une personne aspire humainement.


Si nous n'y prenons pas garde, c'est déjà le constat depuis des années : nous allons vers une société de surconsommation, (avec tous les dégâts, écologiques, sociaux et économiques que cela engendre.

Une fuite en avant dans laquelle nous n'aurons jamais assez d'argent pour acheter des choses souvent peu utiles qui ne nous rendront pas plus heureux.


La notion de bien - être, de bonheur, ne passe pas par les achats de biens matériels, tout en reconnaissant que ceux - ci, peuvent parfois apporter un confort apprécié. Cette société hyper capitaliste nous manipule,nous empêche de nous orienter nous mêmes,vers des chemins plus tranquilles,moins matérialistes,plus économes.


Pour conclure, je souhaite que nous parlions beaucoup plus du démantèlement de tous les services publics, de la régression des acquis sociaux solidaires, ouverts à toutes et à tous. C'est dramatique de voir ce qui se passe aujourd'hui ! Cela va aller en s'accentuant si nous ne réagissons pas assez fort.

Tout comme la défense de notre démocratie citoyenne et de nos droits sociaux.


C'est vrai que les médias traditionnels ne nous aident pas trop pour informer et alerter nos concitoyens. Il vaut mieux parler sports, loisirs, faits divers. Ça occupe les esprits, et évite que nous nous posions des questions essentielles pour notre avenir.

La mondialisation actuelle et les politiques néolibérales promulguées tracent vos parcours. Ne vous inquiétez pas,dormez tranquille,nous pensons et décidons pour vous,nous disent nos " bienveillants dirigeants ". Nos propositions sont les seules réalistes pour votre mal - être, non, votre bien - être ! 


Pour ma part, je suis parfois en contradiction avec mes idées : bien faire, participer et oeuvrer dans le bon sens solidaire. Mais le peu que je puisse faire quotidiennement, avoir un comportement responsable, permet de se regarder dans une glace non déformante, de penser que tout doucement mais sûrement,le monde actuel peut devenir meilleur,humain !


Un petit galet plus un petit galet, la pyramide est bien loin ! Une belle utopie aujourd'hui qui peut se réaliser demain !


                                                                                                                        Francis Melou







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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 22:30


Dans ces graves temps de crises, beaucoup de citoyennes (-ns) s'interrogent avec anxiété sur le présent et l'avenir de cette société capitaliste, marchande, où les profits ne sont que les seuls objectifs.

La consommation, la compétition, les profits, sont les outils du bonheur à entendre les arguments de tous les piliers des politiques néolibérales. (La plupart n'ont pas de soucis pour leurs lendemains!)

Hélas, pour beaucoup, la recherche d'une vie active décente, paisible et enrichissante reste un parcours particulièrement difficile, stressant, angoissant, à certaines périodes du déroulement de leur vie.


Tant que cela est encore possible, il important que nous soyons nombreux, de tous horizons, à pouvoir se retrouver dans de grandes manifestations qui aident, à travers les revendications énoncées, à créer un rapport de force bien nécessaire, à exprimer plus que jamais un esprit de solidarité, à recréer ces liens sociaux entre citoyens. Ce n'est que comme cela que nous arriverons à peser et à infléchir les orientations politiques, économiques, de ce gouvernement qui, lui, ne prend pas de gants pour imposer à la hussarde ses réformes néolibérales !


Diverses revendications sont exprimées. Toutes sont importantes. L'emploi, bien sûr, plus que jamais d'actualité, suite aux répercutions dramatiques de la terrible crise financière mondiale. Crise provoquée par un système capitalisme inconséquent, cynique, appliqué par des voyous de la finance, avec des complicités économiques et politiques. Si certains peuvent se retrouver ruinés, à boire la tasse, ce ne sera qu'un juste retour des choses ! 


On met en avant le pouvoir d'achat, une réelle et juste revendication pour beaucoup de personnes, qui tout en travaillant, sont exploitées, et mal rémunérées en rapport du travail fourni. Il faut aider les cas sociaux, les personnes à la recherche d'un emploi, les jeunes pour un premier CDI, tous ceux qui sont à la recherche d'un logement. Et les personnes handicapées, les immigrés marginalisés, stigmatisés... Aussi aider pour un bien - être décent les personnes âgées. La liste est longue ! Ce sont des urgences, des obligations dans ce pays riche de cultures, de savoirs, de biens, ce pays dit des Droits de l'Homme.


Personnellement, je pense que le pouvoir d'achat ne doit pas être la seule revendication essentielle.  Nous désirons construire un autre projet de société, basé sur le respect de l'environnement, du citoyen. De ce fait la société consumériste actuelle est en totale contradiction avec les choix écologiques qui sont et seront nécessaires pour que puissions espérer vivre sans trop de traumatisme sur notre planète dans les années à venir.


Bien conscient que nombreux sont celles et ceux qui doivent avoir le nécessaire suffisant pour vivre décemment. Humainement, pouvoir se loger, se chauffer, se nourrir, travailler, se divertir. Tout ce à quoi une personne aspire humainement.


