Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 11:50

 

Les élections régionales viennent de s’achever. La droite a de nouveau été largement désavouée. Le PS, parti le plus organisé et le plus structuré, en a tiré le plus grand bénéfice, à la tête de vingt et une régions dans le cadre de coalitions de gauche réunissant Front de Gauche et Europe-Ecologie. L’attitude classique,  « prendre le plus gros bâton pour taper » sur la politique gouvernementale, a encore fonctionnée. Cela impose de se garder de tout triomphalisme, ce d’autant plus que le taux d’abstention va en s’aggravant, en particulier dans les quartiers populaires.

 Mais 2010 n’est pas 2004, ni nationalement, ni régionalement. L’élection de Nicolas Sarkozy, sa politique de destruction systématique, l’émergence de façon globalisée de l’ensemble des crises écologique, énergétique, sociale, économique et financière, ont changées la donne.

C’est à ces défis qu’Europe Ecologie tente de répondre par une démarche politique originale et, quitte à en dérouter certain-e-s, originelle. Le système est en train de s’épuiser, toujours plus injuste, ici et ailleurs, dans une course désespérée exploitant toujours plus les humains, épuisant toujours plus la planète. Au-delà d’une nécessaire redistribution plus égalitaire des « richesses », c’est à un autre système, juste écologiquement et socialement qu’il faut nous atteler. La sortie du système productif capitaliste, privé ou d’état, est indispensable pour construire un monde respectueux de la planète et de l’ensemble des humains. Nous sommes aux antipodes des « travailler plus pour gagner plus » ou « relancer la croissance pour résoudre la crise ».  Europe-Ecologie, ferme et ambitieuse sur ses objectifs, accepte cependant la nécessité en démocratie de passer par des phases transitoires. L’immensité du défi n’empêche pas la lucidité et de se méfier des grands soirs.

Mais Europe-Ecologie, c’est aussi la volonté de construire un mouvement politique qui se dégage des structures traditionnelles des partis. Aujourd’hui, l’engagement politique est multiforme, défense et conquête de certains droits, protection de sans-droits, lutte pour la planète, contre les pollutions, pour une alimentation saine, contre l’emprise automobile ou le nucléaire, protection des salariés, partage des richesses, respect des peuples du Sud, etc. Tous ces combats se retrouvent dans le paradigme écologique. Il nous faut construire un mouvement qui permette à toutes ses luttes de se regrouper, tout en laissant à chaque individu la définition de son champ de militantisme. La partie organisationnelle, réponse aux règles démocratiques et institutionnelles, est bien évidemment partie prenante de ce regroupement politique coopératif.

C’est ce double engagement qui fait d’Europe-Ecologie l’un des moteurs politiques du changement, celui qui lutte pour « un autre monde », celui qui se bat pour « faire de la politique autrement ».

C’est aussi notre défi en Midi-Pyrénées. Ayant pu imposer le respect de la proportionnelle grâce au 13,4% obtenus, quinze élu-e-s écologistes ont été élus, représentant de nombreuses facettes de l’écologie : paysans, militants de l’économie sociale et solidaire, environnementalistes, régionalistes, altermondialistes, membres des Verts.

 Affaires internationales et coopération décentralisée pour l’altermondialisme, Développement durable pour l’écologie, Economie sociale et solidaire pour une autre vision de l’économie, Solidarités pour la justice sociale, leurs fonctions aux vice-présidences sont en cohérence avec le projet écologiste.

Mais rien ne se fera si le lien entre terrain et élu-e-s n’est pas conservé, enrichi. Des rendez-vous sont déjà donnés, des assises nationales pour l’emploi, la mise en place de débats pour la structuration d’Europe Ecologie devant aboutir à « un congrès fondateur » pour la fin 2010. Des débats s’engagent. Vous pouvez y participer en allant sur le site d’Europe Ecologie.

C’est ensemble que nous construirons l’avenir écologique et social.

                                            

                                                                                                   François Simon

Repost 0
Published by ALTERS ECHOS, le journal - dans Elections régionales
commenter cet article
24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 07:55

Suite des analyses post-régionales...

 

C’est une toute nouvelle configuration qui s’est imposée en France avec les élections régionales. La droite et Nicolas Sarkozy ont essuyé une défaite sans appel. Ils ne disposent
plus de la moindre légitimité pour poursuivre
leur politique de destruction sociale et environnementale. Mais, quoi qu’ayant bénéficié d’une poussée sans précédent à des élections de ce type, la gauche et les écologistes ne sauraient négliger l’immensité
de la souffrance sociale et de la désespérance
politique révélée par l’abstention populaire. D’évidence, une crise sociale et politique majeure s’est ouverte. Prétendant y apporter une réponse, l’extrême droite s’est remise en embuscade. La question de l’alternative à gauche s’en trouve reposée en de nouveaux termes.


Alors que le gouvernement se prépare à relancer ses attaques destructrices, contre le droit à la retraite à 60 ans par exemple, alors que les marchés financiers en folie orchestrent une nouvelle offensive spéculative
contre la zone euro, des confrontations essentielles se dessinent pour les prochains mois. Bien avant le rendez-vous de 2012, leur issue déterminera le rapport des forces en France. Par conséquent, pour rouvrir le chemin
de l’espoir à celles et ceux que démobilise
un terrible sentiment d’impuissance face aux ravages d’un capitalisme plus prédateur que jamais, il convient de répondre aux attentes
qui montent de la société.


