Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 16:20

Toulouse, Montauban, Castres, Colomiers.

Au cours des dernières municipales toulousaines l'Autre liste, soutenue par l'AMP, a réussi, grâce à une argumentation étudiée, à mettre la gratuité des transports urbains au cœur des débats. Le sujet croise plusieurs réflexions politiques. La première lie l'écologique et le social. Par la gratuité des transports publics on tente de réduire l'utilisation de la voiture particulière et en même temps on aide les milieux défavorisés.

Que la commune de Colomiers ait réussi à mettre en place ce système prouve déjà sa fiabilité, même il s'agit d'une commune qui a des moyens.

Que la commune de Castres fasse de même, les Alternatifs de la ville ayant alerté les forces politiques sur ce thème, c'est la preuve qu'on peut avancer. Faut-il encore y voir à deux fois.

A Montauban un mini transport électrique a été mis en place gratuitement et sur des périodes de temps variables, pour aller des parkings au centre-ville. En même temps, les circuits du transport plus fondamental payant, de la périphérie vers la ville, sont réduits.

A Toulouse la nouvelle municipalité retarde ses promesses en matière de gratuité.

Tous ces éléments tendent à prouver que le transport gratuit s'infiltre dans les débats et les pratiques mais qu'il faut redoubler d'énergie pour en faire comprendre le côté fondamental.

D'où le deuxième point, le débat sur la gratuité. Elle ne peut pas être à géométrie variable (gratuit pour les jeunes et pas pour les autres par exemple, gratuit sur certains trajets et pas d'autres) sinon elle devient source d'inégalités, et maintien un service d'encaissement de plus en plus inutile.

Il faut différencier le principe républicain de la gratuité et le principe personnel du don. Il existe dans la société beaucoup d'activités gratuites que la marchandisation voudrait récupérer, comme la garde d'enfants par les grands-parents, la réalisation d'un blog et d'un journal comme alters échos, mais dans une affaire comme les transports urbains, nous changeons d'échelle. La bonne volonté doit être remplacée par la prise de conscience politique. Tout comme avec la Sécurité sociale (du temps où le mot sécurité appartenait à la gauche), il s'agit de relancer, face aux enjeux écologiques, une gratuité appropriée. L'eau ne peut pas être totalement gratuite car ce serait mettre sur le même plan l'eau de consommation et l'eau de la piscine particulière mais une part de l'eau consommée par les familles peut après un calcul des moyennes devenir gratuite puisque indispensable. Là la gratuité devient à géométrie variable. Par le politique, la société doit repenser les rapports entre indispensable et superflu et relancer alors les batailles pour la gratuité. En ce qui concerne les transports urbains, ils seraient une petite minorité ceux qui, par l'effet de la gratuité, passeraient leur journée dans de tels transports. Pour l'essentiel, ce transport est un bien commun indispensable et il faut faire en sorte qu'il soit socialement le moins cher possible.

La réflexion collective sur l'existant peut servir de point d'appui pour aller plus loin. Dans les campagnes, il y a des tentatives de mise en place de « transports à la demande » qui sont payants et qui souvent échouent (en direction des personnes âgées le jour du marché par exemple). Nous devons inclure ce secteur dans nos propositions et le faire sans démagogie. Un président d'intercommunalité notait que les gens signent plus facilement des pétitions pour demander de tels transports qu'ils ne les utilisent ensuite. Tout doit être pris en compte pour favoriser les transports publics.

                                                                                                                        04-10-2008 Jean-Paul Damaggio

Partager cet article

Repost 0
Published by ALTERS ECHOS, le journal - dans Transports
commenter cet article

commentaires