Si nous n'y prenons pas garde, c'est déjà le constat depuis des années : nous allons vers une société de surconsommation, (avec tous les dégâts, écologiques, sociaux et économiques que cela engendre.

Une fuite en avant dans laquelle nous n'aurons jamais assez d'argent pour acheter des choses souvent peu utiles qui ne nous rendront pas plus heureux.


La notion de bien - être, de bonheur, ne passe pas par les achats de biens matériels, tout en reconnaissant que ceux - ci, peuvent parfois apporter un confort apprécié. Cette société hyper capitaliste nous manipule,nous empêche de nous orienter nous mêmes,vers des chemins plus tranquilles,moins matérialistes,plus économes.


Pour conclure, je souhaite que nous parlions beaucoup plus du démantèlement de tous les services publics, de la régression des acquis sociaux solidaires, ouverts à toutes et à tous. C'est dramatique de voir ce qui se passe aujourd'hui ! Cela va aller en s'accentuant si nous ne réagissons pas assez fort.

Tout comme la défense de notre démocratie citoyenne et de nos droits sociaux.


C'est vrai que les médias traditionnels ne nous aident pas trop pour informer et alerter nos concitoyens. Il vaut mieux parler sports, loisirs, faits divers. Ça occupe les esprits, et évite que nous nous posions des questions essentielles pour notre avenir.

La mondialisation actuelle et les politiques néolibérales promulguées tracent vos parcours. Ne vous inquiétez pas,dormez tranquille,nous pensons et décidons pour vous,nous disent nos " bienveillants dirigeants ". Nos propositions sont les seules réalistes pour votre mal - être, non, votre bien - être ! 


Pour ma part, je suis parfois en contradiction avec mes idées : bien faire, participer et oeuvrer dans le bon sens solidaire. Mais le peu que je puisse faire quotidiennement, avoir un comportement responsable, permet de se regarder dans une glace non déformante, de penser que tout doucement mais sûrement,le monde actuel peut devenir meilleur,humain !


Un petit galet plus un petit galet, la pyramide est bien loin ! Une belle utopie aujourd'hui qui peut se réaliser demain !


                                                                                                                        Francis Melou







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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 08:12



L'Obamania étant passée rien n'empêche de continuer à suivre le dossier et un des éléments qui ne pouvait qu'attirer mon attention a été la dernière nomination de son cabinet, la ministre du travail, Hilda Solis.

Pourra-t-elle mettre en œuvre les idées qu'elle défend ? Pour le moment l'important est de bien prendre note de ses engagements en faveur des droits des immigrés, de la défense de l'environnement et de la sécurité sociale. Sa double origine latino (Nicaragua et Mexique) , son implantation à Los Angeles et son engagement fortement à gauche, nous renvoient à une des promesses d'Obama : défendre les travailleurs dans la mesure où les travailleurs eux-mêmes prennent leurs droits en main.

La récente victoire stupéfiante des travailleurs d'une usine de Chicago qui décidèrent d'occuper leur usine pour défendre leurs droits, le soutien que leur apporta sans hésiter Obama sont-ils l'indice d'un renversement de tendance ? Un article de Peter Dreier dans Le Monde diplomatique de ce mois-ci, qui traite très bien le sujet, peut-il nous rendre optimiste ? La révolution conservatrice ne fut pas seulement une opération économique mais une guerre sociale où aux USA comme en Grande-Bretagne il a été décidé de casser le mouvement syndical. Que la ministre du travail d'Obama soit une syndicaliste de premier plan n'est donc pas sans intérêt ! (voir article sur ce site : Obama et Piolin)


Hilda Solis, 51 ans, travaille au Congrès depuis l'an 2000 et sur le site de Hilda Solis vous trouverez en anglais comme en espagnol les traces d'une action importante en faveur des droits des travailleurs (elle était dans les manifestations monstres en faveur de la légalisation des sans papiers).

Elle n'a pas oublié de rendre hommage à Cesar Chavez et Dolores Huerta.

"C'est avec un certain orgueil que j'accepte avec mes collègues de travailler à ce projet qui reconnaît les mérites de la vie de Cesar Chávez. Sa vie m'a incité à lutter pour la justice dans l'environnement pour que nos familles aient un futur meilleur"

Hilda n'oublie pas que le combat de César fut aussi le combat, tout aussi grand, d'une femme moins médiatisée, Dolores Huerta : "La vie valeureuse de Dolores Huerta m'incite chaque jour à continuer de me battre pour les droits de nos enfants et familles pour qu'elles aient un futur plus prometteur et plus salutaire que le présent".

C'est en 1962 que Huerta avec Cesar Chávez, fondèrent el Sindicato de Trabajadores Agrícola (UFW en anglais).


Par ailleurs, dans un domaine qui ne sera pas de sa compétence, Hilda Solis est déjà allé à Cuba pour dire : "Il est temps que les USA commencent un dialogue avec Cuba".


