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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 09:51

Dans un court article proposé au cahier économique d'Alter Echos (à paraître prochainement), je me suis attaché à résumer les quelques banalités suivantes :

  1. D'une part, les informaticiens bien rémunérés des start-up et des grands comptes des années 70 et 80 ont été les promoteurs conscients et zélés de modes de management qui plombent désormais toutes les structures, entreprises publiques aussi bien qu'associations de grande taille. Les conséquences de ces méthodes associées à de nouvelles normes comptables importées des États-Unis ont largement débordé le périmètre vertueux décrit à leurs  premiers partisans et promu ensuite auprès de l'opinion publique. De fait, les prémisses semblaient  tout d'abord encourageantes. Du reste, il importait que les standards graduellement imposés à l'ensemble du tissus socio-économique émanent des secteurs les plus profitables et les plus prestigieux de l'industrie -   informatique, spatial, aéronautique, pharmacie... 
  2. D'autre part, quels que soit leur domaine spécifique d'activité, les informaticiens sont les artisans et quelquefois les architectes de processus qui accélèrent  la concentration des pouvoirs et des richesses avec une efficience jamais atteinte jusque là  Il s'agit bien d'une fonction dévolue à tout agent économique, mais elle n'avait jamais pu être assumée avec une tel coefficient multiplicateur.

Les informaticiens sont en outre les acteurs privilégiés de mutations dont ils ne mesurent pas toutes les implications même lorsqu'il leur arrive de s'interroger sur leur rôle. A titre d'exemple, l'informatique banalise et systématise le réflexe consistant à fournir une réponse exclusivement technique à tout défi ou nouvel événement. Bien des réponses relèvent désormais impérativement de l'algorithmique (1).

Aucun de ces thèmes n'est à proprement parler nouveau (2), et les problématiques largement anticipées avaient fait débat longtemps avant l'irruption de l'informatique dans la vie quotidienne.

Animée par un comité de rédaction et dotée d'un conseil scientifique, Terminal est une revue « de réflexion critique sur les mutations de la société à partir de la question des nouvelles technologies de l'information ». Les personnes soucieuses de ces questions y trouveront  matière à satisfaire leur curiosité. Assez paradoxalement, si quelques articles (voir ci-dessous) sont encore disponibles sur le portail de la revue, elle  paraît avoir renoncé sans en expliquer les raisons qui peuvent très bien être économiques, à publier sur la toile.

Monsieur Cyclopède aurait dit : « surprenant non ? »

                                                                                                                        Bernard Dall'Aglio

 


[1] De ce point de vue, l'adoption d'une loi nouvelle prétendument adaptée à chaque typologie de délit n'est pas uniquement et comme on le croit souvent une forme rouée de propagande, mais répond aussi ce qui est plus  préoccupant, à une attente véritable de l'opinion.

Voir par ailleurs   http://www.terminal.sgdg.org/nouveau/articles/61/technoprades.html


[2] Sur le sujet passionnant de la cybernétique :

...Incidemment, celui-ci (Philippe Breton) souligne un curieux phénomène d'amnésie collective portant sur cette période de notre histoire récente qui a présidé à la naissance, puis à l'essor, de l'informatique. Les années 1940 à 1955 (environ), ont été d'une extraordinaire richesse intellectuelle. Pourtant tous les débats qui ont eu lieu alors ont été complètement gommés de la mémoire collective. Aussi les discussions d'aujourd'hui, tant sur le plan théorique (avec la résurgence des modèles neuromimétiques en I.A) que sur le plan social (avec le chômage), reprennent-elles souvent des idées qui ont été exprimées dès le début de l'informatisation, en ignorant leurs sources. C'est un peu comme si l'histoire, étrangement, bégayait.

 

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Published by ALTERS ECHOS, le journal
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