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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 08:01



Au cours de l'Assemblée générale de l'AMP en novembre nous avons évoqué la victoire d'Obama. Dans le mon étude sur le marketing j'indiquais alors que la victoire d'Obama c'était la victoire parfaite du marketing politique. Certains crurent entendre que je parlais de victoire de la propagande or les deux méthodes sont à l'inverse l'une de l'autre même si elles visent au même but : fabriquer du pouvoir. La propagande consiste à choisir un homme qu'on va imposer à un peuple, tandis que le marketing consiste à trouver l'homme qui correspond à un peuple (au moment donné bien sûr). Dans un cas, on va d'en haut vers le bas, et dans l'autre du bas (l'étude des « souhaits » populaires) vers le haut : trouver l'homme adéquat. Même si je combats les deux méthodes, je ne leur attribue aucun qualificatif méprisant, ni à l'une ni à l'autre.

La confusion provient du fait que très souvent on applique aux réalités US les fonctionnements du politique que nous connaissons historiquement en France.

Je viens de constater le même phénomène avec l'article ci-joint publié sur le site La Sociale où je présente la ministre du travail d'Obama, qu'un lecteur réduit à « sa caution sociale ». Autant j'ai de suite considéré que Fadela Amara était une caution sociale de Sarkozy, autant je réfute ce terme pour Hilda Solis. D'une part, vous pouvez prendre le dernier Courrier International qui consacre un dossier au cabinet Obama, vous n'y verrez pas de ministre du travail ! Si elle était la caution, elle serait mise en avant ici ou là. Elle apparaît seulement au détour d'une phrase pour rappeler la déception de la gauche d'Obama qui regrette son recentrage. Aux USA la politique est affaire de lobbies et chaque ministre est le porteur, non de sa personne, mais de ses pouvoirs. Hilda Solis est ministre car les USA ont connu des luttes sociales très dures au sujet de la légalisation des latinos, luttes que nos médias ne mentionnent JAMAIS, alors qu'elles pourraient servir de « caution » à la démocratie US ! Face à un gouvernement prêt à défendre les intérêts des secteurs nouveaux du capitalisme US (en remplacement de la défense classique du complexe militaro-industriel), la petite nicaraguayenne pourra-t-elle obtenir la légalisation de dix millions de sans papiers ? Obama a répondu par avance : « oui, si les luttes sociales se poursuivent. »

Pour conclure, pensons à l'autre exemple de lobby qui, contre toute attente a réussi à imposer des mesures « progressistes », je veux parler du lobby pro-choix contre le lobby pro-vie. Dans un pays où la religiosité est profonde, la lutte pour le droit à l'IVG est une lutte de tous les jours (comme celle qui s'y oppose) avec des ramifications partout dans les Etats, avec des acquis. En France, une fois la loi votée, le combat social passe à autre chose. Aux USA, les lobbies sont en permanence en lutte et je me refuse à considérer que le droit à l'IVG est une caution quelconque à qui que ce soit : c'est un droit salutaire et important, et même s'il ne remet pas en cause le système, c'est très important. Le drame, c'est que ce combat ne fait pas recette médiatiquement, car il est social ! Même les plus féroces adversaires médiatiques de Chavez ne lui reprocheront jamais de n'avoir rien fait, après dix ans de pouvoir, en faveur du droit à l'IVG. Le social, dans tous les cas, passe à la trappe des journaux d'information. D'où mon souci, sans la moindre illusion, de faire connaître le cas d'Hilda Solis. Pour qu'on analyse les USA à la lumière des réalités de ce pays. Et qu'on ne vienne pas me faire dire que je viens de défendre la démocratie par lobbies, contre la nôtre plus programmatique (hier, et déjà moins aujourd'hui) !

17-01-2009 Jean-Paul Damaggio

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Published by ALTERS ECHOS, le journal
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