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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 10:27

Pendant des siècles le maître ne supportait pas le moindre opposant, d'où la culture du complot et de la révolution de palais pour ceux qui souhaitaient quelques changements. Avec le 18éme siècle est née l'idée de la fin du maître tout puissant, et de droit divin par dessus le marché. Au cours du 19éme siècle la mise en place de la démocratie a pris deux directions opposées, à partir de deux révolutions opposées. Aux USA la domination globale du capitalisme sur toute la société, après la guerre de sécession, a permis au système d'imposer définitivement la forme politique adaptée, deux partis pour une alternance. En Europe, le développement de la démocratie a devancé l'instauration de la domination capitaliste globale, ce qui a fait du système politique un imbroglio toujours en mouvement. Le bipartisme est devenu l'ambition générale des Maîtres mais les Européennes elles-mêmes nous confirment cet échec : les modèles européens en la matière étaient Allemands et Britanniques, or le bipartisme y explose en quatre partis. Il semble que ce soit plutôt en Italie (34% t 26% pour les deux premiers) et Espagne (42% et 38% pour les deux premiers) que le bipartisme fasse des progrès.

Pour la France, l'idée de l'UMP c'était de constituer un des deux partis dominants. Mais qui sera l'opposant admis à jouer le jeu de l'alternance ? Contrairement à ceux qui pensent que le but de Sarkozy c'est de tout manger, je considère que son sens politique lui impose de se trouver une opposition officielle. Il ne s'agit pas d'une pratique nouvelle dans nos mœurs politiques : depuis toujours les partis se plaisent à avoir des relais dans diverses organisations (y compris quand ils sont petits). J'insiste, il ne s'agit pas pour les Maîtres, de comploter, mais d'être informé. L'action ne se déroule pas dans des cercles étroits mais sur la place publique.


Pour les Européennes, Sarkozy a préparé depuis longtemps SON opposant circonstanciel et il ne s'agit pas de simples manœuvres tactiques. Tout a commencé par la récupération du mot « Grenelle » dans le cadre du « Grenelle de l'environnement » qui n'avait rien d'un « Grenelle » et si peu « d'environnement ». L'homme clef de l'opération avait envisagé un moment d'être candidat à la présidentielle d'où un livre en commun avec Pierre Rabhi. Il préféra laisser la voie libre à son ami Sarkozy en échange de ce fameux « Grenelle ». Le capitalisme vert qui se met en place n'est pas une façade qu'il s'agit de repeindre mais une réorganisation générale du système, comme il y en eut d'autres quand on est passé à la domination du chemin de fer puis à celle de la route.

Nicolas Hulot peut être content (pour ses liens avec Sarkozy ils étaient lisibles dans des communiqués communs qui se font plus rares). Le projet HBC (Hulot-Bové-Cohn-Bendit) lancé dans Libération et Le Monde (très unis sur ce point) avec Noël Mamère aux commandes, a fonctionné au-delà des espérances. C'est dès le 28 mai 2008 que l'info est divulguée sur Libération par Matthieu Ecoiffier. Sylvia Zappi n'a pas été en reste pour offrir ses bons offices. Beaucoup d'écologistes furent médusés : l'anti-libéral Bové aux côtés du libéral Dany, ça serait donc possible ? L'opération démontre deux phénomènes indigestes pour les partis : l'espoir écologiste existe chez beaucoup de citoyens, et la fabrication du politique se fait par les médias. Sur ce point les Verts ont été un laboratoire idéal pour les maîtres des médias, depuis le jour où une campagne du Monde a empêché la candidature Lipietz, que les Verts durent remplacer pour la présidentielle de 2002 par Noël Mamère.

Parler « d'opération HBC » ne signifie pas que parmi les candidats et les électeurs il n'y a pas eu des personnes sincères, tout comme il y a eu autrefois beaucoup d'électeurs et de dirigeants communistes qui croyaient honnêtement au discours sur les merveilles de l'URSS.

C'est dans cette opération, que j'inscris la projection du film Home et le débat qui a suivi sur France 2. J'avais des petits pois du jardin à écosser alors je me suis mis devant la télé et, médusé, j'ai suivi jusqu'au bout l'émission. « Sauvons la planète », un discours généreux, unitaire, bon enfant, avec en passant, dans le débat deux ou trois coups de chapeau au « Grenelle de l'environnement » : j'ai entendu là le discours des écologistes formatés HBC, ou formatés « Alliance des écologistes indépendants » dont le score est aussi spectaculaire que les listes Cohn-Bendit. J'aurais souhaité une enquête sortie des urnes pour évaluer l'impact de l'émission sur le vote car j'ai pu expérimenter l'effet d'une émission télé : Rika Zaraï ventant le bon effet des betteraves rouges crues, deux jours après sur le marché les vendeurs de ce légume furent dévalisés, mais quatre semaines après, la vente est redevenue « normale ».