Une ministre n'ayant jamais fait le printemps, cette information vise seulement à attirer l'attention, une fois de plus, sur les luttes sociales aux USA qui ont toujours eu une réalité masquée par les observateurs. Au moment même où les industries étasuniennes qui avaient été délocalisées au Mexique partent pour la Chine, chacun comprend que le mouvement syndical des USA est lui aussi à la croisée des chemins.


                                                                         12-01-2009 Jean-Paul Damaggio

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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 08:01



Au cours de l'Assemblée générale de l'AMP en novembre nous avons évoqué la victoire d'Obama. Dans le mon étude sur le marketing j'indiquais alors que la victoire d'Obama c'était la victoire parfaite du marketing politique. Certains crurent entendre que je parlais de victoire de la propagande or les deux méthodes sont à l'inverse l'une de l'autre même si elles visent au même but : fabriquer du pouvoir. La propagande consiste à choisir un homme qu'on va imposer à un peuple, tandis que le marketing consiste à trouver l'homme qui correspond à un peuple (au moment donné bien sûr). Dans un cas, on va d'en haut vers le bas, et dans l'autre du bas (l'étude des « souhaits » populaires) vers le haut : trouver l'homme adéquat. Même si je combats les deux méthodes, je ne leur attribue aucun qualificatif méprisant, ni à l'une ni à l'autre.

La confusion provient du fait que très souvent on applique aux réalités US les fonctionnements du politique que nous connaissons historiquement en France.

Je viens de constater le même phénomène avec l'article ci-joint publié sur le site La Sociale où je présente la ministre du travail d'Obama, qu'un lecteur réduit à « sa caution sociale ». Autant j'ai de suite considéré que Fadela Amara était une caution sociale de Sarkozy, autant je réfute ce terme pour Hilda Solis. D'une part, vous pouvez prendre le dernier Courrier International qui consacre un dossier au cabinet Obama, vous n'y verrez pas de ministre du travail ! Si elle était la caution, elle serait mise en avant ici ou là. Elle apparaît seulement au détour d'une phrase pour rappeler la déception de la gauche d'Obama qui regrette son recentrage. Aux USA la politique est affaire de lobbies et chaque ministre est le porteur, non de sa personne, mais de ses pouvoirs. Hilda Solis est ministre car les USA ont connu des luttes sociales très dures au sujet de la légalisation des latinos, luttes que nos médias ne mentionnent JAMAIS, alors qu'elles pourraient servir de « caution » à la démocratie US ! Face à un gouvernement prêt à défendre les intérêts des secteurs nouveaux du capitalisme US (en remplacement de la défense classique du complexe militaro-industriel), la petite nicaraguayenne pourra-t-elle obtenir la légalisation de dix millions de sans papiers ? Obama a répondu par avance : « oui, si les luttes sociales se poursuivent. »

Pour conclure, pensons à l'autre exemple de lobby qui, contre toute attente a réussi à imposer des mesures « progressistes », je veux parler du lobby pro-choix contre le lobby pro-vie. Dans un pays où la religiosité est profonde, la lutte pour le droit à l'IVG est une lutte de tous les jours (comme celle qui s'y oppose) avec des ramifications partout dans les Etats, avec des acquis. En France, une fois la loi votée, le combat social passe à autre chose. Aux USA, les lobbies sont en permanence en lutte et je me refuse à considérer que le droit à l'IVG est une caution quelconque à qui que ce soit : c'est un droit salutaire et important, et même s'il ne remet pas en cause le système, c'est très important. Le drame, c'est que ce combat ne fait pas recette médiatiquement, car il est social ! Même les plus féroces adversaires médiatiques de Chavez ne lui reprocheront jamais de n'avoir rien fait, après dix ans de pouvoir, en faveur du droit à l'IVG. Le social, dans tous les cas, passe à la trappe des journaux d'information. D'où mon souci, sans la moindre illusion, de faire connaître le cas d'Hilda Solis. Pour qu'on analyse les USA à la lumière des réalités de ce pays. Et qu'on ne vienne pas me faire dire que je viens de défendre la démocratie par lobbies, contre la nôtre plus programmatique (hier, et déjà moins aujourd'hui) !

17-01-2009 Jean-Paul Damaggio

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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 16:48

Comment, après l'échec cuisant de José Bové à l'élection présidentielle de 2007, le même homme peut-il, deux ans après, devenir député européen ? L'analyse de ce mystère peut nous aider à réfléchir à deux dimensions de notre vie électorale (de plus en plus différente de la vie politique) : le positionnement et le mode de scrutin.


2007 : le candidat de division

Pendant toute la campagne électorale de 2007, José Bové (et j'étais avec lui surtout au début) a tenté de faire croire qu'il était le candidat unitaire car à mi-chemin entre Besancenot et Buffet. Pour le simple citoyen, il n'y avait pas besoin de discours pour constater qu'il était un candidat en plus, par rapport aux « légitimes » candidats des autres partis (se déclarant tous plus unitaires les uns que les autres). Les arguments du genre « je suis soutenu par des personnes allant des libertaires aux communistes » devenait dans ce contexte totalement contre-productif, ce qui fait que la campagne électorale lui faisait perdre des points plutôt que d'en gagner ! Il était le dernier arrivé dans un jeu organisé, et ses luttes précédentes devenaient elles-mêmes contre-productives avec cet argument : « il faisait un si bon boulot sur le terrain social, pourquoi est-il allé se perdre dans une élection ! ».