Pour dire les choses autrement, à gauc
he, l’urgence est de s’atteler à la redistribution
des richesses, de reprendre la main sur l’économie en n’ayant plus peur du mot « nationalisations » et en constituant notamment un grand pôle public bancaire, d’élargir de nouveau le champ des services publics, de s’atteler à la construction d’une Europe émancipée du dogme de la « concurrence libre et non faussée ». L’urgence est de rompre
avec les logiques d’accommodement avec un libéralisme en faillite, ces logiques qui nous ont menés à toutes les défaites des quinze dernières années. L’urgence est de se tourner vers les classes populaires et la jeunesse, ce qui se révèle incompatible avec les tentatives de recomposition au centre du jeu politique, que s’obstinent à porter, en dépit de l’effondrement du Modem, nombre des dirigeants du Parti socialiste ou encore Daniel Cohn-Bendit. L’urgence est de ne plus confondre la prise en compte de l’exigence écologique avec l’accompagnement d’un « capitalisme vert » qui en est la négation même. L’urgence est de défendre la solution politique à même de favoriser, non une énième alternance molle à la tête du pays, mais un changement radical de la politique : un Front populaire de combat, adapté aux conditions de ce XXIe siècle.

Depuis un an, le Front de gauche a commencé de dessiner cette nouvelle voie pour la gauche. Aux dernières régionales, sans élargir suffisamment son espace électoral, il s’est néanmoins enraciné, jusqu’à devenir la troisième composante incontournable de la gauche. C’est ainsi qu’en Midi-Pyrénées, il a, à peu de choses près, retrouvé le nombre des suffrages obtenus au scrutin des européennes. Au demeurant, l’intérêt que lui vaut le rassemblement inédit dont il porte les couleurs - entre ces trois traditions historiques qu’incarnent le Parti communiste, le Parti de gauche et la Gauche unitaire - lui ont permis de réaliser une première jonction avec divers secteurs du monde syndical et associatif.


Il lui appartient désormais, fort de cet acquis, de poursuivre son action et de participer
au débat au sein de la gauche, afin d’y faire bouger les lignes, d’y changer le rapport des forces, d’y faire triompher une orientation de transformation sociale et écologique
conséquente. Loin de se contenter d’une posture de témoignage, il est en effet
animé d’une ambition majoritaire. C’est pour lui faire franchir une nouvelle étape que j’ai proposé, à mes camarades du Parti communiste et du Parti de gauche, la tenue d’Assises du Front de gauche avant la fin de l’année 2010.



                                                                        Christian Picquet
                                                                        Porte-parole de Gauche unitaire
                                                                        Tête de liste du Front de gauche en Midi-Pyrénées

Repost 0
Published by ALTERS ECHOS, le journal - dans Elections régionales
commenter cet article
19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 08:59

Les régionales sont passées...

Premières analyses... Aujourd'hui, Jean Falco

 

 

Le fait marquant des régionales 2010 est la désespérance sociale : l’abstention record, plus de 53 % au premier tour et la recrudescence du vote FN en sont les symptômes majeurs. Records battus dans les catégories populaires et jeunes : 69 % chez les ouvriers, 72 % chez les 18-34 ans, 10 % d’inscrits qui votent dans certaines villes de banlieue (TNS Sofres)…Ce qui n’empêchait pas la droite, au soir du premier tour, de s’appuyer sur cette abstention massive pour nier son propre échec et ôter toute signification politique à ce scrutin, jusqu’au ridicule. Comme si on pouvait déconnecter l’arithmétique de la sociologie politique.

 

La gauche de (la) gauche, elle non plus, n’est pas épargnée par la défiance concernant capacité du politique à changer les choses (« transformer le monde » de Marx ou « changer la vie » de Rimbaud). Elle ne profite ni de l’accentuation de la crise multiforme du capitalisme ni de la crise de la Social-Démocratie Européenne. Plus encore, c’est le PS qui en profite : celui-ci est jugé plus utile pour s’opposer frontalement à la politique de Sarkozy. A son corps défendant, la gauche radicale se retrouve en quelque sorte victime de l’ordre néo-libéral mondialisé qui a généré une crise anthropologique au point d’affecter profondément les individus dans leur comportement, plus soucieux de leurs intérêts particuliers que du bien commun. Ils déplorent les effets de la mondialisation capitaliste mais ils ont intégré les valeurs de cet ordre (homo oeconomicus, concurrence entre individus rivaux). Cependant cette évolution de la société n’enlève rien à la responsabilité des partis composant cette gauche-là. Après les échecs répétés de la présidentielle de 2007 et des européennes 2009, on aurait pu espérer que ceux-ci auraient fait le choix de l’unité. Nous avions nourri quelques espoirs. Les négociations en Midi-Pyrénées auxquelles les Alternatifs ont participé pendant plusieurs mois ont échoué. D’un côté, un NPA arc-bouté sur le refus par principe de toute participation à l’exécutif régional pour lui et ses partenaires, même avec l’exigence de garanties politiques fixant les conditions de présence à l’exécutif… comme si c’était la question centrale du débat public. Il y a exactement un an le NPA était donné à 9 % et le Front de Gauche à 4 % : quel chemin parcouru ! De l’autre, un PCF plus enclin à vouloir rallier autour de lui, à commencer par le FDG, qu’à participer à la construction d’un rassemblement -ouvert à des citoyens impliqués dans les mouvements sociaux et non membres de partis- avec des partenaires traités sur un pied d’égalité. C’est cette attitude hégémonique du PCF et sa conception d’un rassemblement étriqué qui a provoqué le départ des Alternatifs des négociations fin janvier 2010. Nous avons décliné l’invitation d’être de simples figurants le temps d’une campagne électorale. La plupart de ses dirigeants, assumant mal le choix des militants en faveur d’une stratégie autonome vis à vis du PS, portaient leur priorité politique sur la conservation des 9 sièges des conseillers régionaux sortants. En dehors du Languedoc-Roussillon et du Limousin -où l’union du PCF au NPA, celle que nous souhaitions, s’est faite- globalement il s’agit d’un échec prévisible qui paradoxalement favorise l’émergence d’une alliance PS-VertsEE-Modem, pourtant rejetée par la gauche radicale. L’échec du Modem, imputable à l’exercice solitaire de son chef, s’il écarte momentanément la recomposition au centre ne fait pas disparaître pour autant toute orientation centriste dans la perspective de 2012.

