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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 09:39

D'abord quelques notes sur l'exposé de Martine Billard.

Suivant l'analyse que l'on fait de la crise, on lui apporte des solutions différentes.

Cette crise est financière mais aussi sociale, politique, écologique. La dimension écologique la rend beaucoup plus grave que les précédentes. Le début de l'exposé a porté surtout sur la crise sociale mais tout se tient dans l'analyse, d'où la réfutation de fausses sorties de crise par les portes classiques. La relance ? Relancer les marchés mais où ? Relancer la consommation mais comment ? Relancer par le social alors que c'est la casse des services publics ? La solution en vogue c'est la « croissance verte ». Un point du débat portera sur ce sujet. S'agit-il d'un projet de sortie « authentique » pour ceux qui la proposent ou seulement d'une opération cosmétique, un emballage, un effet d'annonce pour habiller la situation ? Suivant la réponse à cette question, notre positionnement ne peut être le même dit un participant. La sortie de la crise de 29 s'est faite par le « fordisme », l'état social, et aussi par la guerre. Développer tout un secteur de production « écolo » est-ce relancer sérieusement la machine ? Pour Martine Billard, il ne s'agit pas seulement d'affichage, mais quel effet réel, rien n'est définitif sur ce point.


Débat sur la décroissance


Dan son exposé Martine Billard en appelle à la décroissance comme sortie de crise. La notion de limites de la planète impose un changement des modes de vie. La vie en France, il y a 30 ans, était-elle misérable ? Bien sûr la décroissance, c'est pas pour les pauvres mais pour les classes riches et moyennes qui doivent revoir leur manière de consommer. Sous différentes approchent ce point fera l'essentiel du débat. Martine Billard insiste bien sûr sur le fait qu'il ne s'agit pas de changer seulement la consommation car la décroissance de la consommation de produits jetables imposés, sans le changement du mode de production, c'est peine perdue pour une alternative authentiquement écologiste. La décroissance ne risque-t-elle pas de devenir un mot « miracle » comme le mot « durable » aujourd'hui ?

J'ai évoqué ma défense de la décroissance de la marchandisation comme condition première de la décroissance qui est malheureusement souvent abordé surtout par la décroissance de la consommation. Si on oblige à une production de réfrigérateur garanti dix ans, la consommation de ce produit va baisser... tandis qu'inversement si je veux réduire ma consommation de réfrigérateur mais qu'on ne me vend que des produits pourris comment je fais ?

Cette question renvoie indirectement à la question de la « valeur travail ». Si on consomme moins, on produit moins et donc des usines ferment, des personnes sont au chômage et le chômage n'est pas la solution. Au nom de l'emploi (à ne pas confondre avec le travail) faut-il demander le maintien d'activités néfastes pour la vie humaine ?

Si la production s'oriente vers la fabrication d'objets durables, là aussi la quantité de travail nécessaire diminue dans la société. Il est étrange de constater l'idiotie du slogan « travailler plus pour gagner plus » quand il est facile de constater qu'il y a de moins en moins de travail !


Débat sur le travail


Dans le débat ce point sera également évoqué à partir de cette contradiction majeure du capitalisme : il a besoin d'accroître son taux de profit (Martine Billard a évoqué un rendement demandé par le capital de 3-4% il y a 30 ans, et 15% aujourd'hui), accroissement qui ne peut venir que de l'exploitation des travailleurs, travailleurs dont le nombre diminue en permanence ... d'où les gains de productivité qui bénéficient seulement au capital.

Globalement, y a-t-il de moins en moins de travail sur la planète ?  Un participant ne le pense pas.

Quand on étudie l'agriculture française et qu'on compare le nombre de paysans il y a cent ans et aujourd'hui, et la somme des produits, on s'aperçoit que la diminution du nombre des paysans qui va continuer est phénoménale, mais l'augmentation de la production l'est tout autant, à cause il est vrai de l'agriculture intensive. Dans un premier temps la baisse de l'emploi paysan, pour les pays développés, a alimenté l'augmentation du nombre d'ouvriers, puis ensuite l'augmentation du nombre d'employés. Mais les maîtres du monde rêvent de plus en plus de l'usine sans travailleurs et d'un supermarché sans caissières. Sauf que si le supermarché est sans caissières, il faut en amont d'autres activités pour assurer leur élimination. C'est ce qui s'est produit pour l'agriculture, ce qui fait qu'un agriculteur d'aujourd'hui induit environ 5 postes de travail : pour fabriquer les tracteurs, les autres machines, les engrais, le conditionnement des produits, les semences, les pesticides etc.