Bref, chacun connaît le score : moins de 2% et surtout chacun connaît les suites : le néant (je n'ai jamais eu les résultats de la mission qu'entre les deux tours Ségolène confia à José).


2009 : le candidat des Verts

Voilà qu'en 2009, Bové a trouvé une case « officielle » dans le paysage politique, il est le candidat des écolos (toujours unitaire bien sûr). Il n'est plus celui qui vient briser l'ordre établi des propriétaires de la politique, il s'y inscrit totalement. Et le fabuleux de l'histoire c'est que ce positionnement n'a que faire du contenu politique ! En effet, dès 2004, aux précédentes européennes, Bové avait soutenu le candidat Vert Onesta. Bové l'opposant bien connu au TCE soutenait le Vert défenseur tout aussi connu du même TCE ! Que l'électeur y retrouve ses petits !

Dans le jeu politique classique, PS-PRG-PCF-LCR, les Verts ont fini par imposer leur place alors que Chevènement a du revenir à la case départ et se placer dans l'ombre du PS. Avec le thème « écolo » que les autres forces ont négligé les Verts sont allés à la rencontre d'un électorat plus ou moins fidèle mais sur une couleur repérable. Et même avec la vague écolo usée par les autres partis, le courant Vert arrive à jongler pour tenir la tête hors de l'eau. C'est donc ce bateau qui peut conduire Bové au poste de député.






« L'handicap » Jennar !

Tout est donc en place pour faire de Bové un député sauf qu'il y a une donnée qu'il ne maîtrise pas, l'action de ses concurrents ! Et là nous passons aux conséquences du mode de scrutin (1). Depuis 2004, l'élection se joue à la proportionnelle sur sept grandes régions et il est donc plus difficile d'avoir un élu que du temps des listes nationales. Il faut en moyenne 10% pour accéder au titre, mais avec le plus « fort reste », en 2004 Gérard Onesta a été élu avec 8%. En dessous de 10% il ne peut donc y avoir qu'un seul élu, en conséquence, si le candidat NPA arrive avant José Bové, ce dernier peut être battu ! Déjà en 2004, si le PCF avait choisi, comme l'hypothèse en fut étudiée, la candidature de Raoul-Marc Jennar, ce dernier pouvait devancer le candidat Vert (vu le score de la candidate PCF totalement inconnue) et Jennar devenait député. En 2009, si le NPA ne commet pas l'erreur du PCF en 2004, s'il accepte que Jennar conduise sa liste, José Bové va alors trouver en face de lui son principal lieutenant de 2007 ! Mais ceci étant, cette candidature NPA traîne avec elle beaucoup d'inconnus. Déjà en 2004, la liste LCR-LO prit la gifle aux Européennes malgré le bon score de Besancenot aux présidentielles de 2002. L'installation de Besancenot dans le paysage politique pourra-t-elle cette fois changer les données ? Deuxième inconnue : Jennar est très connu des milieux militants pour sa générosité et sa compétence sur toutes les questions européennes, mais dans une élection où la campagne sera très courte, comment va-t-il émerger ?

Si j'ai un conseil à donner à Bové, qu'il en fasse le moins possible car à jongler entre les positions de son allié le plus remuant Cohn-Bendit et les siennes, l'artiste risque de décevoir tout le monde ! Si par ailleurs j'ai aussi un conseil à donner au NPA : qu'il ne tarde pas trop à se lancer clairement dans la campagne (et je préfère nettement la candidature Jennar à celle de Bové).


« L'handicap » Melenchon

Il serait injuste d'oublier l'autre candidat qui peut arrêter net Bové dans sa marche à la députation. Le PCF est en train de préparer ses listes (2) et pour notre grande région les secrétaires fédéraux sont majoritairement favorables à une tête de liste « d'ouverture ». Pour traduire en langage plus clair, il s'agit d'un tête de liste qui aurait un pied à terre en Aveyron (lui aussi) et qui est devenu le dirigeant d'un nouveau parti le Parti de Gauche (PG). A l'inverse de Bové, Jean-Luc Mélenchon est un vieux routier de la politique dont il connaît bien les ficelles. Il ne pouvait quitter le PS pour se présenter à une élection en y apparaissant comme un diviseur. C'est donc naturellement que dès le départ PCF et PG annoncèrent leur alliance mais, si politiquement c'est assez simple, techniquement c'est plus compliqué. Le PCF est maître du jeu et parle donc, non d'alliance mais de « candidat d'ouverture », la décision étant renvoyée aux hautes sphères du parti. Dans le grand Sud-Ouest une liste strictement communiste se retrouvera sûrement derrière Bové et Jennar mais avec Mélenchon, autre figure médiatique, impossible de mesurer l'impact car le cas est totalement nouveau. Première donnée : jusqu'à quand faudra-t-il attendre pour connaître la décision ? Un parachutage décidé en mai pour le mois de juin (c'est le calendrier qui avait été adopté en 2004 !) c'est l'échec garanti. Or, dans une région fortement socialiste le choix de Mélenchon serait très judicieux pour mesurer jusqu'à quel point il peut attirer une part de l'électorat socialiste. Cependant son apport compenserait-il les effets négatifs de la crise interne au PCF qu'il pourrait alimenter ?