 

 Le succès d’Europe Ecologie (EE) aux européennes et sa confirmation aux régionales, même avec un score moindre, peut lui permettre en devenant le « pivot de la vie politique » d’incarner ce centrisme politique. En se forgeant une image bâtie sur le rassemblement des écologistes, EE s’est retrouvée en phase à la fois avec des milieux qui sont sensibles à la crise écologique et critiques envers la pratique politicienne des partis. En évitant toute référence à la nature du système (le terme « capitalisme » n’est jamais évoqué) et aux antagonismes gauche-droite, EE rallie les classes aisées et moyennes. Le pragmatisme si souvent évoqué par E.E comme principe de l’action politique trouve ses limites quand les questions posées relèvent des choix de société. D’accord pour décarboner l’économie, l’ambition d’EE se limite-t-elle à écologiser le marché, c'est-à-dire à faire du greenwashing pour perpétuer le système existant. Non, la gestion de la nature ne peut pas être marchande. Si la véritable ambition est d’écologiser la société, je serai plus enclin à suivre la recommandation d’Herve KEMPF (journaliste au Monde et auteur de « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme »).

Croit-on sérieusement que l’on règlera la crise climatique avec le marché (spéculatif) des droits à polluer ? De même que le vote d’EE en novembre 2009 (à l’exception de J.Bové)   n’est pas pour nous rassurer, cela revient à s’en remettre à l’énergie nucléaire pour « une économie à faible intensité de carbone ».

Comment faire croire qu’il est possible de développer des Services Publics Européens lorsqu’on adhère au traité de Lisbonne qui en est la négation même. Ce même traité n’interdit-il pas de facto toute solidarité envers les états –même membres de l’U.E, comme c’est le cas de la Grèce- en ne considérant pas la monnaie comme un bien public (article 101), les obligeant à emprunter auprès des marchés financiers à des taux plus élevés.

Et enfin, à ne jamais poser la question de la propriété des moyens de production, EE pense-t-elle démocratiser la société en laissant tout le pouvoir –au nom du droit de propriété privée- entre les mains des actionnaires. Du côté des promoteurs de l’ultralibéralisme la réponse a le mérite d’être claire et sans appel. Milton FRIEDMAN il y a quelques années dans le Monde tranchait : « la question cruciale n’est pas de savoir si l’on fera jouer le marché ou pas. Toutes les sociétés se servent du marché. La distinction cruciale est celle de la propriété privée ». On n’est pas dans la demi-mesure. On ne peut pas en dire autant de Pascal CANFIN, député européen d’EE, économiste et auteur du manifeste d’EE aux européennes « Contrat écologique pour l’Europe », qui se contente de rappeler « qu’une économie purement capitaliste n’existe pas et n’a jamais existé ». C’est vrai littéralement mais la logique économique dominante n’est-elle pas celle d’un capitalisme financier qui écrase les hommes et la nature ? Autre citation du même auteur : « Ainsi, nos économies sont des économies avec marché, et non uniquement « de » marché ». On n’est pas loin de Lionel JOSPIN : « Oui à une économie de marché, non à une société de marché ». On fait comme si, comme si le mode production capitaliste qui étend la sphère de la marchandise à la terre entière n’était pas en passe d’y soumettre toutes les activités humaines. 

 

D’accord aussi, pour des « solutions écologiques, sociales et démocratiques » comme l’annonce EE, mais celles-ci seront d’autant plus crédibles et vraisemblables qu’elles s’inscriront dans la perspective d’un écosocialisme autogestionnaire.

 

                                                                                             Jean Falco

 

(1) Appel de personnalités de gauche se réclamant de la gauche de transformation sociale et écologique paru dans Politis n° 1097 avec un titre différent.

 

Repost 0
Published by ALTERS ECHOS, le journal - dans Elections régionales
commenter cet article
20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 08:31

 

 

Le 4 décembre, lors de l'AG statutaire, les adhérents de l'AMP ont débattu du positionnement de l'association pour les élections régionales de mars 2010. Les précédentes discussions laissaient augurer d'une véritable divergence sur la stratégie à adopter.