Quelqu'un a évoqué tout le travail non salarié qui existe depuis longtemps (d'où la marchandisation) mais qui évolue étrangement : quand vous allez à la banque pour vous remplir vous-mêmes les relevés de dépôts de chèque, ou que vous vous retirez vous-mêmes votre argent, c'est chaque citoyen qui fait une partie du travail qui était autrefois dévolue aux employés de la banque. Le travail socialisé envahit aussi la vie privée.


Débat sur l'urgence


Avec la crise écologique faut-il en déduire que nos sociétés sont face à une urgence car demain le réchauffement climatique risque de devenir irréversible. A la limite peut-on penser que la survie du système étant au cœur de la crise, les classes capitalistes sont à terme dans le même bateau que les autres ? Si tout est détruit comment ceux qui ont le plus pourront-ils exploiter ceux qui ont le moins ?

Un intervenant insiste pour dire que ce n'est pas la planète qui est en danger mais l'écosphère elle-même. Les pollutions spectaculaires qui touchent des régions inhabitées comme les pôles touchent aussi l'espace !


Débat sur l'eau


Dans tout débat politique comment articuler les considérations générales et les considérations pratiques, concrètes ? Un intervenant a montré comment le débat sur l'eau et son usage allait devenir de plus en plus crucial. Faut-il se préparer à des prix de l'eau différencié ? A un tarif modeste pour l'utilisation ordinaire (ou même un tarif gratuit ?) doit correspondre un tarif bien supérieur pour l'utilisation considérée comme du luxe. Et pour les circuits d'eau faut-il différencier celui de l'eau de consommation et celui d'autres usages comme la douche, l'arrosage, la piscine ?

L'eau est un bel exemple qui montre l'interférence entre les éléments globaux de la crise tels qu'ils furent présentés par Martine Billard.

A)Décréter l'eau bien commun et non source de profit.

B) En planifier la gestion écologique.

C) Mesurer la dimension planétaire de la question.

Martine Billard a été conduite par son travail d'élu, à étudier les contrats de la Lyonnaise des Eaux ou la Générale des Eaux. Une arnaque majeure qui a été imposée à des pays comme La Bolivie. Il ne faut pas oublier que l'arrivée au pouvoir de Moralès tient au départ à des luttes contre la privatisation de l'eau à El Alto ou à Cochabamba.


Débat sur l'écologie politicienne de la droite


Avec l'exemple de la mairie de Montauban, il est facile de noter les nombreuses annonces de réalisations « vertes » de la part de la droite (avec pour symbole le Grenelle de l'environnement). Pour Martine Billard il faut prendre au sérieux la démarche : si on nous pique les idées c'est très bien car nous pouvons d'autant mieux en passer par la phase suivante, faire en sorte que les réalisations « vertes » entrent dans un projet plus globalement vert. A présent, toutes les formations politiques mettent du vert dans leurs propositions ce qui peut conduire l'écologie politique à s'en tenir à la revendication environnementaliste qui avance. Or c'est justement la preuve qu'il faut passer à la phase suivante : l'articulation du social et de l'écologique.

Les mesures vertes confortent la confusion qui gagne du terrain entre gauche et droite, car elles se répartissent dans les diverses formations avec parfois des avances non négligeables pour la droite plus décidée à bousculer le système qu'un PS plus prêt à la gérer à l'ancienne.


Conclusions politiques


Vu qu'on n'était ni dans une réunion d'experts, ni dans une réunion d'association, il était important de conclure par un point politique. La députée pense depuis longtemps qu'il faut avancer vers une force politique à gauche entre le NPA et le PS. Le PCF, les Verts, les Alternatif, le PG, aucune de ces forces ne peut représenter l'éventail en question.