L'aide involontaire du FN

Mystère du mode de scrutin : peut-être que le FN tient la réponse aux questions posées. En 2004 il a été parmi les « petites » listes avec un élu. En 2009, il y a une guerre interne qui est la version locale de la guerre de succession interne nationale. Jean-Claude Martinez, l'élu sortant veut rester en piste mais Marine Le Pen a dans notre région son bras droit, Louis Alliot, qu'elle voudrait voir en première place. Comme il ne peut y avoir qu'un élu, Martinez menace de présenter une liste dissidente. Le FN pourrait alors passer en dessous de 6% et voilà que tout d'un coup, il y aurait place pour deux autres « petits » candidats et même peut-être trois ! Bové, Jennar, Mélechon tous élus ? Pourquoi pas ! C'est ce qui serait le mieux mais en ce qui me concerne, je n'en parle qu'en tant que spectateur parce qu'au bout du chemin nous savons, surtout pour le Parlement européen, que l'élu a été doté abusivement du titre de député. Le Parlement européen devrait intervertir son nom avec le Conseil européen : comme c'est au Conseil qu'il y a le pouvoir (avec la commission de Bruxelles), il devrait s'appeler Parlement, et comme l'actuel parlement ne sert que de conseil, il devrait s'appeler Conseil européen avec des élus qui deviendraient de simples conseillers.

                                                               17-01-2009 Jean-Paul Damaggio


(1) Résultats de 2004 : Elus PS : Kader Arif, Françoise Castex, Robert Navarro, Béatrice Patrie pour 30% ; Elus UMP, Christine de Veyrac , Alain Lamassoure pour 15% ; Elus UDF Jean-Marie Cavada, Anne Laperrouze pour 13%, 1 élu FN J-C Martinez pour 8,7% et un élu Vert Onesta pour 8,3%. Le PCF allié avec Mars avait fait 6,4% et la LCR conduite par Krivine seulement 2,5%.


(2 Je ne cache pas que je suis fatigué par des membres du conseil national du PCF (Gilles Alfonsi par exemple) qui continuent de faire comme si des listes unitaires étaient encore possibles. Marie-Pierre Vieu secrétaire fédérale des Hautes-Pyrénées, est bien placée pour lui expliquer où en sont les discussions !

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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 19:56

Parfois en rire... souvent, malheureusement en pleurer.


-- Quand ce n'est pas la sardine qui bloque le port de Marseille, c'est la neige qui met la pagaille dans la région ! Si Nanard, l'homme de toutes les situations était là, comme au bon temps crapuleux de l'OM, cela ne serait pas arrivé !


-- Tristement dramatique et insupportable, le pouvoir israélien après avoir une fois de plus ordonné des bombardements et des interventions terrestres sur Gaza, avec la complicité de la communauté internationale, semble faire un geste, en permettant 3 heures par jour le passage dans les couloirs humanitaires. On croit rêver ! Tuer avec facilité et force des personnes dont beaucoup de civils, d'enfants et ensuite faire un geste, pour se donner bonne conscience face aux réactions indignées. Quelle honte, quel cynisme, ce massacre !


Quand on connaît la complexité tragique de ce long conflit, la désespérance du peuple palestinien, les nombreuses résolutions non respectées par les israéliens depuis de nombreuses années,c'est vraiment trop facile d'invoquer les tirs du Hamas (ceux ci bien sûr,ne facilitent pas la situation ) pour justifier cette effroyable nouvelle intervention.


-- Des décisions géostratégiques,des histoires de sous,des contrats d'énergies,font que dans ce monde de Brut,du côté de la Russie,cela ne gaze plus avec l'Ukraine. C'est le grand froid sibérien à nos portes. Notre ministre de l'environnement toujours prompt à intervenir rassure nos concitoyens : vous ne serez pas sans gaz !


-- EDF communique. Ces jours ci avec les grands froids, nous frisons à certains moments le seuil maximum de production d'électricité.

Que faut il en déduire ? Que pour l'avenir, nous serons pourvus et sauvés avec l'agrandissement de notre parc de centrales nucléaires, EPR...

Tout doucement mais sûrement, on manipule le citoyen si souvent frileux ! Le temps s'y prête !

Cure de ne pas avoir résolu le problème des déchets radioactifs,de ne pas être à jour pour l'entretien de certaines centrales,de ne pas maîtriser le possible accident irréversible,un jour ou l'autre dans une de nos centrales.

Fuite en avant !

Préconiser avec insistance divers programmes d'économie d'énergie dans tous les secteurs, se mobiliser fortement pour diversifier nos sources d'énergies, cela ne semble pas aujourd'hui assez rentable pour ces groupes industriels et financiers.


