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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 07:55

Suite des analyses post-régionales...

 

C’est une toute nouvelle configuration qui s’est imposée en France avec les élections régionales. La droite et Nicolas Sarkozy ont essuyé une défaite sans appel. Ils ne disposent
plus de la moindre légitimité pour poursuivre
leur politique de destruction sociale et environnementale. Mais, quoi qu’ayant bénéficié d’une poussée sans précédent à des élections de ce type, la gauche et les écologistes ne sauraient négliger l’immensité
de la souffrance sociale et de la désespérance
politique révélée par l’abstention populaire. D’évidence, une crise sociale et politique majeure s’est ouverte. Prétendant y apporter une réponse, l’extrême droite s’est remise en embuscade. La question de l’alternative à gauche s’en trouve reposée en de nouveaux termes.


Alors que le gouvernement se prépare à relancer ses attaques destructrices, contre le droit à la retraite à 60 ans par exemple, alors que les marchés financiers en folie orchestrent une nouvelle offensive spéculative
contre la zone euro, des confrontations essentielles se dessinent pour les prochains mois. Bien avant le rendez-vous de 2012, leur issue déterminera le rapport des forces en France. Par conséquent, pour rouvrir le chemin
de l’espoir à celles et ceux que démobilise
un terrible sentiment d’impuissance face aux ravages d’un capitalisme plus prédateur que jamais, il convient de répondre aux attentes
qui montent de la société.


Pour dire les choses autrement, à gauc
he, l’urgence est de s’atteler à la redistribution
des richesses, de reprendre la main sur l’économie en n’ayant plus peur du mot « nationalisations » et en constituant notamment un grand pôle public bancaire, d’élargir de nouveau le champ des services publics, de s’atteler à la construction d’une Europe émancipée du dogme de la « concurrence libre et non faussée ». L’urgence est de rompre
avec les logiques d’accommodement avec un libéralisme en faillite, ces logiques qui nous ont menés à toutes les défaites des quinze dernières années. L’urgence est de se tourner vers les classes populaires et la jeunesse, ce qui se révèle incompatible avec les tentatives de recomposition au centre du jeu politique, que s’obstinent à porter, en dépit de l’effondrement du Modem, nombre des dirigeants du Parti socialiste ou encore Daniel Cohn-Bendit. L’urgence est de ne plus confondre la prise en compte de l’exigence écologique avec l’accompagnement d’un « capitalisme vert » qui en est la négation même. L’urgence est de défendre la solution politique à même de favoriser, non une énième alternance molle à la tête du pays, mais un changement radical de la politique : un Front populaire de combat, adapté aux conditions de ce XXIe siècle.

Depuis un an, le Front de gauche a commencé de dessiner cette nouvelle voie pour la gauche. Aux dernières régionales, sans élargir suffisamment son espace électoral, il s’est néanmoins enraciné, jusqu’à devenir la troisième composante incontournable de la gauche. C’est ainsi qu’en Midi-Pyrénées, il a, à peu de choses près, retrouvé le nombre des suffrages obtenus au scrutin des européennes. Au demeurant, l’intérêt que lui vaut le rassemblement inédit dont il porte les couleurs - entre ces trois traditions historiques qu’incarnent le Parti communiste, le Parti de gauche et la Gauche unitaire - lui ont permis de réaliser une première jonction avec divers secteurs du monde syndical et associatif.


Il lui appartient désormais, fort de cet acquis, de poursuivre son action et de participer
au débat au sein de la gauche, afin d’y faire bouger les lignes, d’y changer le rapport des forces, d’y faire triompher une orientation de transformation sociale et écologique
conséquente. Loin de se contenter d’une posture de témoignage, il est en effet
animé d’une ambition majoritaire. C’est pour lui faire franchir une nouvelle étape que j’ai proposé, à mes camarades du Parti communiste et du Parti de gauche, la tenue d’Assises du Front de gauche avant la fin de l’année 2010.



                                                                        Christian Picquet
                                                                        Porte-parole de Gauche unitaire
                                                                        Tête de liste du Front de gauche en Midi-Pyrénées

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Published by ALTERS ECHOS, le journal - dans Elections régionales
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