Il y a eu une polémique sur ce point, une polémique de mauvais perdants pensent certains et si je n'avais pas vu le film je serais d'accord avec ces derniers (voir la note importante pour alimenter la polémique). Or j'ai entendu la responsable de France 2 dire que la date était prévue depuis un an, tandis que Yann Arthus-Bertrand précisa que la date avait été fixée depuis deux ans ! Qu'ils se mettent d'accord pour se justifier ! De toute façon, dans les deux cas, tout le monde savait que ça serait à la veille d'une élection européenne, qui ne pouvait se tenir que le 7 ou 14 juin. Rappelons que le film est grassement payé par les multinationales les plus élégantes et qu'Arthus-Bertrand sévi parmi les écotartuffes depuis belle lurette. Bien sûr, c'est le public qui a fait le succès du film et non le film qui a fait le succès de Cohn-Bendit. Je note seulement une coïncidence. Cette polémique, une fois de plus, veut faire l'impasse sur toute réflexion concernant les médias et le politique, un point où, comme sur d'autres, Sarkozy a plusieurs longueurs d'avance. J'indique en passant que si la vague de droite et l'échec social-démocrate fut général en Europe, le succès des écologistes fut très français (les Verts passent en Europe de 42 députés à 48).


Après la victoire des Verts aux Européennes de 1989, Mitterrand décida d'inventer Génération Ecologie avec l'aide de Brice Lalonde, comme il inventa ensuite Tapie. Que le Maître se cherche un opposant ou un allié à sa mesure n'est donc pas nouveau ! Avec Sarkozy la formule prend cependant des airs de Second Empire et ne pas prendre conscience du phénomène (le maître et SON opposant) c'est schématiser un fonctionnement qui ne permet pas de se faire comprendre du plus grand nombre.

Que sortira-t-il du succès de HBC ? Comme pour le succès du NON en 2005, les lendemains risquent d'être amers. Jean-Paul Besset, l'élu bras droit de Nicolas Hulot dans cette opération, que Cohn-Bendit s'est gardé de nommer le soir des élections, va pousser pour une organisation écologiste qui soit un satellite de l'UMP, quand d'autres vont opter pour une organisation autonome, tandis que les troisièmes se voient déjà en satellites du PS. Cohn-Bendit a déjà annoncé la couleur au PS : on veut entre 15 et 30 députés aux prochaines législatives ! Une entente pour les législatives qui conditionne l'entente pour les régionales de 2010 (combien de présidents de régions ?) et qui fait sourire par avance Sarkozy, car l'heure des marchandages va continuer de fatiguer une bonne part de l'électorat de gauche qui va continuer de manifester son désespoir en s'abstenant.


                                                                            10-05-2009 Jean-Paul Damaggio


P.S. Sans le moindre désespoir, je précise en toute transparence que j'ai voté blanc.


Note :

Ce message a été envoyé aujourd'hui à tous les fonctionnaires de la DDEA d'un département, par le directeur lui-même, aux employés :

« A la demande du Préfet, je vous transmets le message suivant :

Le Ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire a souhaité offrir la possibilité à tous les agents des services de l'État de voir le film "Home" de Yann Arthus-Bertrand, récemment diffusé sur France 2. Ainsi, une projection de ce film est organisée à la préfecture le vendredi 26 juin à 9h (grande salle à manger). Pour des raisons pratiques, merci de vous faire connaitre auprès de l'unité communication de la DDEA. »

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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 07:26

Cour de justice, excès de pouvoir !

Parlement européen, excès d'impuissance !



Faut-il s'étonner de voir tant de militants purs et durs prêts à rengainer leurs exigences démocratiques au nom de l'efficacité électorale ? Les Français sont bien conscients que les élus ne se sentent jamais tenus par les promesses qu'ils ont faites .Pourtant, ils ne parviennent pas à renoncer aux soirs d'élections qui fleure bon la revanche populaire.

Mais, cette fois, l'enjeu est de taille car le seul fait de participer aux élections européennes revient à cautionner un système politique non démocratique et totalement inféodé à la loi du marché commun européen. Les traités, véritables tables de la Loi, sont gravés dans le marbre capitaliste. Et le Traité de Lisbonne, agitant la carotte d'un pouvoir étendu des députés européens -qui exclue toutefois les domaines décisifs pour notre avenir- parachèvera ces orientations ultra libérales. Les élections au Parlement sont une mascarade destinée à laisser croire que les peuples ont encore leur mot à dire. Or les toutes dernières décisions « sociales » de la Cour de Justice des Communautés européennes, qui mettent à mal le droit des salariés, nous prouvent le contraire. Pourquoi ? La majorité du Parlement européen serait-il composé de députés anarcho- communistes qu' ils ne pourraient pas s'opposer aux arrêts de la puissante Cour de justice européenne car en véritable souveraine elle impose ces décisions à tous les Etats-membres. Et ses pouvoirs seront encore étendus avec le Traité de Lisbonne.

Et les députés  ne pourraient non plus  proposer de nouvelles législations, droit exclusif de la Commission.