--Même si derrière cette course en voiliers autour du monde, c'est un réseau de sponsors, des enjeux d'argent, je trouve sympa, humain et solidaire, le sauvetage de Jean le CAM avec l'aide apportée par un autre concurrent de la course, Vincent Riou.


Ceci dans une mer déchaînée au bout du monde. Ces supers bateaux sont techniquement très perfectionnés, mais ce n'est pas une promenade de santé que tenter ce challenge. Mais pour les passionnés c'est de superbes images de voiliers qui surfent sur toutes les mers du monde. Je pense qu'il faut vraiment en avoir...du courage, parfois de l'inconscience, de la maîtrise technique, de la chance aussi.

Moi qui suis courageux mais pas téméraire, ce type d'aventure moderne me fait voguer, planer... Ce n'est pas le cas avec le nouveau Paris Dakar qui se déroule en Amérique du Sud. Chacun son rêve, ses émotions !


                                                                                                        Francis Melou


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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 07:58

Rappel des faits : Mazamet, le samedi 21 avril 2007.

Quatre personnes marchent dans une rue de Mazamet après un repas dans un restaurant. Pour s'amuser, l'une des quatre personnes, Thomas R, porte sur son dos Guy. Les deux autres personnes, Valériane et Thomas M marchent à quelques pas devant eux.

Une voiture de police s'arrête à la hauteur de Thomas R et de Guy. L'un des policiers sort de la voiture en courant et projette Thomas R à terre et le frappe à coup de matraque. Guy et Thomas R s'insurgent et demandent au policier de mettre fin à cet acte de violence inouïe. Le second policier gifle très fortement Thomas M. Des témoins assistent au matraquage de Thomas R, qui, immobilisé au sol, frappé par les deux policiers, essuie des coups de matraques et des coups de pieds. Les policiers menottent ensuite les deux Thomas et les transportent au commissariat de Mazamet, où ils finiront la nuit après un passage aux urgences de l'hôpital local et une série d'humiliations commises par les mêmes policiers.

Le lendemain, les deux victimes de ces violences policières déposent une plainte auprès du procureur de la République, plainte qui sera rejetée : preuves insuffisantes ! Malgré les témoins ! Les services de la « police des polices » ont mené leur enquête en auditionnant certains témoins (et pas d'autres ?). Verdict : RAS ! La Commission de Déontologie de la Sécurité, saisie elle aussi, rend un verdict non moins aberrant : pas de faute de la part des policiers à constater sauf peut-être une expérience pouvant être vécue comme humiliante au commissariat (fouille et mise à nu devant tout le commissariat et des autres gardés à vue).

Le comble arrive enfin : les policiers responsables de ce déchaînement de violences injustifiées déposent à leur tour plainte contre leurs victimes - pour « outrages et rébellion » !

Le procès s'est déroulé à Castres le 12 novembre 2008. Malgré une bonne plaidoirie de Pascal Nakache, avocat des deux Thomas, démontrant les aberrations de cette plainte, la procureure de la République s'en tient aux propos des policiers qui affirment que Messieurs Thomas R et Thomas M. auraient refusé de présenter leurs documents d'identité. Et que c'est ce refus qui aurait entraîné les actes de violence.

Paroles des uns contre paroles des autres, malgré la déposition d'un témoin affirmant que les policiers ont frappé Thomas R sans lui demander de décliner son identité.

Le verdict a été rendu le mercredi 17 décembre 2008 : aux accusations de « rébellion et insultes à agents », messieurs Thomas R et Thomas M sont considérés coupables. La peine : 600 € d'amende avec sursis sur 5 ans. Ainsi que 300 € de dommages et intérêts pour chaque policier et 250 € au titre des frais de justice. Soit 550 € à verser pour chacun aux policiers !


Si je comprends bien ce verdict : la juge les considère coupables mais ne les sanctionne pas à ce titre. Car l'« outrage » est puni d'une amende de 7500 € (article 433-5 du Code pénal) et la « rébellion » est punie de 6 mois d'emprisonnement et de 7500 € d'amende (article 433-6 du Code pénal).   


Le soutien organisé autour du groupe local d'Amnesty International de Castres-Mazamet aura permis de recueillir un peu moins de 2000 €. Malheureusement, cela ne suffit pas pour couvrir tous les frais auxquels les deux Thomas doivent faire face. C'est l'argument principal de leur refus d'aller en Cours d'appel.

            

À Aussillon (81), le 20 décembre 2008.


                                                                                                               Patrice Kappel.


Adresse du groupe d'Amnesty International pour tout soutien aux 2 Thomas : Amnesty International, place du 1er mai. 81100 Castres.

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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 11:00

Voici un extrait d'une brochure des Editions La Brochure 82210 Angeville intitulée Voyage révolutionnaire, Impression d'un propagandiste (60 pages, 5 euros) et publiée en 1910 par Victor Griffuelhes, un natif de Nérac (1874-1922) qui fut un des premiers grands dirigeants de la CGT au moment de sa période anarcho-syndicaliste. Sa vision de Toulouse surprend dans le cadre d'un voyage, où il fait rarement appel aux considérations utilisées. Précision utile : il était cordonnier.