Membre des Verts, elle pense donc qu'il faut aller au-delà sur la base d'une analyse du PS et de l'UMP qui fait que le PS n'arrive pas à se présenter comme alternative à Sarkozy faute d'ailleurs de comprendre le fond de la politique actuelle.

En y regardant de près, ce projet n'est rien d'autre, à l'échelle nationale, que le projet lancé en 2004 par l'AMP dans notre région, avec les difficultés rencontrés pour le faire vivre.

Pour la députée, le combat politique fait face à deux impasses : celle du « grand soir » (quand le capitalisme sera battu alors on va changer le monde) et celle du « petit matin » ai-je envie d'écrire : que chacun change son comportement et déjà le monde change.

Il faut donc une force organisée avec à la fois un projet global et des actions au quotidien.

Au quotidien, la naissance des AMAP a été rappelée comme moyen d'échapper au monde marchand traditionnel. Comment articuler à « gauche » depuis des années, cette action concrète et le projet global ? Tout est là.


Commentaire personnel et perspective avec les régionales


J'ai réellement apprécié à la fois la qualité d'écoute de Martine Billard et ses prises de position que je découvrais pour la première fois. Voici à présent un complément « électoraliste ».

Electoralement, je note: le rendez-vous des élections européennes est raté pas parce que il existe des listes différentes mais parce que les regroupements restent trompeurs. L'idée de départ de Mélenchon, aller du NPA au MRC, était erronée car le NPA a une stratégie propre qui n'est pas celle d'une force à rassembler entre lui et le PS. Toute confusion autour du mot unité fait reculer l'unité !

Pour les régionales de 2010 ? On va me dire encore que je personnalise mais j'en suis désolé, derrière les noms c'est des stratégies plus claires que derrière des « palabres » car au bout du chemin c'est pour des noms qu'on vote. Donc côté FN, c'est Louis Aliot, côté UMP c'est Brigitte Barèges, côté centre c'est Valdiguié, côté NPA c'est Myriam Martin. Toutes les forces politiques sont prêtes... sauf à gauche ! Et déjà ça sonne très mal pour la suite !

Au PS, la bataille est engagée : Martin Malvy ou Philippe Martin ? L'ancien ou le nouveau ? Sur ce choix pèse le poids du PRG qui n'a trouvé de place nulle part aux européennes et, en conséquence, il n'appelle à voter pour personne.

Le PCF toulousain est prêt à s'allier dès le premier tour avec le PS mais le débat sur l'ensemble de la région n'est pas clair même s'il semble moins favorable qu'en 2004.

Pour les Verts, José Bové a annoncé que Gérard Onesta ferait quelque chose au cours de cette élection. Témoignage dans le style tractations de couloirs alors que l'essentiel doit être l'information des simples citoyens. Gérard Onesta a deux solutions : tête de liste autonome pour les Verts ou dès le premier tour peser sur le PS pour avoir une bonne place. Une entente Philippe Martin/ Gérard Onesta peut se faire vu la solidarité des deux personnes autour de la lutte contre les OGM.

Quand Onesta dira-t-il sa décision qui pèsera énormément sur la suite?

Que fera dans ces conditions le PG ? Et le PCF ?

Il y a au moins un point très clair qui n'est pas de l'ordre du discours mais bien de l'ordre de la pratique : au premier tour l'A.M.P. est pour une liste autonome. Mais avec qui, comment et qui pour la conduire ?

Toute décision au-delà de novembre 2009 sera une catastrophe, or pour aller vers la catastrophe aucun doute que le PS fera durer le plaisir des négociations pour savoir à qui il fait le plus de place, aux Verts ou au PCF ? Catastrophe car ce petit jeu que j'ai bien connu à Montauban en 2001 a conduit à la première victoire de Brigitte Barèges. Je fais confiance à quelques héros de la politique qui aiment tant oublier le passé si bien qu'à ce jour, vu les conditions en place, je donne Brigitte Barèges gagnante. Je ne lis pas dans le marc de café mais j'analyse à partir du réel.

Je précise que ce compte-rendu ne se veut ni complet, ni définitif. Il mériterait des compléments d'autres présents donc le débat continue.


                                                                                            2-05-2009 Jean-Paul Damaggio

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Published by ALTERS ECHOS, le journal
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