Est-il possible de changer la donne ? Peut-être mais certainement pas de l'intérieur. Restent des solutions plus concrètes : la grève générale reconductible et la mise en place d'une capillarité des initiatives alternatives : Le travail et l'argent constituant les deux moyens les plus efficaces de contrôle des peuples.

Ne votons pas, réfléchissons !

Sinon nous ressemblerons à des alouettes affolées prises dans les miroirs qui les condamnent.


Par Geneviève Confort-Sabathé, docteur es sciences de l'éducation,


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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 09:12
Dans un mois se tiendront les élections européennes...
Il y a peu, sur ce blog, était rappelée la position de l'Alternative en Midi-Pyrénées en ce qui concerne ces élections. L' AMP ne participera pas aux élections européennes. Elle ne proposera pas de candidatures et ne soutiendra pas de liste particulière.
Par contre certains de ses membres s'expriment pour soutenir une liste. Aujourd'hui, François Simon pour "Europe Ecologie" et Yannick Dignac pour le "Front de Gauche".
A suivre, dans les prochains jours, Cécile Pébereau qui appelle à l'abstention.




L'ECOLOGIE : UNE PRIORITE SOCIALE



Mon combat militant, associatif, politique est celui des luttes pour la justice sociale, la conquête des droits, la redistribution des richesses, la remise en cause du libéralisme mondialisé.

Au fil des luttes, des élections, une conviction s'est affirmée. Tout projet de société plus juste, au Nord comme au Sud, devait être pensé en tenant compte de l'exploitation conjointe des hommes et de la planète, de la finitude d'un monde hélas considéré en expansion par les adeptes de la croissance. La spoliation des habitants du Sud, l'illusion consumériste proposée aux pauvres du Nord, le  désastre écologique, imposent de porter ces exigences de droits et de justice dans une pensée totalement novatrice, celle d'une écologie radicale et pragmatique, en opposition aux postures vertueuses et proclamatoires.

Il faut cesser de clamer la nécessaire redistribution des richesses comme alternative aux possédants, sans redéfinir une autre société, car tout serait illusion et simple redistribution à l'intérieur d'un monde productiviste et capitaliste. L'insupportable exemple est la Chine, son expansion capitaliste et sa dialectique.

Une autre voie doit être ouverte, de fait post-capitaliste. L'accumulation des crises financière, énergétique, sociale, écologique et aujourd'hui sanitaire en démontre l'urgence. Seule la justice écologique peut y répondre.

Polémiquer sur Lisbonne, Nice ou Maastricht n'a plus de sens, lorsque la Grande-Bretagne assume un déficit de 12,5% du PIB, que les états européens concoctent des mesures protectionnistes !

Seule la dimension européenne peut peser pour construire un autre monde. A nous de définir l'Europe que nous voulons.

Avec Europe-Ecologie, nous dénonçons le pacte de stabilité et proposons un pacte de coopération écologique et solidaire européen ainsi que la mise en place d'une Constituante pour définir les bases de l'Europe de demain.

L'écologie est une exigence politique, sociale, et il faut s'engager à cette prise de conscience socio-écologique.

Certains ont fait d'autres choix. J'espère que nous saurons nous retrouver sur cette base : plus jamais sur le principe de relance de la croissance, mais par la redistribution écologique.

                                                                                                   François Simon

 


                                                                                             

POUR UNE GAUCHE DE GAUCHE AVEC JEAN-LUC MELENCHON ET LE FRONT DE GAUCHE

Pourquoi voter ?

L'enchaînement des crises financières puis économiques, amplifiant la dérégulation sociale et le dérèglement climatique, positionne les élections européennes dans un contexte de crise historique du capitalisme.

La crise politique qui en découle, avec l'impuissance des Etats et des partis traditionnels, favorise les tentations autoritaires, où les extrêmes droites peuvent à tout moment resurgir, et les risques de guerre renaître.

Aujourd'hui, il est clair que les zélateurs du « Modèle européen », sont des complices du néolibéralisme. En atteste  la position ultramajoritaire du Parlement européen, en mars dernier, pour le renforcement du lien transatlantique.

« Il faut changer d'Europe ! » : Depuis 2005 et la campagne contre le TCE où l'AMP a pris clairement toute sa place, cette exigence ne cesse de grandir à travers le continent et est majoritaire en France. Il serait donc incohérent de s'abstenir en 2009.

Pour qui voter ?

Le nombre et la radicalisation des mouvements sociaux que nous connaissons partout en Europe et dans les DOM  prouvent que l'unité peut faire plier les possédants.

Il faut des réponses politiques à la hauteur des exigences de l'heure. L'Amérique latine nous trace la voie de possibles « Révolutions par les urnes ».

Le Front de Gauche s'inscrit dans une logique de rassemblement, prônée par l'AMP, visant à rassembler autour des enjeux sociaux, écologiques et démocratiques, l'ensemble des forces politiques, syndicales, ou associatives. La diversité des soutiens à ce Front le prouve.

Clairement pour construire « une Gauche de gauche », unitaire et pas solitaire, ancrée dans la tradition de la gauche républicaine laïque et féministe, sur un projet d'écologie politique, mon soutien va à Jean-Luc Mélenchon et la liste qu'il conduit.

