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3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 11:14

Quoi de plus beau en décembre que de partir pour Sauipe ? Et comment ne pas choisir, quand on veut joindre l'utile à l'agréable (une manie chez moi) les dates entre le 15 et le 20 décembre 2008 ! J'ai pu ainsi nager dans les chaudes eaux de l'Atlantique, aux côtés de Michelle Bachelet, la présidente du Chili. C'était le 17, à 7 h du matin car cette escapade aquatique ne pouvait retarder le dur travail que les présidents des Amériques développaient dans les somptueux hôtels tout proche. Sauipe, c'est Mar del Plata en plus beau, en plus génial, bref à la dimension de la grandeur du Brésil. Un projet de 100 millions de dollars pour arriver dans un paradis où tout l'écosystème est si bien protégé. Là, dans ce lieu dédié au farniente, à 100 km des immenses bidonvilles de Salvador de Bahia, pour la première fois dans l'histoire, les présidents d'Amérique latine et des Caraïbes se sont rencontrés sans la présence des autorités espagnoles ou étasuniennes ! (ne manquaient que les deux présidents de Colombie et San Salvador)

L'actuelle réorganisation du capitalisme a au moins un avantage : elle impose la multiplication des conférences les plus diverses qui tissent des liens plus fraternels entre la petite famille des chefs d'Etat de la planète. Parce que, à Sauipe comme partout, pas question d'étudier les sujets qui fâchent, et surtout celui qui fâche le plus, la domination du pays qui invitait, sur tous ses voisins ! Seules des allusions...

Le plus courageux, le président de l'Equateur, Rafael Correa, a tenu à rappeler que dans la dite réorganisation, (c'est moi qui traduit réorganisation car généralement c'est le mot « crise » que l'on emploie), il ne fallait pas répéter les principes de domination qui meurent en cette fin d'année 2008. Il a été appuyé par Fernando Lugo du Paraguay : « Nous ne devons pas répéter dans les relations économiques entre nos nations, les paradigmes utilisés par les anciennes métropoles à l'égard de leurs périphéries ». Tout le monde a très bien compris, puisque l'Equateur vient de CESSER de payer aux banques brésiliennes, ses dettes, jugées par une commission, illégales et illégitimes.

Quand le président Lula a indiqué que le nouveau monde à construire devait se faire dans le cadre des lois existantes, tout le monde a saisi cette mise en garde. Le Père Noël a des principes ! Que les présidents du Paraguay et de la Bolivie se tiennent à carreau : la bourgeoisie brésilienne ne paiera pas plus cher les matières premières qu'elle pille dans ces deux pays.


Et Chavez me direz-vous ? Plus farceur que jamais, il est arrivé avec un peu de retard pour bien rappeler qu'il digère mal le retard que met le Mercosur pour l'admettre en son sein (à moins que le débat dans son congrès (1) l'ait retenu à Caracas ?). Combien d'années encore son pays va-t-il rester dans la case observateur ? Je dis farceur car l'ambiance était vraiment à rire et à plaisanter. Le cadre, la chaleur estivale, la présence de Raoul Castro, autant de raisons de voir la vie en rose. A la conférence de presse, Lula a averti les journalistes : « ici ne lancez pas de chaussures, vu le contexte on risquerait de souffrir des mauvaises odeurs de pied ! »


Dans cette ambiance bon enfant, Morales et Chavez eurent même le courage d'afficher un désaccord au sujet du nom de la future monnaie unique, qui est encore totalement dans les limbes, mais qu'il était urgent de nommer. « Pacha » (le terre) proposa Morales. « Sucre » répondit Chavez qui apporta une justification glorieuse comme une bataille militaire : Système Unifié de Compensation Régionale. La proposition de Chavez a été retenue.


A Mme Kirchner personne ne lui parla de la grève des employés du métro de Buenos Aires, à Alan Garcia le Péruvien personne ne lui demanda l'état d'esprit des enseignants de son pays en grève chronique, quant à Daniel Ortega, qui s'est fait oublier, personne ne lui demanda pourquoi Ernesto Cardenal traite son gouvernement de dictature familiale aux méthodes fascistes, et à Félipe Calderon le Mexicain qui aurait pu lui demander des explications sur les 160 000 emplois perdus en ce mois de novembre dans son pays ? On était là, entre gens de gauche...


Sauipe, c'est vraiment un lieu magique, presque autant que Bélen. Le Brésil, un continent qui peut tout offrir ! Je ne plaisante pas : à la fin de son mandat, Lula peut devenir un Père Noël professionnel. Il va apporter à Cuba la réconciliation avec les USA, et à la France la réconciliation avec les OGM. C'est devenu un homme-ressource.


Oui, mais qui me paie un séjour aussi luxueux dans les suites du Breezes Costa do Sauipe d'où je surveille l'avenir des Amériques ? Aux tarifs facturés par mon imagination, j'arrive à tenir la distance ! J'en suis revenu avec une belle photo où, sur fond de damier bleu et blanc cher au logo du Mercosur, Chavez serre contre lui d'un côté une jeune dame, et de l'autre Raoul Castro qui aura eu la déclaration la plus sensée : « Le défi le plus grand c'est de passer des paroles aux actes ». Et généreux, il précisa même : paulatinamente. Lentement ou petit à petit), car même lentement ça serait déjà ça !

                                                                                    20-12-2008 Jean-Paul Damaggio


1         -Le Congrès du Venezuela vient d'achever la mise au point du texte qui sera à nouveau présenté aux électeurs pour empêcher toute limitation de candidature à la présidentielle.


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Published by ALTERS ECHOS, le journal
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