 


                                                                        Dessin : Rosendo Li.


Toulouse : vie joyeuse, centre ingrat


Toulouse est cette ville remplie d'une vie bruyante, bourdonnante, qui passe son existence à chanter et à rire. Les faits les plus importants s'y déroulent au milieu d'une population avide de distractions. Les gens se fâchent souvent, très souvent. Leur colère est alors une forme du rire.

Toulouse n'est ni industrielle, ni commerciale, ni bourgeoise, ni ouvrière ; elle est un grand village. Rien - le caractère, les mœurs, le mode de vie, les rapports entre les classes et les hommes - ne contribuent à donner à la cité languedocienne une activité ouvrière constante et profonde. Il n'y a donc pas un mouvement ouvrier intense. Le recrutement syndical rencontre de grandes difficultés et l'action des syndicats s'exerce sans trouver de grands échos parmi le prolétariat toulousain. La besogne syndicale est en effet pour lui trop aride, trop monotone, elle est faite de petits incidents qui se succèdent et se précipitent parfois. Pour lui faire rendre efficacité et profit, il faut suivre chaque jour cette besogne, s'y attacher. Sans elle, il n'y a pas ces explosions de vie qui ont étonné, surpris, puis effrayé la bourgeoisie et qui mettent en relief le travail silencieux et quotidien.

Toulouse est une des rares villes qui n'ont pas connu dans le mouvement syndical les divisions politiques. C'est que la politique sectaire n'a pas grande prise sur le toulousain, car elle exige ténacité et obstination ; qualités ou défauts que ne possède pas l'habitant de Toulouse. Il se montre en toute chose un amateur, un dilettante, un homme heureux, à la recherche de sensations et d'impressions. Il est cependant capable de s'émouvoir, de s'intéresser, de se passionner.

Le terrain sur lequel il est chez lui, bien chez lui est celui de la lutte électorale. S'amuser du candidat, se battre pour lui sont des passe-temps. La vie en un mot est un théâtre où il est tantôt acteur, tantôt spectateur, jouant les rôles avec le même entrain et le même laisser-aller.

Ville et population étranges, complexes, sautillantes, pleines de charme séducteur dont on aime à s'approcher pour goûter le repos de l'esprit. Les militants ont une rude tâche à accomplir : lutte contre le milieu davantage que contre les hommes. Ils se dépensent de façon continue pour cet objet. Ils enregistrent des progrès, insuffisants à leur gré.

L'industrie qui domine dans Toulouse est celle de la chaussure ; elle comprend plus de trois mille ouvriers, le syndicat en compte une trentaine. Et cependant tout a été fait en vue d'amener cette catégorie de prolétaires à l'organisation. Le cordonnier reste indifférent, se bornant à vibrer sous le choc de fortes commotions ; il aime à faire de son réduit un « petit Capitole », et de cela il est fier. L'ouvrier d'usine, dont le nombre croît au détriment de celui qui travaille à domicile, est victime d'une situation qui ressemble en bien des points à celle du tisseur : l'organisation est venue après l'entrée du machinisme et son développement. Il n'a pu de ce fait s'en rendre en partie le maître. Puis le machinisme a déplacé peu à peu les centres de production ou les a affaiblis.

C'est ainsi que Limoges, Angers, Amiens, Lyon, Paris ont perdu de leur activité. A l'avantage de quel centre ? Je m'avoue impuissant à répondre de façon précise. Des petits centres se sont formés dont l'approche est difficile, de sorte qu'il n'y a plus, sauf Fougères, de localité comptant une population dans la chaussure fort importance. J'ajoute qu'il n'y a pas de région dans laquelle se trouvent agglomérées de grandes fabriques. Il y a éparpillement. De Toulouse il faut aller à Limoges pour rencontrer un centre comprenant plus de mille cordonniers.

Toulouse compte un arsenal relevant de la Guerre, une manufacture de tabacs, une poudrerie. Aux syndicats de ces catégories s'ajoutent ceux des corporations indispensables à la marche d'une ville de pareille importance.

Depuis quelques mois, les progrès s'accélèrent. Un réveil fort appréciable se constate. Aussi la vie ouvrière se fortifie et s'étend. Un mouvement syndical s'affirme d'une certaine précision dans l'idée et dans la forme. Les camarades feront bien de ne pas l'identifier avec la vie électorale locale, malgré les très grands services rendus par le Midi socialiste(1), journal quotidien.


1 - Note JP Damaggio : cette référence au positif à un journal politique est unique au cours du voyage.