L'unité des millions d'hommes et de femmes en lutte  engage notre responsabilité politique, Rendez-vous le 3 juin au Zénith de Toulouse.


                                                                                                          Yannick Dignac

 

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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 13:27

  Dans six semaines auront lieu les élections européennes... Calme plat dans les médias et donc  chez les futurs électeurs. Ce matin, pourtant, France Inter se décide... Journée élections européennes. Les urnes n'en trembleront pas pour autant peut-on présager. L'Alternative en Midi-Pyrénées débat sur cette question depuis des mois.
Il n'est pas inutile de rappeler sa position que les fidèles lecteurs d'Alters Echos auront remarqué dans le dernier numéro du journal. 



L'Alternative Midi-Pyrénées, lors de sa dernière Assemblée Générale, a confirmé son analyse sur les évolutions européennes et a pris position pour les Elections Européennes de cette année qui se tiendront le Dimanche 7 Juin 2009.


     1  -  L'AMP n'est pas souverainiste : elle défend la nécessité d'une véritable construction européenne, l'idée d'une Europe Sociale, Ecologiste et Démocratique, l'idée d'une Europe qui ne soit pas qu'économique, monétaire ou policière ... C'est en effet, à cet échelon européen, que nous pouvons, ou pourrions, peser sur la marche du monde, en ce qui concerne les questions sociales, écologiques, économiques et démocratiques.


     2  -  L'AMP est antilibérale et anticapitaliste et s'est battue, avec beaucoup d'autres, contre le Traité Constitutionnel Européen, qui institutionnalisait le « Tout pour le Marché » et l'Europe ultralibérale. Cette victoire contre le TCE a été réelle, sur le moment, par la convergence lors du Referendum, de multiples forces, soutenues par 55 % des citoyens et citoyennes de ce pays. Depuis, l'unité réalisée a volé en éclats, et le Traité de Lisbonne passe en force, par la seule volonté des gouvernants libéraux et sociaux-libéraux, et contre la volonté des peuples. L'U.E. actuelle se veut toujours le fer de lance de la mondialisation marchande... que l'AMP combat de toutes ses forces.


     3  -  L'AMP, pour les Elections Européennes, voulait l'unité de tous ceux qui se veulent à la fois écologistes et antilibéraux. Une telle unité pouvait porter, dans cette élection comme dans d'autres,  l'espoir d'une grande partie de la population et pouvait devenir majoritaire à gauche par rapport au PS... Mais, chaque courant, petit et moins petit, préfère défendre sa « boutique » et se compter. Ainsi, au lieu d'envoyer au Parlement Européen des représentants qui défendent notre point de vue sur l'Europe (José Bové, Raoul-Marc Jennar, Jean-Luc Mélenchon, et quelques autres...), nous risquons , par les divisions voulues par les états-majors de chaque formation, de réussir à n'envoyer aucun député pour représenter nos idées au Parlement Européen !


     4  -  L'AMP n'est qu'une association politique régionale , elle n'est pas en mesure, à elle seule, de présenter une liste sur la grande région (Midi-Pyrénées + Aquitaine + Languedoc-Roussillon) qui est la circonscription légale pour ces élections européennes. De plus, même si l'AMP le pouvait, l'AMP juge que ce ne serait pas souhaitable de contribuer ainsi à accroître une division déjà bien trop importante.


     5  -  L'AMP prend acte des listes annoncées pour les Elections de Juin 09. Chaque membre de l'AMP doit se sentir libre de s'investir dans le soutien à une liste, proche des idées de l'AMP, et d'avoir une démarche de participation citoyenne à ces élections. Chacun pourra s'exprimer aussi par le vote bien sûr.

Soulignons, toutefois, que l'AMP, en tant qu'association politique, ne participera pas à ces élections : elle ne proposera pas de candidatures et elle ne soutiendra pas de liste particulière.

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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 22:37


Le 17 janvier j'ai pronostiqué sur cette liste les résultats de l'élection non en lisant dans le marc de café mais en étudiant la réalité, ce qui est beaucoup plus utile. Aujourd'hui, nous en savons un peu plus sur les listes en présence.

En commençant par l'extrême droite nous savons à présent que le FN a confirmé la candidature de Louis Aliot, bras droit de Marine Le Pen, ce qui prouve la victoire de Marine dans son parti en grande difficulté. J'ai étudié le cas de Louis Aliot en 2007 dans un article que vous retrouverez sur le net en tapant « Louis Aliot, Kinocks, Jean-Paul Damaggio » car cet élu, tout en étant conseiller régional Midi-Pyrénées est conseiller municipal à Perpignan, et secrétaire général du FN ! Pour faire vite : il prône un FN à la sauce Mégret mais surtout sans Mégret.