Déjà en juin 2009, l'AMP n'avait soutenu aucune liste en particulier. Chaque adhérent a librement fait campagne pour la liste de son choix : Europe Ecologie, Front de Gauche, N.P.A …

Depuis quelques semaines, certains ont pris leurs distances, d'autres ont clairement rompu les liens. Les questions qui agitent l'AMP sont celles qui traversent toute la gauche. Un véritable front de gauche a du mal à émerger. Les discussions entre le Parti de Gauche, le PC, le NPA, les Alternatifs s'éternisent et connaissent des rebondissements incessants. Bien sûr le positionnement par rapport au PS est aussi un point d'achoppement.

Que reste-t-il du formidable espoir soulevé par la campagne du « Non au TCE » qui laissait augurer un véritable rassemblement à la gauche du PS ? Après l'échec de la candidature unique aux Présidentielles et au cafouillage des législatives, certains veulent encore y croire et œuvrent pour que des listes unitaires émergent aux régionales.

Parallèlement, le succès d'Europe Ecologie aux élections européennes a amplifié la dynamique de ce rassemblement. De nombreux militants de l'AMP sont déjà investis dans la campagne des régionales au titre de candidats ou sympathisants.

Doit-on opposer l'écologie et le social ? Y aurait-il d'un côté Europe Ecologie, rassemblement écolo pur jus et de l'autre les tenants d'une gauche de gauche sans concession ? Soutenir Europe Ecologie est-ce renier la dimension sociale de la politique ? Soutenir la tentative de création d'un front de gauche, est-ce faire fi de l'avenir de la planète ? Ne peut-on admettre que les lignes bougent ? L'apport des altermondialistes au sein d'Europe Ecologie ne peut être tenu pour quantité négligeable, les efforts de ceux qui veulent à tout prix créer une dynamique unitaire sont évidemment respectables.

Force est de constater que les interminables palabres entre les partis, englués dans la politique politicienne et la farouche volonté de défendre leurs propres intérêts ont lassé et découragé.

Les sympathisants d'Europe Ecologie veulent croire en un véritable élan capable de créer du changement et pensent qu'ils peuvent contribuer à ancrer ce mouvement à gauche.

Pour toutes ces raisons, les adhérents ayant participé à ces discussions le 4 décembre ont décidé de ne pas voter sur une position de l'AMP aux élections régionales.


                                                                                                             Véronique Vinet

Repost 0
Published by ALTERS ECHOS, le journal - dans Elections régionales
commenter cet article
8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 09:24


 Dernière nouvelle, Christian Piquet, ex LCR, ex NPA serait tête de liste du Front de Gauche pour les régionales et dans le 82, parce pas investi en Ile de France, par la coordination du même Front…

Dans la gauche radicale, de gauche, réelle, anti-capitaliste, anti-libérale, …il se passe toujours quelque chose. En attendant, les autres sont déjà en campagne depuis plusieurs mois. Mais ne doutons pas qu’il y ait encore quelques petites surprises concoctées principalement par nos amis du Parti Communiste. Vous avez connus les élections régionales de 2004, les collectifs anti-libéraux, l’élection présidentielle avec M.G. Buffet, les élections municipales à Montauban ou ailleurs, gardez la plume pour noter la suite des aventures de la Gauche Critique…

 Rassemblons nos forces pour améliorer le fonctionnement, le projet et la démarche d’Europe-Ecologie et des Verts. Afin de peser réellement en créant un rapport de forces suffisant par rapport aux partenaires potentiels de gauche pour amener la région Midi-Pyrénées à réaliser les meilleurs choix sur les plans écologiques, sociaux, économiques et démocratiques, ma décision est prise depuis plusieurs semaines et dans la logique de mon soutien à la campagne présidentielle de José Bové, de liste autonome à chaque élection (municipales en 2008 pour la dernière), de mes engagements de militant. Face à l’incurie d’une certaine Gauche et pour ceux qui attendent une vie politique parfaite, des individus impeccables, des organisations idéales, bon courage à eux …

 

                                                                       Philippe Debaigt 

 

Repost 0
Published by ALTERS ECHOS, le journal - dans Elections régionales
commenter cet article
5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 16:32


Le département du 82 serait-il une véritable  « république bananière » où, dans l’ombre, se font et se défont des candidatures et des listes pour les prochaines élections régionales en particulier, en dépit de toute logique et de tout respect des citoyens de ce département qui fut créé tardivement (il a fêté ses 200 ans en 2008) en rognant sur 3 autres de ses départements voisins. Est-ce cela qui lui confère une particularité immuable perpétuée par quelques individus qui détiennent un certain pouvoir ; aujourd’hui celle qui souhaite tailler des croupières au chef départemental en brigand la région tout en étant tête de liste dans le 31. A moins que comme l’affirment certains dissidents de droite qui se rassemblent dans l’U.P.M.P., il y ait connivence entre les deux B,  Baylet - Barèges. En effet, voilà t’y pas que la députée maire de Montauban a annoncé fin décembre que la tête de liste de l’UMP sur ce département serait l’élu radical de gauche, opposant à elle au conseil municipal, Th. Deville ; celui-ci piquant ainsi la place de la tête désignée précédemment, Valérie Rabassa, maire de Montech et conseillère régionale (ex UDF, ex MODEM, et depuis un an et demi, juste après les municipales, principale activiste auprès de B. Barèges).