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3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 11:14

Quoi de plus beau en décembre que de partir pour Sauipe ? Et comment ne pas choisir, quand on veut joindre l'utile à l'agréable (une manie chez moi) les dates entre le 15 et le 20 décembre 2008 ! J'ai pu ainsi nager dans les chaudes eaux de l'Atlantique, aux côtés de Michelle Bachelet, la présidente du Chili. C'était le 17, à 7 h du matin car cette escapade aquatique ne pouvait retarder le dur travail que les présidents des Amériques développaient dans les somptueux hôtels tout proche. Sauipe, c'est Mar del Plata en plus beau, en plus génial, bref à la dimension de la grandeur du Brésil. Un projet de 100 millions de dollars pour arriver dans un paradis où tout l'écosystème est si bien protégé. Là, dans ce lieu dédié au farniente, à 100 km des immenses bidonvilles de Salvador de Bahia, pour la première fois dans l'histoire, les présidents d'Amérique latine et des Caraïbes se sont rencontrés sans la présence des autorités espagnoles ou étasuniennes ! (ne manquaient que les deux présidents de Colombie et San Salvador)

L'actuelle réorganisation du capitalisme a au moins un avantage : elle impose la multiplication des conférences les plus diverses qui tissent des liens plus fraternels entre la petite famille des chefs d'Etat de la planète. Parce que, à Sauipe comme partout, pas question d'étudier les sujets qui fâchent, et surtout celui qui fâche le plus, la domination du pays qui invitait, sur tous ses voisins ! Seules des allusions...

Le plus courageux, le président de l'Equateur, Rafael Correa, a tenu à rappeler que dans la dite réorganisation, (c'est moi qui traduit réorganisation car généralement c'est le mot « crise » que l'on emploie), il ne fallait pas répéter les principes de domination qui meurent en cette fin d'année 2008. Il a été appuyé par Fernando Lugo du Paraguay : « Nous ne devons pas répéter dans les relations économiques entre nos nations, les paradigmes utilisés par les anciennes métropoles à l'égard de leurs périphéries ». Tout le monde a très bien compris, puisque l'Equateur vient de CESSER de payer aux banques brésiliennes, ses dettes, jugées par une commission, illégales et illégitimes.

Quand le président Lula a indiqué que le nouveau monde à construire devait se faire dans le cadre des lois existantes, tout le monde a saisi cette mise en garde. Le Père Noël a des principes ! Que les présidents du Paraguay et de la Bolivie se tiennent à carreau : la bourgeoisie brésilienne ne paiera pas plus cher les matières premières qu'elle pille dans ces deux pays.


Et Chavez me direz-vous ? Plus farceur que jamais, il est arrivé avec un peu de retard pour bien rappeler qu'il digère mal le retard que met le Mercosur pour l'admettre en son sein (à moins que le débat dans son congrès (1) l'ait retenu à Caracas ?). Combien d'années encore son pays va-t-il rester dans la case observateur ? Je dis farceur car l'ambiance était vraiment à rire et à plaisanter. Le cadre, la chaleur estivale, la présence de Raoul Castro, autant de raisons de voir la vie en rose. A la conférence de presse, Lula a averti les journalistes : « ici ne lancez pas de chaussures, vu le contexte on risquerait de souffrir des mauvaises odeurs de pied ! »


Dans cette ambiance bon enfant, Morales et Chavez eurent même le courage d'afficher un désaccord au sujet du nom de la future monnaie unique, qui est encore totalement dans les limbes, mais qu'il était urgent de nommer. « Pacha » (le terre) proposa Morales. « Sucre » répondit Chavez qui apporta une justification glorieuse comme une bataille militaire : Système Unifié de Compensation Régionale. La proposition de Chavez a été retenue.


A Mme Kirchner personne ne lui parla de la grève des employés du métro de Buenos Aires, à Alan Garcia le Péruvien personne ne lui demanda l'état d'esprit des enseignants de son pays en grève chronique, quant à Daniel Ortega, qui s'est fait oublier, personne ne lui demanda pourquoi Ernesto Cardenal traite son gouvernement de dictature familiale aux méthodes fascistes, et à Félipe Calderon le Mexicain qui aurait pu lui demander des explications sur les 160 000 emplois perdus en ce mois de novembre dans son pays ? On était là, entre gens de gauche...


Sauipe, c'est vraiment un lieu magique, presque autant que Bélen. Le Brésil, un continent qui peut tout offrir ! Je ne plaisante pas : à la fin de son mandat, Lula peut devenir un Père Noël professionnel. Il va apporter à Cuba la réconciliation avec les USA, et à la France la réconciliation avec les OGM. C'est devenu un homme-ressource.


Oui, mais qui me paie un séjour aussi luxueux dans les suites du Breezes Costa do Sauipe d'où je surveille l'avenir des Amériques ? Aux tarifs facturés par mon imagination, j'arrive à tenir la distance ! J'en suis revenu avec une belle photo où, sur fond de damier bleu et blanc cher au logo du Mercosur, Chavez serre contre lui d'un côté une jeune dame, et de l'autre Raoul Castro qui aura eu la déclaration la plus sensée : « Le défi le plus grand c'est de passer des paroles aux actes ». Et généreux, il précisa même : paulatinamente. Lentement ou petit à petit), car même lentement ça serait déjà ça !

                                                                                    20-12-2008 Jean-Paul Damaggio


1         -Le Congrès du Venezuela vient d'achever la mise au point du texte qui sera à nouveau présenté aux électeurs pour empêcher toute limitation de candidature à la présidentielle.


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