Pour la droite, c'est aussi un Toulousain qui va conduire la liste avec le retour de Dominique Baudis en cheval de bataille contre Juppé. Avec la proportionnelle, Baudis est sûr de retrouver un poste paisible au Parlement européen, ce qui lui laissera du temps pour réorganiser la droite en Midi-Pyrénées. Je le vois mal, pour des questions d'âge, tenter un retour à la mairie de Toulouse mais sa seule présence va donner des frissons à La Dépêche du Midi.

Pour conduire la liste socialiste, pas de problème le même Toulousain reste en piste : Kader Arif tandis que quelques déçus se font remarquer de l'Ariège à Bergerac où Béatrice Patrie va devoir reprendre ses activités professionnelles ayant à présent un simple mandat d'adjoint au maire de cette ville. Je reconnais cependant que la validation des candidatures par les militants est un acte intéressant qui, tout en suscitant des polémiques, permet à chacun de voir où en est le parti. Beaucoup ont pensé que la bagarre entre H. Clinton et B. Obama desservait les démocrates, en fait elle a permis au contraire de les mobiliser. Je ne dis pas que le PS est mobilisé mais que tous les partis vont devoir s'incliner : le vote des militants devient de plus en plus incontournable.


Côté MoDem, comment Bayrou, dans sa région, va-t-il pouvoir assurer un bon score à sa liste ? Pour ce parti l'élection est décisive : après les défaites aux législatives et aux municipales, c'est la dernière élection où le MoDem peut espérer faire bonne figure. Prendra-t-il des voix à Baudis et au PS ?


Passons à l'essentiel de ce qui nous occupe : l'alternative à gauche issue du Non au TCE. La liste des Verts avec Bové veut occuper une position à gauche pendant que Cohn-Bendit et ses idées néo-libérales occupent, plus que quiconque de son pôle écologiste, les médias.

Nous avons à présent la confirmation, évoquée dès le 17 janvier, que Jean-Luc Mélenchon conduit le Front de Gauche. Il serait grave de sous-estimer l'impact que représente la création de son parti de gauche qui, dans notre région, va se sentir des ailes. Jean-Luc Mélenchon sera présent dans un meeting important à Castelsarrasin dès le 2 avril. Pas besoin d'un sondage pour savoir qu'il y aura beaucoup de monde. Mais là aussi, je me souviens des meetings Bové : il y avait beaucoup de monde, ce qui n'a pas signifié beaucoup de voix (même si je considère, comme le 17 janvier, que Bové sera élu député européen).

Côté NPA, pour des raisons sans doute d'équilibre hommes/femmes, Raoul-Marc Jennar est envoyé dans le Sud-Est pendant que Myriam Martin, encore une Toulousaine, devient la candidate pour le Sud-Ouest. Le fait cependant demeure : le NPA a joué la carte de l'ouverture relative en présentant Jennar (relative car il est membre du NPA même s'il est un nouveau membre). D'ailleurs, aussi bien Front de Gauche que NPA se sont montrés prêts à accorder une place de tête de liste aux Alternatifs, preuve que ce parti aurait pu faire l'unité... autour de lui. Mais laissons la plaisanterie : l'unité NPA et PCF n'était pas possible et ne sera pas possible pour longtemps car pour les deux partis, la question des alliances est essentielle, or pour le NPA il faut une entière autonomie vis à vis du PS, alors que pour le PCF il faut rester dans l'ombre du PS (les minoritaires de chaque camp ne peuvent faire oublier, en bonne démocratie, la place des majoritaires). Le PG devra clarifier ce point d'ici la fin de l'année ! Myriam Martin peut-elle espérer devancer Bové et Mélenchon ? Ce n'est pas à exclure. Les sondages indiquent une hésitation entre l'électorat Modem et Verts (avec Modem en tête), et une hésitation entre l'électorat NPA et Front de Gauche (avec NPA en tête). Donc entre J-L Mélenchon et M. Martin le score risque d'être serré et vu la proportionnelle sur 10 places, l'élu sera celui en tête des deux. Je pensais l'élection de Mélenchon probable mais les sondages disent le contraire. Il est évident qu'aux Européennes, vu la faible participation (ça c'est sûr par contre), la marge d'erreur est plus grande.


Comme il y aura d'autres listes comme celle de LO ou du POI les électeurs auront le choix. Et je ne dis rien de l'alliance entre De Villiers et les Chasseurs, De Villiers étant le roi des alliances de circonstance aux européennes pour tenter de faire survivre son petit parti.

                                          15-03-2009 Jean-Paul Damaggio

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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 16:48

Comment, après l'échec cuisant de José Bové à l'élection présidentielle de 2007, le même homme peut-il, deux ans après, devenir député européen ? L'analyse de ce mystère peut nous aider à réfléchir à deux dimensions de notre vie électorale (de plus en plus différente de la vie politique) : le positionnement et le mode de scrutin.