Th. Deville était-il déçu que son chef au P.R.G. ait préféré choisir S. Pinel, sa protégée, déjà bien aidée précédemment pour gagner l’élection législative sur la 2ème circonscription ? Lui qui avait du se contenter d’une troisième place sur la liste de gauche aux municipales et malgré les propos dithyrambiques du rédacteur en chef de la Dépêche du 82 le qualifiant régulièrement de « principal orateur de l’opposition de gauche à B. Barèges ».  C’est Claude Mouchard le tête de liste, socialiste, qui devait apprécier …  Pensez-vous ! Vous vous trompez ! C’est afin de « vouloir s’inscrire dans une démarche cohérente, de modernité et de projet » que celui-ci rejoint l’UMP et plus précisément le Parti Radical Valoisien de Borloo.

Non point par déception, voyons ! Et qu’importe qu’il fût président du Cercle radical de gauche de Montauban encore 24 heures auparavant. Ce ne sont que des broutilles. Qu’importe qu’il ne démissionne pas du Conseil Municipal, il se met maintenant au service de Brigitte B. et de la « chose publique » et empoche au passage une place à l’intercommunalité toujours refusée pour un élu de gauche depuis 2001 par Mme le maire. Que n’allez-vous donc penser il s’agit pour lui « d’une évolution et non d’une révolution »…  Et puis il ne va pas cautionner une association entre les socialistes et le Front de gauche dont le Parti Communiste; parti avec lequel il a été associé, avec le P.S. et les Verts, pour être élu à la mairie, pourtant, il n’y a même pas deux ans. Quand a la future alliance entre Malvy et le N.P.A., non ! Serait-il le seul à ne pas savoir que le N.P.A. refuse toujours toute possibilité d’alliance avec les « sociaux libéraux »?    

Bah ! Celui qui en octobre 2003 s’était fait élire comme délégué des parents d’élèves au Conseil d’administration du collège de son enfant au nom d’une association classée à gauche (FCPE pour être clair) avec qui il dénonçait les graves restrictions budgétaires pour l’Education Nationale, votées déjà par la députée Barèges à l’époque, qui n’ont fait que s’aggraver depuis !!  Puis d’être candidat PRG cinq mois plus tard, sur un canton de Montauban, face à l’ancien député-maire socialiste Roland Garrigues qui l’importa très facilement au second tour contre un candidat de droite…  

Bien sûr, soyez rassuré, aucun calcul perso de sa part. Quant à rendre des comptes aux électeurs de gauche qui l’ont fait élire conseiller municipal, ça n’est pas un problème, ça n’est pas une trahison malgré la demande expresse de sa co-élue PRG, D. Salomon, qui parle aussi d’un manque d’éthique et de respect des valeurs du radicalisme. Il demeure élu  « société civile indépendante » : s’il vous plaît ne riez pas parce que Monsieur veut faire « bouger les lignes » dixit leur soutien N. Pompigne-Mognard et « sa démarche intellectuelle est parfaitement cohérente » selon V. Rabassa !  Dans l’art du « foutage de gueule et du peuple »  on atteint des sommets dans notre beau département. Ah ! J’oubliai, B.Barèges avait traité Th. Deville de « crétin » après les dernières municipales ; elle n’avait jamais présenté d’excuses malgré les réclamations de celui-ci.

                                                                                                Philippe Debaigt

Repost 0
Published by ALTERS ECHOS, le journal - dans Elections régionales
commenter cet article
3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 16:34

 

 

Je le dis d'emblée : je ne suis pas favorable à un vote, vote qui déterminerait si l'AMP soutient l'une ou l'autre des 2 "Alternatives" possibles pour les prochaines élections régionales, à savoir, le rassemblement autour d'Europe Ecologie ou celui initié par le Front de Gauche.

Un tel vote en notre sein signerait vraisemblablement la fin de l'AMP or nous sommes nombreux et nombreuses à ne pas souhaiter la disparition de notre association. Lors d'une précédente assemblée générale, j'avais déjà indiqué que si nous devions nous résoudre à voter, ce devrait être plutôt pour déterminer si une majorité souhaite vraiment ce vote.

Notre association qui est une organisation politique régionale ne peut être absente des débats pour les régionales des 14 et 21 mars 2010. Mais sous quelle forme ? Puisqu'il faut bien prendre position,  je suggère que nous soutenions les 2 listes.

En 2003, l'AMP s'est construite en voulant rassembler la gauche solidaire, écologiste et altermondialiste et elle s'était adressée aux formations de Gauche, de la LCR aux Verts. Si la LCR avait très rapidement décidé de ne pas se "compromettre" dans un tel rassemblement unitaire, le PCF et les Verts ont longtemps discuté leur participation. On connait la suite et seuls les Verts ont rejoints dans cette aventure de la liste alternative en Midi-Pyrénées, les Alternatifs, le Partit Occitan et les citoyens et citoyennes issu-e-s du monde associatif ou syndical et qui avaient fait ce choix de faire de la politique autrement.

Pour l'échéance de 2010, l'AMP ne peut plus raisonnablement être le moteur du rassemblement mais elle peut contribuer par un soutien actif aux 2 listes en présence à mettre en avant toutes nos valeurs communes. L'AMP pourrait éviter que lors de la campagne électorale les 2 listes ne se livrent une guerre fratricide en promouvant les points qui unissent plutôt que ceux de désaccord.  Elle pourrait aussi avoir un rôle utile pour le second tour, voire au delà....

Bien entendu, en prenant cette position, il n'est pas sûr que les 2 listes en présence acceptent notre soutien mais cela serait un vrai test pour l'AMP.

