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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 21:28

Le 17/11/2008, dans le cadre de prévention contre le trafic de stupéfiants, l'Ecole des Métiers de Pavie est investie, avec l'accord revendiqué du Directeur, par une brigade de gendarmerie et deux chiens Stup.


Pendant deux heures, marquage, fouilles et intimidations se succèdent sans que la communauté éducative soit prévenue et puisse réagir, sous l'effet de surprise.


Sans le témoignage d'un professeur, Patrick POUMIRAU, par ailleurs militant RESF32, on n'aurait sans doute pas bien réalisé que se mettait en place une prévention de nouveau type : l'insécurité pour faire peur revendiquée dans la presse locale par Mme le Procureur, Chantal FIRGIMIER.


Dans un témoignage public récent, le Major d'Auch, commandant la brigade intervenante indique que c'est à la demande du Directeur et sur réquisition de Mme le Procureur que cette opération est menée sur 247 élèves, dont 6 sont trouvés en possession de quelques grammes de drogue. Bien entendu, le Major tout à son travail n'a aucune réflexion sur ce processus dans un établissement scolaire avec des élèves dont certains sont mineurs. Le professeur par qui le scandale a été révélé est taxé de soixanthuitard attardé (Sarkozy déteint sur la gendarmerie autrefois réputée pour son républicanisme).


Le témoignage de Patrick POUMIRAU passe à l'émission de MERMET sur France Inter quelques temps après.


Le malheur pour toute cette bande de justiciers, c'est que le 19/11/2008, la même Education nationale, la même Procureur et d'autres gendarmes interviennent avec le même type de procédé dans le collège de Marciac, plus réputé pour le jazz que pour la valse. Et là, çà swingue, même scène mais cette fois ci sur des élèves de 12 à 15 ans, avec palpations, fouille au corps... pour ne rien trouver et laisser des enfants traumatisés qui alertent leurs parents. L'un d'eux, Frédéric DAVID, joue le même rôle de révélateur que Patrick POUMIRAU à Pavie (heureusement qu'il se trouve encore quelques consciences car la réalité, c'est que la majorité reste silencieuse).


La FCPE intervient, suivie des syndicats enseignants FSU et UNSA et le scandale prend des proportions telles que, à côté d'un Inspecteur d'Académie ignorant de tout, un Préfet pas bien au parfum, le Député du Gers MARTIN intervient en question orale et ALLIOT MARIE déclenche une enquête. DARCOS condamne ces procédés et DATI reste muette.


Cette levée de boucliers aboutit à un modus vivendi entre le syndicat des chefs d'établissements (curieusement pas informé au départ), l'Inspecteur d'académie, le Préfet, la FCPE et les syndicats enseignants pour arrêter ce mode de prévention musclée.


Seule, Mme le Procureur persiste et signe. Mais ce membre éminent du Parquet est bien connu de nos services ; elle n'a pas hésité à traîner en correctionnelle en 2006 un camarade des Alternatifs 32

à la suite d'une manifestation de chômeurs. Notre camarade avait été accusé d'avoir abîmé la voiture d'un automobiliste. Manque de chance, à l'heure où l'automobiliste situait l'incident, notre camarade était déjà en garde à vue. Elle vient, après avoir perdu ce procès (relaxe) de rediligenter une enquête plus de deux ans après les faits, pour trouver les vrais coupables.


En 2007, elle avait traduit devant le même Tribunal correctionnel d'Auch, une autre camarade des Alternatifs 32 pour apposition d'un panneau « Non aux OGM » sur le pied d'un panneau de signalisation lors d'une foire aux vins à Jegun. Ce panneau troublait la circulation. Manque de chance, pour le voir, il fallait franchir un sens interdit. Là encore, relaxe.


Enfin, ce 11/12/08, elle traduit en correctionnelle deux agriculteurs bios pour une peccadille sur le statut de l'organisme qui employait les salariés traitant les repas bio pour les cantines du Gers à la demande du Conseil Général. Résultat : plus de repas bio dans les cantines du Gers, fouilles, perquisitions, garde à vue pour les deux inculpés.


Au delà de la personnalité de ce Procureur et du laxisme des différentes autorités de l'Education nationale et du Préfet sur les affaires de Pavie et de Marciac, il semble qu'on assiste, y compris maintenant dans les coins les plus reculés de l'hexagone, d'une application du principe sarkozien mis en oeuvre par ALLIOT MARIE, DATI et HORTEFEUX : « organiser l'insécurité même là où il n'y a pas de véritables problèmes ; on finira bien par semer le doute et on aura en retour une demande sécuritaire ».


Bien entendu, nous sommes nous aussi contre les conduites addictives et nous pensons que les consommateurs ne doivent pas être traités comme les dealers et surtout qu'il faut éradiquer en amont les causes de la recherche de paradis artificiels. La misère sociale et les perspectives d'un avenir sombre n'aident à réduire ni la consommation de drogue ni celle d'alcool.


Quant à la politique de pénalisation à tout craint, on rappellera qu'historiquement, la période de la prohibition a été aux Etats-Unis une des plus violentes connue.

 Les Alternatifs se sont bien entendu impliqués dans ces débats et ces actions, et ils ont produit entre autres le communiqué régional figurant en encart.


J.M FULLANA






MOTION REGIONALE DES ALTERNATIFS MIDI PYRENEES


Les Alternatifs sont scandalisés par l'intrusion de gendarmes armés accompagnés d'un chien dans des établissements scolaires du Gers. Les élèves, des mineurs pour la plupart, ont été agressés, insultés, certains même fouillés au corps ou dévêtus devant copains et adultes. Ces comportements attentant à la pudeur, ces incivilités inacceptables loin du respect de la dignité humaine, ont été perpétrés avec l'accord des autorités scolaires et judiciaires.

Nos enfants aujourd'hui violentés, contraints, fichés, raflés jusque dans les maternelles et incarcérés puis même expulsés quand les parents sont sans papiers, cela rappelle de mauvais souvenirs, racontés dans les livres d'histoire, et devrait nous interpeller tous.

Les parents par la voix de la FCPE et les syndicats ont réagi sainement et doivent être écoutés. 

La vocation d'un établissement scolaire est bien l'enseignement et l'éducation à la citoyenneté.

Nous demandons que les personnes qui se sont rendues coupables de ces exactions, de la prise de décision à l'exécution, rendent compte auprès des parents et des enfants.

Réagissons tous, organisations politiques, démocratiques et citoyennes, contre cette société policière que l'on tente de nous imposer!!


 
                                                                      Les Alternatifs Midi-Pyrénées








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Published by ALTERS ECHOS, le journal
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