2007 : le candidat de division

Pendant toute la campagne électorale de 2007, José Bové (et j'étais avec lui surtout au début) a tenté de faire croire qu'il était le candidat unitaire car à mi-chemin entre Besancenot et Buffet. Pour le simple citoyen, il n'y avait pas besoin de discours pour constater qu'il était un candidat en plus, par rapport aux « légitimes » candidats des autres partis (se déclarant tous plus unitaires les uns que les autres). Les arguments du genre « je suis soutenu par des personnes allant des libertaires aux communistes » devenait dans ce contexte totalement contre-productif, ce qui fait que la campagne électorale lui faisait perdre des points plutôt que d'en gagner ! Il était le dernier arrivé dans un jeu organisé, et ses luttes précédentes devenaient elles-mêmes contre-productives avec cet argument : « il faisait un si bon boulot sur le terrain social, pourquoi est-il allé se perdre dans une élection ! ».

Bref, chacun connaît le score : moins de 2% et surtout chacun connaît les suites : le néant (je n'ai jamais eu les résultats de la mission qu'entre les deux tours Ségolène confia à José).


2009 : le candidat des Verts

Voilà qu'en 2009, Bové a trouvé une case « officielle » dans le paysage politique, il est le candidat des écolos (toujours unitaire bien sûr). Il n'est plus celui qui vient briser l'ordre établi des propriétaires de la politique, il s'y inscrit totalement. Et le fabuleux de l'histoire c'est que ce positionnement n'a que faire du contenu politique ! En effet, dès 2004, aux précédentes européennes, Bové avait soutenu le candidat Vert Onesta. Bové l'opposant bien connu au TCE soutenait le Vert défenseur tout aussi connu du même TCE ! Que l'électeur y retrouve ses petits !

Dans le jeu politique classique, PS-PRG-PCF-LCR, les Verts ont fini par imposer leur place alors que Chevènement a du revenir à la case départ et se placer dans l'ombre du PS. Avec le thème « écolo » que les autres forces ont négligé les Verts sont allés à la rencontre d'un électorat plus ou moins fidèle mais sur une couleur repérable. Et même avec la vague écolo usée par les autres partis, le courant Vert arrive à jongler pour tenir la tête hors de l'eau. C'est donc ce bateau qui peut conduire Bové au poste de député.






« L'handicap » Jennar !

Tout est donc en place pour faire de Bové un député sauf qu'il y a une donnée qu'il ne maîtrise pas, l'action de ses concurrents ! Et là nous passons aux conséquences du mode de scrutin (1). Depuis 2004, l'élection se joue à la proportionnelle sur sept grandes régions et il est donc plus difficile d'avoir un élu que du temps des listes nationales. Il faut en moyenne 10% pour accéder au titre, mais avec le plus « fort reste », en 2004 Gérard Onesta a été élu avec 8%. En dessous de 10% il ne peut donc y avoir qu'un seul élu, en conséquence, si le candidat NPA arrive avant José Bové, ce dernier peut être battu ! Déjà en 2004, si le PCF avait choisi, comme l'hypothèse en fut étudiée, la candidature de Raoul-Marc Jennar, ce dernier pouvait devancer le candidat Vert (vu le score de la candidate PCF totalement inconnue) et Jennar devenait député. En 2009, si le NPA ne commet pas l'erreur du PCF en 2004, s'il accepte que Jennar conduise sa liste, José Bové va alors trouver en face de lui son principal lieutenant de 2007 ! Mais ceci étant, cette candidature NPA traîne avec elle beaucoup d'inconnus. Déjà en 2004, la liste LCR-LO prit la gifle aux Européennes malgré le bon score de Besancenot aux présidentielles de 2002. L'installation de Besancenot dans le paysage politique pourra-t-elle cette fois changer les données ? Deuxième inconnue : Jennar est très connu des milieux militants pour sa générosité et sa compétence sur toutes les questions européennes, mais dans une élection où la campagne sera très courte, comment va-t-il émerger ?

Si j'ai un conseil à donner à Bové, qu'il en fasse le moins possible car à jongler entre les positions de son allié le plus remuant Cohn-Bendit et les siennes, l'artiste risque de décevoir tout le monde ! Si par ailleurs j'ai aussi un conseil à donner au NPA : qu'il ne tarde pas trop à se lancer clairement dans la campagne (et je préfère nettement la candidature Jennar à celle de Bové).


« L'handicap » Melenchon

Il serait injuste d'oublier l'autre candidat qui peut arrêter net Bové dans sa marche à la députation. Le PCF est en train de préparer ses listes (2) et pour notre grande région les secrétaires fédéraux sont majoritairement favorables à une tête de liste « d'ouverture ». Pour traduire en langage plus clair, il s'agit d'un tête de liste qui aurait un pied à terre en Aveyron (lui aussi) et qui est devenu le dirigeant d'un nouveau parti le Parti de Gauche (PG). A l'inverse de Bové, Jean-Luc Mélenchon est un vieux routier de la politique dont il connaît bien les ficelles. Il ne pouvait quitter le PS pour se présenter à une élection en y apparaissant comme un diviseur. C'est donc naturellement que dès le départ PCF et PG annoncèrent leur alliance mais, si politiquement c'est assez simple, techniquement c'est plus compliqué. Le PCF est maître du jeu et parle donc, non d'alliance mais de « candidat d'ouverture », la décision étant renvoyée aux hautes sphères du parti. Dans le grand Sud-Ouest une liste strictement communiste se retrouvera sûrement derrière Bové et Jennar mais avec Mélenchon, autre figure médiatique, impossible de mesurer l'impact car le cas est totalement nouveau. Première donnée : jusqu'à quand faudra-t-il attendre pour connaître la décision ? Un parachutage décidé en mai pour le mois de juin (c'est le calendrier qui avait été adopté en 2004 !) c'est l'échec garanti. Or, dans une région fortement socialiste le choix de Mélenchon serait très judicieux pour mesurer jusqu'à quel point il peut attirer une part de l'électorat socialiste. Cependant son apport compenserait-il les effets négatifs de la crise interne au PCF qu'il pourrait alimenter ?