Il s'agit là d'une démarche un peu utopique, sans doute peu politique, mais qui permettrait de conserver notre lieu d'échange et tout ce qui va avec, comme notre journal Alters Echos ou les diverses implications de l'AMP dans les luttes sociales ou écologiques.

Nos statuts mettent en avant la recherche du consensus, le vote ne devant intervenir qu'en tout dernier recours. Il est temps de s'en rappeler afin de sauvegarder l'AMP.

Quant à cette quête de la difficile synthèse entre le Rouge et le Vert, je me plais à rappeler l'un des échanges qui avait eu lieu dans la grande salle du Sénéchal à Toulouse lors de la première réunion publique de ce qui allait devenir l'AMP. Lors de cet échange qui concernait la question épineuse du nucléaire, un membre du PCF indiquait "on sait bien qu'il faudra en sortir" alors qu'un adhérent des Verts avouait " on sait bien que ce n'est possible immédiatement". La discussion entre ces 2 militants devenait possible : l'espoir d'une liste commune alliant les luttes sociales et écologiques était né. Je ne l'ai pas oublié. L'AMP doit continuer à le porter.

 

                                                                                              Philippe Rabier

 

Repost 0
Published by ALTERS ECHOS, le journal - dans Elections régionales
commenter cet article
30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 15:14

 

Il n’y aura plus jamais de grand soir rouge. Il n’y aura pas non plus de grand soir vert. Le soleil ne sera jamais rouge sinon à son couchant. Il n’y aura jamais de soleil vert, et bien heureusement pour les cinéphiles.

Il y a juste une société dominée par un système depuis longtemps productiviste et libéral et d’état, à l’ouest comme à l’est, au nord et imposé au sud, système qui est aujourd’hui exsangue.

Il y a urgence à penser, réfléchir, imaginer, construire autrement.

Redéfinir un autre partage des richesses, une autre redistribution, impose de poser en amont ce que sera notre monde vivable.

Il est tout aussi ridicule de penser un capitalisme vert que de repeindre en vert un marxisme, même expurgé de ses expériences désastreuses.

Alors comment se débarrasser du capitalisme sans retomber dans l’illusion des grands soirs ? Cela n’est pas facile. Mais si récuser la droite est simple, la gauche est-elle pour autant exempte de relecture critique ?

L’enfermement dialectique d’un NPA dans une posture symboliquement facile, mais stérile et désespérante pour celles et ceux qu’il est censé défendre, fait de moins en moins illusion.

Les contorsions du PC paraissent pathétiques et de plus en plus vouées à un dernier tour de piste, avant l’extinction des feux.

Pareil à des cyclistes sur une piste vélodrome, PC et NPA entament un interminable « sur place » parce que le premier qui sera obligé de s’engager sur la piste, plutôt que de tomber, aura perdu. Les restes de l’autre gauche, sur les gradins attendent-ils le vainqueur du sur-place ?

Et pendant ce temps perdu, que se passe-t-il ? Le capitalisme, jamais défait, se refait une santé sur les marchés en bourse, sur celui du pétrole, des matières premières, des aliments essentiels (le riz par exemple), et sur les profits bancaires. Qu’importent l’augmentation des chômeurs dans le monde, et le nombre croissant de personnes en dessous du seuil de pauvreté. Les priorités de Copenhague se diluent dans le spectacle à venir des dirigeants du monde, alertés, conscients, apitoyés, convaincus, le temps d’une conférence.

Dès lors, la tentative de réunir partis, militants, associations divers et convaincus de l’urgence, à travers Europe-Ecologie, mérite-elle donc d’être pourfendue ainsi ? Qui, de fait, pose la question du système dans lequel nous vivons ? Il ne s’agit plus de redéfinir des clefs de répartition plus égalitaires dans un système subi mais bien de redéfinir un autre paradigme avec une autre définition des rapports Nord-Sud et de la résolution des « sud » acceptés dans le Nord. Où est donc la démarche la plus anticapitaliste ? Celle qui redéfinit le rapport de forces dans un système ou celle qui réclame une autre société ?

Avant de désespérer à nouveau d’une gauche de la gauche qui s’autodétruit de façon systématique, essayons ensemble de penser puis de peser pour cette autre société, cet autre monde.

Solidarité, Altermondialisme, Ecologie, … avez-vous lu ….ALTERS ECHOS…le journal de l’AMP ?

                                                                                                       François Simon.

Repost 0
Published by ALTERS ECHOS, le journal - dans Elections régionales
commenter cet article
27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 15:59


Début, aujourd'hui d'une série de prises de position sur les prochaines élections régionales


Les élections régionales seront un test à l'échelon national de la volonté de réunir dans une même alliance un arc qui lie le social et l'écologique .

En 2004 dans Midi Pyrénées, nous avions expérimenté une volont é politique qui privilégiait les convergences plutôt que les divergences dans une stratégie solidaire, écologiste et altermondialiste. Si le NPA et le PC avaient choisi pour des raisons différentes de ne pas participer à cet arc politique, plusieurs de leurs militants à titre personnel avaient fait ce choix. Inédit, à l'échelle française, l'impact de ces listes de l'Alternative en Midi Pyrénées rassemblant les Verts, les Alternatifs, le Partit Occitan, des militants issus du PS, du PC, des  Motivés, des quartiers populaires, du syndicalisme ouvrier et paysan, était indéniable. 8% des voix (100 000 électeurs), et aucun élu du fait de la volonté égémonique du PS de faire passer nos représentants sous les fourches caudines d'une proportionnelle à la sauce Malvy (8 % des voix = moins de 0,5 % d'élus) ainsi que d'une solidarité de gestion type ingestion de couleuvres au menu du jour .

