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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 15:43

Je ne vais pas aborder la crise financière profonde que nous traversons actuellement. De nombreux articles et débats y font référence à longueur de journée.

Je désire simplement revenir sur la crise alimentaire qui découle, elle aussi, de la globalisation des politiques néolibérales en place, de l'hypercapitalisme financier érigé en dogme, des puissances dévastatrices des grandes entreprises transnationales qui ne cessent, sur le dos de millions de petits producteurs, d'imposer leurs pratiques commerciales déloyales. Ceci avec la complicité du FMI et de l'OMC, qui préconisent des directives favorisant amplement les importantes sociétés agroalimentaires des pays industrialisés du Nord.


Le comportement irrationnel d'acteurs politiques dans certains pays du Tiers Monde a favorisé des politiques de coopération à courte vue. Le choix d'une orientation productiviste débouchant sur des désastres (monoculture pour un même pays, concurrencée par celles des pays asiatiques, où la main-d'œuvre est très bon marché et où la productivité est très élevée. Concurrencée aussi par celles de l'Europe et des Etats-Unis, qui subventionnent leurs producteurs.)


Flambée des prix alimentaires = crise alimentaire = faim dans le monde = pénuries et famines dans de nombreux pays du Sud, du Tiers Monde = des émeutes de la faim qui menacent la stabilité de dizaines de régimes fragiles politiquement et économiquement. Une situation qui appauvrit durement toutes ces populations civiles, déjà suffisamment malmenées dans leur quotidien. Populations touchées inexorablement par d'interminables conflits guerriers et économiques.


Rappel


L'article 25-1 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme indique que tout individu a droit à un niveau de vie adéquat pour sa santé et son bien-être personnel ainsi que celui de sa famille, y compris la nourriture.


Quelques chiffres


Aujourd'hui 2 milliards de personnes souffrent de malnutrition et 923 millions de la faim.

Environ 89 % d'entre elles, soit 750 millions, vivent dans des pays d'Asie et d'Afrique.

Plus de 20 millions d'enfants de moins de 5 ans sont victimes de malnutrition grave.

Plus d'un million d'enfants par an meurent de malnutrition sévère.

Plus d'un milliard de personnes sont en surpoids. 300 millions souffrent d'obésité. Depuis dix ans, en France le nombre d'enfants obèses a doublé, et un enfant sur six est aujourd'hui touché par cette pathologie.

En 2008, l'aide alimentaire internationale est passée à son niveau le plus bas depuis quarante ans.


Les causes de la faim sont multiples : commerciales, économiques, sociales, environnementales, politiques et géostratégiques, dont la flambée indécente des matières premières et des carburants, des engrais. Des ravages causés par la spéculation sur les denrées de base, céréales (riz, blé...). Entre 2007 et 2008, les prix alimentaires ont augmenté de plus de 52 %.

On constate depuis longtemps, dans tous ces pays en développement, une absence de politiques agricoles nationales, régionales, qui préconisent un soutien important aux productions vivrières traditionnelles.

Soutien de la petite agriculture familiale, dans de petites exploitations, qui contribuent d'abord à l'alimentation de la famille, puis à l'approvisionnement des marchés locaux. Cette proximité permet d'écouler le surplus de production, garantissant ainsi un revenu familial obtenu dans la dignité, d'assurer la prospérité des familles, par la vente de 3 ou 4 cycles de légumes par an. Sont créés ainsi des emplois locaux stables, qui ne nécessitent pas de grande mécanisation, qui respectent l'environnement. Revenir chaque fois que cela est possible vers la production de cultures BIO, qui permettent de protéger la biodiversité, de ne pas être dépendant des firmes semencières par l'achat de semences brevetées, d'engrais, de pesticides et d'herbicides.

Toutes les personnalités, responsables, du monde agricole, des organisations internationales... (FAO-organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture // PAM-programme alimentaire mondial), qui se penchent avec acuité sur ces sujets primordiaux que sont l'Alimentation et la Faim dans le monde, s'accordent pour dire que La Souveraineté de l'Alimentation est l'objectif principal : Droit des populations et des pays à définir leurs propres politiques alimentaires et agricoles. Ces politiques doivent être écologiquement, socialement, économiquement et culturellement adaptées à chaque contexte spécifique et ne pas menacer la souveraineté alimentaire d'autres pays.

Pour aujourd'hui, demain, la meilleure arme contre la faim est le retour à une Agriculture Paysanne.

                                                                                                Francis Melou

*Diverses sources d'informations pour cet article : Site www.adequations.org, Le Monde dossiers et documents, Politis, La Croix, l'Humanité.




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Published by ALTERS ECHOS, le journal - dans Nord - Sud
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