L'aide involontaire du FN

Mystère du mode de scrutin : peut-être que le FN tient la réponse aux questions posées. En 2004 il a été parmi les « petites » listes avec un élu. En 2009, il y a une guerre interne qui est la version locale de la guerre de succession interne nationale. Jean-Claude Martinez, l'élu sortant veut rester en piste mais Marine Le Pen a dans notre région son bras droit, Louis Alliot, qu'elle voudrait voir en première place. Comme il ne peut y avoir qu'un élu, Martinez menace de présenter une liste dissidente. Le FN pourrait alors passer en dessous de 6% et voilà que tout d'un coup, il y aurait place pour deux autres « petits » candidats et même peut-être trois ! Bové, Jennar, Mélechon tous élus ? Pourquoi pas ! C'est ce qui serait le mieux mais en ce qui me concerne, je n'en parle qu'en tant que spectateur parce qu'au bout du chemin nous savons, surtout pour le Parlement européen, que l'élu a été doté abusivement du titre de député. Le Parlement européen devrait intervertir son nom avec le Conseil européen : comme c'est au Conseil qu'il y a le pouvoir (avec la commission de Bruxelles), il devrait s'appeler Parlement, et comme l'actuel parlement ne sert que de conseil, il devrait s'appeler Conseil européen avec des élus qui deviendraient de simples conseillers.

                                                               17-01-2009 Jean-Paul Damaggio


(1) Résultats de 2004 : Elus PS : Kader Arif, Françoise Castex, Robert Navarro, Béatrice Patrie pour 30% ; Elus UMP, Christine de Veyrac , Alain Lamassoure pour 15% ; Elus UDF Jean-Marie Cavada, Anne Laperrouze pour 13%, 1 élu FN J-C Martinez pour 8,7% et un élu Vert Onesta pour 8,3%. Le PCF allié avec Mars avait fait 6,4% et la LCR conduite par Krivine seulement 2,5%.


(2 Je ne cache pas que je suis fatigué par des membres du conseil national du PCF (Gilles Alfonsi par exemple) qui continuent de faire comme si des listes unitaires étaient encore possibles. Marie-Pierre Vieu secrétaire fédérale des Hautes-Pyrénées, est bien placée pour lui expliquer où en sont les discussions !

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22 novembre 2008 6 22 /11 /novembre /2008 09:56

La fébrilité actuelle au sujet des prochaines européennes n'incite à ce rapide rappel historique.


En 1979 le PCF est aux anges : enfin une élection à la proportionnelle sur liste nationale (tous les pourcentages donnés sont par rapport aux exprimés). Et le résultat sera à la hauteur de ses espérances. Georges Marchais passe le 20% (avec une liste ouverte à Maffre-Baugé) alors que Mitterrand arrive seulement à 23% avec l'aide des radicaux. La direction du PCF en déduit que Marchais sera en tête de la gauche en 1981 ! Erreur d'analyse catastrophique (une parmi d'autres) qui nous conduit en 1984 où une liste vient briser le monde des quatre (les deux autres en 79 étaient Simone Veil pour Giscard et Chirac qui fut K.O. (chaos).

Jean-Marie Le Pen crée la surprise en 1984 : avec 10% il lui manque seulement 50 000 voix pour passer devant le PCF. Certains en déduiront que l'électorat PCF (tombé à 11%) est passé au FN.

Les surprises ne vont pas cesser si bien qu'en 1989 c'est au tour des Verts d'atteindre la barre des 10%, Waechter ayant été favorisé par l'élection présidentielle de 1988 et pensant qu'enfin sa stratégie du ni-ni va s'imposer dans l'écologie (5 ans après Isler-Beguin le remplacera dans un cadre différent).

Il fallait compter avec l'esprit manœuvrier du président Mitterrand qui, conscient que le PCF est devenu un allié secondaire, a besoin de s'en inventer d'autres. Il fera entrer au gouvernement Brice Lalonde et un certain Bernard Tapie. Brice Lalonde s'était déjà distingué aux Européennes de 84 en s'alliant avec le centriste Olivier Stirn contre l'écologiste Didier Anger (chacun faisant 3%). Avec l'aide du PS il crée à l'aube des années 90 Génération Ecologie pour contrer les Verts et Bernard Tapie est désigné pour limiter l'effet FN.