Depuis 2004, la situation politique a considérablement évolué  : une nouvelle présidentielle perdue par le PS, une dispersion à gauche de la gauche accentuée par la création du parti de gauche, une écologie politique divisée entre les tenants d'un réalisme qui considère le MODEM comme un allié possible et les partisans d'une radicalité prônant son arrimage au refus du capitalisme.

Au sein de l'AMP, l'absence d'ancrage national a contribué au fil des mois a étiolé le nombre de militants mais aussi à permettre certaines aventures personnelles contradictoires avec notre volonté initiale.

Ce repli sur l'Aventin a paradoxalement permis à ceux là même qui étaient les plus ardents défenseurs de notre liberté de choix des alliances, de tranquillement se positionner sur des perspectives qui étaient aux antipodes notre volonté de 2004.

Car enfin, prendre prétexte du fait que la gauche radicale, du PC au NPA en passant par le parti de gauche et les Alternatifs, voire Lutte Ouvrière ou le POI, n'arrivait pas à  s'entendre pour rejoindre une nébuleuse pseudo écologique à qui on ne demandait aucun compte ni sur son programme vis à vis de la rupture avec le libéralisme (Cohn Bendit, Hulot et consorts) ni sur sa statégie de paradigme  écologique  au bout duquel la seule issue était le ralliement ou le reniement, est un peu fort de café.

Jean Michel CLAVEL dans une lettre récente nous a, avec beaucoup de courage, démontré la réalité de cette analyse.

L'assemblée générale du 6 novembre 2009 à Toulouse a mis en lumière le doute profond au sein de l'AMP, sur la statégie à suivre. Parce que, petit à petit nous sommes devenus spectateurs plutôt qu'acteurs. Et si nous avons collectivement regretté le peu d'écho rencontré par notre demande de juin 2009 auprès des groupes politiques de l'arc rouge et vert, c'est bien parce que nous avons intériorisé la division de cet arc sans chercher à la modifier. Il est possible aujourd'hui encore d'interpeller les forces qui peuvent concrétiser cette alliance du social et de l'écologie, mais il faut aussi décider in fine dans quel camp notre volonté politique doit nous positionner dans le panorama qui se prépare pour les régionales.

Aller avec un PS plus préoccupé d'accompagnement que de rupture gestionnaire, se blottir dans un conglomérat où comme le disait une participante à l'AG du 6/11/09, la rupture avec le capitalisme n'est même pas en discussion, ou bien agir dans une gauche de gauche où les éléments sincères comme l'AMP peuvent contraindre les appareils à céder le pas à l'attente populaire. Voilà l'enjeu !

Dans la région Midi Pyrénées comme ailleurs, c'est sur un emploi durable, sur des transports collectifs performants, sur une solidarité qui élimine la précarité, sur une sauvegarde de territoires non pollués avec une agriculture anti productiviste et sur la transposition des pratiques féministes et autogestionnaires en politique que veulent se prononcer nos concitoyens.

Au sein des Alternatifs, au sein de l'AMP, au sein de la gauche rouge et verte, c'est pour ce projet que je milite. Sauf à perdre son âme, l'AMP ne peut faire un autre choix et l'adhésion à la Fédération de l'Alternative sociale et écologique serait un pas dans la bonne direction dès le 4 décembre 2009.


Jean Manuel Fullana (Gers)

Repost 0
Published by ALTERS ECHOS, le journal - dans Elections régionales
commenter cet article
23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 16:35


Retour sur l'histoire des régionales en Midi-Pyrénées. Par Jean-Paul Damaggio.


Bientôt, quelques points de vue sur l'élection à venir.

 

En 1981, à l’heure d’une gauche enthousiaste, elle décida, oh miracle !, qu’en 1986 il y aurait deux élections à la proportionnelle sur listes départementales : les législatives et les régionales. Pour les régionales le miracle était double puisqu’en plus de la proportionnelle, tout le corps électoral allait être concerné. D’un Conseil régional choisi par les Conseillers généraux, en trente ans on va passer à un Conseil général soumis au Conseiller régional. Et cette histoire vaut d’être résumée car elle nous rappelle que politiquement, comment la France a changé (1). Et Midi-Pyrénées a été un fameux laboratoire.

Avant 1986, la Région était gérée par Alex Raymond socialiste inévitable dans une région où presque tous les Conseils généraux étaient tendrement à gauche. Après les premières régionales au suffrage universel direct avec proportionnelle, la Région sera dirigée tendrement au centre, par celui qui d’abord s’imposa à Toulouse, Dominique Baudis, et qui imprima sa marque ensuite à tout l’environnement, démontrant l’écart gigantesque entre la représentation du peuple ancienne version (notables incrustés d’hier) et celle nouvelle version (notables médiatiques de demain). Ajoutons simplement que 1986 constituera la première apparition d’élus FN dans notre région (après les élus FN à l’Europe).

