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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 14:12

Le cas de Madame M., dénoncée à la police par un fonctionnaire de la mairie du V° arrondissement de Paris alors qu'elle venait inscrire son fils à l'école, est symptomatique d'une recrudescence de la délation dans notre pays. Certains se demandent s'il s'agit de dérapages individuels ou des effets indirects de la politique infâme du gouvernement à l'égard de nos frères humains à qui l'on refuse d'avoir des papiers.

Un peu de mémoire que diable ! La France a déjà connu ce genre de phénomène. C'était vers le milieu du XX° siècle, le temps béni de la délation, où il ne faisait pas bon être juif, républicain espagnol, tzigane ou résistant.

A l'évidence, ce qui se déroule sous nos yeux est la conséquence mécanique des lois infâmes votées par nos représentants du peuple ainsi que de la façon ostentatoire dont elles sont mises en scène par le sinistre Monsieur H. (prononcez le « H » aspiré, ça a plus de gueule !). Car la loi, en tant que ce qu'elle dit le droit et délimite les frontières entre ce qui peut se faire et ce qui ne le doit pas, structure les rapports sociaux entre les individus qui lui sont soumis. La loi donne les codes qui permettent à des êtres différents de vivre ensemble. Que cette loi soit grande, juste et généreuse et elle n'aura pas la même incidence sur les comportements que si elle est violente, discriminatoire et abjecte.

Oui, la délation monte en puissance et va continuer sur sa trajectoire, parce qu'elle est l'enfant naturelle, en tant que comportement individuel, de la loi qui nous donne les codes du « vivre ensemble ».


Alors les délateurs sont-ils responsables ? On ne parle pas ici des zélateurs qui eux sont trop contents.

« Je ne suis pas responsable ! » affirmait le fonctionnaire de police.

« Je ne suis pas responsable ! » affirmait le conducteur de train.

« Je ne suis pas responsable ! » affirmait le kapo.

« Je ne suis pas responsable ! » affirmait le commandant du camp.


Peut-être... quoique...

... à moins d'avoir une conscience,

... à moins d'être une femme ou un homme libre, ou en tous cas de travailler dans ce sens,

... à moins d'avoir ce minimum d'empathie qui fait que l'Autre n'est jamais tout à fait un étranger,

... à moins de ne jamais se résigner à l'infamie,


J'espère bien garder jusqu'à mon dernier souffle la capacité de me révolter !

                                                                                           Régis Chamagne

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Published by ALTERS ECHOS, le journal
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