Voilà comment en 1994 nous aurons l'élection européenne la plus bouffonne de l'histoire de France. La « bande des quatre » est à présent représenté par Baudis (25%), Rocard (14%), De Villiers et Tapie 13% chacun. Le Pen est après avec 11% et le PCF avec 6% obtient encore 7 élus.

Cette fois c'est Mitterrand qui est aux anges. Rocard et Chirac sont discrédités pour sa succession et Tapie est là pour une grande carrière avec les radicaux. Qui peut alors imaginer que 1999 sera une élections aux surprises encore surprenantes!

Cette année là Sarkozy arrive seulement en troisième place et fait moins que Rocard en 1994. Tout le monde pense que son destin politique c'est du passé. Avant lui, nous trouvons un PS revenu en première ligne avec 22% sous la conduite de François Hollande, et en deuxième place un tandem comme les Européennes les aiment bien : Pasqua-De Villiers. Un tandem qui sera comme l'avenir politique de Tapie : sans suite. Le coup électoral est génial mais il n'en restera que De Villiers. Enfin Daniel Cohn-Bendit termine la bande des quatre avec les Verts (mais Bayrou obtient lui aussi 9%). L'élection comporte cependant une autre surprise dans le bas du tableau : Alain Krivine et Arlette Laguiller passent enfin la barre des 5% et deviennent députés ! (Krivine prendra alors un jeune attaché parlementaire du nom de Besancenot). Pour la première fois ils sont neuf groupes à se partager les postes de 87 élus. Le Pen frôle la disqualification avec 5,6% des voix (en dessous de 5% pas d'élus) car un de ses lieutenants a cru qu'il était temps de lancer le MNR. Bruno Mégret comme d'autres avant lui a fait un très mauvais calcul (3%). Qui d'autre avant lui a fait un mauvais calcul ? Pensons à J-P Chevènement qui a quitté le PS assez tôt pour préparer l'élection européenne de 1994 dont les résultats devaient le propulser aux premières places à la présidentielle de 1995. Il créa une liste ouverte avec Anicet Le Pors et d'autres, pour un résultat décevant : 2%. Les dettes seront colossales et Chevènement mettra des années avant de relever la tête sur la base d'une stratégie nouvelle que nous dirons gaullienne. Un communiste de premier plan avait tenté une même opération en 1984 en s'alliant avec le PSU de Depaquit. Il s'agit d'Henri Fizbin qui comme Fiterman finira sa vie politique au PS. Ne disons rien de l'autre communiste qui crut son heure arrivée en 1989 et qui n'ayant pas passé le 1% se retrouva ensuite à servir Dominique Baudis.

Bien d'autres observations peuvent être issues de l'étude des élections européennes mais à partir de 2004 le cadre change et le paysage politique avec vu que le cadre joue toujours un rôle central quant au paysage qu'il révèle. L'émiettement de 1999 ne pouvait plus durer pour les propriétaires de la politique (toujours une bande de quatre) aussi ils changèrent légèrement le mode de scrutin : on en est resté avec la proportionnelle intégrale suite au premier tour mais sur sept circonscriptions au lieu d'une ! Obtenir des élus devient plus difficile si bien que la bande des autres s'appellera alors PS, UMP, UDF et FN qui est encore là. Le PS n'a jamais eu un score aussi haut. Avec presque 29% il devance l'UMP de plus de 12 % ! L'échec de 2002 est magistralement effacé. Autre effacement total qu'il ne faut pas oublier : le succès de l'extrême-gauche en 2002. Pour les Européennes l'accord LCR-LO produit seulement 2,5% des voix quand Besancenot seul faisait 4% deux ans avant ! De Villiers et le PCF avec trois élus chacun survivent tandis que les Verts avec 6 élus résistent bien au nouveau mode de scrutin.


Alors en 2008,qui sera dans la bande des quatre ? Cohn-Bendit-Bové et le pôle écologiste ? Bayrou -JF Kahn et le pôle centriste ? Mélenchon-Buffet et le pôle de gauche ? Jennar-Besancenot et le pôle NPA ? Tous pensent que la situation n'est comparable à aucune autre, tous pensent que l'Europe est comprise pour ce qu'elle est, tous espèrent que leur tour est venu pour balayer la droite et le PS car tous veulent croire qu'il suffit d'un trompe l'œil pour devenir artiste. Quand j'entends Mélenchon annoncer qu'il va devancer le PS alors que son parti n'existe pas encore, je repense à ceux qui disaient que Bové serait en tête de la gauche en 2007 ! Plus la politique s'effondre et plus le moment électoral devient un enjeu en soi. Pour l'électoralisme avance et plus le peuple est absent. J'ai en effet oublié de donner le taux de votants depuis trente ans. Successivement nous avons eu : 60,7%, 56,7%, 48,8%, 52,7% (petite remontée en 94), 46,7% et enfin 42,7%. Allons nous passer sous le 40% de votants en 2008 ?

                                                                           

                                                                                     19 novembre       Jean-Paul Damaggio

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