En 1992, le temps avait passé, et la Mitterrandie finissante, ayant réussi à liquider le poids électoral du PCF, a décidé d’inventer deux remplaçants en installant au gouvernement Brice Lalonde (qui fabriqua l’éphémère Génération écologie alors que la question écolo était durable) et Bernard Tapie (qui voulait prendre Marseille). Ceci ne changea pas la donne fondamentale : la gauche a été battue, annonçant ainsi la bérézina de 1993. Génération écologie n’a pas empêché la très forte poussée verte : même le Tarn-et-Garonne découvrit son Conseiller régional vert… mais avec, autre surprise plus phénoménale, un Conseiller régional « chasseur ». Pour la direction de la région, Marc Censi sut parfaitement continuer la tradition Baudis.

Le coup de tonnerre de 1998 va rendre l’élection régionale cruciale dans le système politique français alors que l’élection européenne en sera la farce permanente (en 1994 l’écrasante victoire de Tapie aux européennes en est le plus bel exemple). Si 1992 annonçait une cohabitation entre un président de gauche et un gouvernement de droite, en 1998 nous sommes dans la figure inverse, mais la gauche de Jospin n’est plus l’enthousiaste de 1981, mais la gestionnaire qui éliminera le vote à la proportionnelle pour les régionales. Avec ce mode d’élection, le FN est devenu dans plusieurs régions maître de l’élection du président. En Midi-Pyrénées Marc Censi est élu avec les voix du FN mais, contrairement à d’autres, dans son cas, il refuse en démissionnant aussitôt pour tenter de créer une nouvelle majorité stable autour de lui, et sans le FN. Il échoue et après de longues tractations dont je vous passe les détails, c’est Martin Malvy qui ramène notre région dans le giron du PS. Les Verts de 1992 qui étaient ni de droite ni de gauche ont été remplacés en 1998 par des Verts membres du gouvernement de gauche et purent vérifier que même après l’élimination de G.E., ils perdaient en influence. La Gauche plurielle avait réussi à imposer dans bien des endroits l’union au premier tour avec le PCF et les Verts, nouvelle politique d’alliance qui conduira encore plus à la marginalisation du PCF et en partie à celle des Verts. D’où l’apparition de deux élus LCR ! Mais bref, pour les autorités, il était temps de changer le mode de scrutin afin d’éliminer les « petits », et de garantir des majorités solides.

En conséquence, 2004 expérimente un mode de scrutin nouveau (modifié par le PS puis après 2002 par la droite) copié globalement sur celui des municipales inventé par la gauche de 1981, et qui depuis n’avait jamais été contesté par personne, avec pour base une circonscription régionale et un deuxième tour. Ce mode de scrutin joua le rôle prévu par le PS : la victoire la plus phénoménale du PS majoritaire dans toutes les régions sauf une, alors qu’en 2002, à la présidentielle, il n’avait pas pu passer la barre du premier tour ! En Midi-Pyrénées, terre d’expérience depuis les municipales de Toulouse avec l’apparition des Motivé-e-s, la liste de l’Alternative en Midi-Pyrénées bouscule les arrangements classiques d’appareils politiques qui, pour ceux de gauche, lui feront payer son audace en refusant tout accord au second tour. Les Verts se trouveront ainsi totalement éliminés du Conseil régional. Martin Malvy, ancien journaliste à La Dépêche (son parcours politique national est beaucoup plus imposant que cette fonction), continue par conséquent d’occuper sa fonction de président.

C’est ainsi que paisiblement nous arrivons au dernier tournant de cette histoire plus rocambolesque que mes modestes dires. En 2010 les Conseillers régionaux seront seulement élus pour quatre ans et non six, car en 2014 l’élection va en principe s’adapter à la réforme sarkozyste des collectivités territoriales. J’ai négligé d’indiquer que depuis 1998 les élections régionales sont couplées avec les élections cantonales, pour la moitié des cantons concernés. En 2014 c’est l’ensemble des « élections cantonales » qui vont passer à l’ombre des élections régionales. Ce qui va éliminer totalement les notables incrustés d’hier et réussir enfin à rendre le Sénat plus adapté aux notables politiques d’aujourd’hui champions en coup d’état médiatiques. Je ne vais pas pleurer la mort des élections cantonales mais je ne vais pas chanter la mutation qui en découle ! La vie du Conseil régional depuis 1986 n’a jamais été une avancée démocratique et les futures listes qui vont regrouper l’élection au conseil général et l’élection au conseil régional, vont contribuer à éliminer toutes les anomalies politiques locales qui sortent des cadres nationaux établis par l’UMPS. Un appauvrissement de la vie politique va s’en suivre qui va augmenter le désintérêt de populations placées de plus en plus entre les mains de médias armés de conseillers en communication. Le chiffre de participation est passé en Midi-Pyrénées de 79% en 1986 à 62% en 2004 (si on prend les villes, la baisse est plus forte encore).

Le marketing politique va, plus encore, faire de nous des consommateurs électoraux ou pas. L’heure n’est plus à la tendre complicité avec un système qui appelle la seule réaction saine : la rébellion.

                                                             7-11-2009 Jean-Paul Damaggio

 

(1) Le 15 décembre je publie un livre d’information sur la question (et non pas un livre d’opinion) qui sera débattu à Montauban autour de cette date.

 

P.S. : Cet article est ma dernière contribution à ce journal que, depuis le début, Philippe Samson porte à bout de bras avec talent.

Repost 0
Published by ALTERS ECHOS, le journal - dans Elections régionales
commenter cet article